I rr^r?":î:T'ty.*<-*' ^* «.iefty •< '-' V.. c BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANCE 1891 BULLETIN DE LA r r SOCIETE ZOOLOGIQUE DE FRANGE POUR L'ANNEE 1891 SEIZIEME VOLUME PARIS AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 7, rue des Grands-Augustins, 7 1891 AVIS Les Membres de la Société sont instamment priés d'adresser, d'une façon impersonnelle, tous les envois d'argent et les mandats à Monsieur le Trésorier DE LA Société zoologique de France et toute la correspondance à Monsieur le Secrétaire Général DE LA Société zoologique de France LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ AU 27 JANVIER 1891 AVEC LA DATE DE LEUR ADMISSION MEMBRES HONORAIRES Le nom des Membres fondateurs est précédé de la lettre F 1887 Alcantara (Sa Majesté don Pedro II d'), à Versailles (Seine- et-Oise). F Barboza du Bocage (Prof. José-Vicente), membre de l'Aca- démie royale des sciences, à Lisbonne (Portugal). 1878 GiiNTHER (Di' Albert), F. R. S., directeur de la section zoolo- gique au British Muséum, à Londres (Angleterre). 1878 Lacaze-Duthiers (D'' Henri de), membre de l'Institut, profes- seur à la Sorbonne, 7, rue de la Vieille-Estrapade, à Paris. 1886 Milne-Edwards (Alpbonse), membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle, 57, rue Cuvier, à Paris. 1880 Nordenskjôld (baron A.-E.), à Stockholm (Suède), 1878 Quatrefages (de), membre de l'Institut, professeur d'anthro- pologie au Muséum d'histoire naturelle, 2, rue de Bufton, à Paris. 1878 Selys-Longchamps (baron Edmond de), membre de l'Aca- démie royale de Belgique, sénateur, 34, boulevard Sauve- nière, à Liège (BelglifiieV * ' F Sharpe (R. Bowdler), F. L. S., chargé de la section ornitho- logique au British Muséum, à Londres (Angleterre). 1878 Steenstrup (Japetus S.), professeur émérite à l'Université de Copenhague (Danemai'k). MEMBRES CORRESPONDANTS 1881 DoBSON (D'-G.-E.), M. A., F. R. S., F. Z. S., Colyford villa, Exeter, Devon (Angleterre). 1886 DuGÈs (D'" Alfred), consul de France, à Guanajuato (Mexique). 1888 Fritch (Di" Anton), professeur à l'Université tchèque, à Prague (Bohême). 1889 GooDE (G. Brown), assistant secretary of the Smithsonian Institution, à Washington, D. G. (Etats-Unis). 1890 HoRST (D» R.), conservateur au Musée d'histoire naturelle, à Leide (Hollande). 1881 RiTCHiE (John), ex-président de la Boston Scientific Society, à Boston, Mass. (Etats-Unis). MEMBRES DONATEURS DECEDES (1) F Branicki (comte Constantin), décédé en 1884. 1888 Changée (M^e Aline), décédée en 1889. 1888 Guerne (baron Frédéric de), 1822-1888. (1) Par délil)cration en date du 25 janvier 188èj, le Conseil a décidé de maintenir perpétuellement en tête du Bulletin la liste des Membres donateurs décédés. MEMBRES TITULAIRES (1) 1888 AcHALME (Pierre), iuterue (les hôpitaux, 48, rue Mouge, à Paris. 1890 Albert I«i' (S. A. S. le prince), prince de Monaco, (membre donateur), 25, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris. 1883 Albrecht (professeur Paul), 14, Harverstehuder Weg, à Ham- bourg (Allemague). F Alix (Df E.), 10, rue de Rivoli, à Paris. 1889 Alluaud (Charles), 16, avenue Foucaud, à Limoges (Haute- Vienne). 1876 x4mblard (D^Louis), i^bh, ruePauliu,à Ageu(Lot-et-Garonne). 1883 Apostolidès (D^' Nicolas Christo), professeur agrégé à l'Uni- versité, à x\thènes (Grèce). 1882 AssAKY (Di* Georges), professeur à l'Université, à Bucharest (Roumanie). 1879 Badin (Adolphe), homme de lettres, 170, boulevard Males- herbes, à Paris. 1877 Bailly (J.-F.-D.), 353, rue St-Laurent, à Montréal (Canada). 1890 Ballion (Jean), 9, place de la Calandre, à Gand (Belgique). 1880 Bambeke (Di" Charles van), professeur à l'Université, 7, rue Haute, à Gand (Belgique). 1891 Barrier (Gustave), professeur à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine). 1878 Barrois (D"" Jules), 16, rue Blanche, faubourg Saint-Maurice, à Lille (Nord). 1880 Barrois (D'' Théodore-Charles), professeur agrégea la Faculté de médecine, 35, route de Lannoy, à Fives-Lille (Nord). 1890 BarvÎr (Henri), à Choltice (Bohême). 1879 Bavay, pharmacien en chef de la marine, 45, Grande-Rue, à Brest (Finistère). 1889 Bedot (Dr Maurice), à Satigny, près Genève (Suisse). 1878 Bedriaga (D^" Jacques de), 55, boulevard de l'Impératrice, à Nice (Alpes-Maritimes). 1889 Béguin-Billecocq (Michel), étudiant, 43, rue deBoulainvilliers, à Paris. 1880 Beltrémieux (D^ E.), président de la Société des sciences naturelles de la Charente-Inférieure, à La Rochelle (Charente- Inférieure). 1888 Berlin. Die zoologische Sammlung des Muséums fur Natur- kunde (2), à Berlin (Prusse). (1) La Société s'est vue dans la nécessité de rayer de la liste des membres un certain nombre de personnes qui avaient négligé de payer leur cotisation [Arl. 10 du Règlement). (2) Les Etablissements publics et les Sociétés scientifiques de la France et de l'Etranger peuvent être admis comme Membres de la Société aux mêmes charges et aux mêmes droits qu'un Membre ordinaire et peuvent se faire représenter aux séances par un de leurs Membres {Art. (I du Règlement). VIII 1886 Berthoud (Léon), pharmacien de l'hospice de Bicêtre (Seine). F Bertrand (Joseph), (membre à vie), membre de l'Institut, professeur au Collège de France, 4, rue de Touruon, à Paris. F Besnard (Auguste), conducteur des ponts-et-chaussées,16,rue des Ursulines, au Mans (Sarthe). 1891 BÉTANcÈs (Felipe), étudiant en médecine, rue Saint Lazare, à Paris. 1879 Betta (le commandeur Eduardo de), 11, corso Castelvecchio, à Vérone (Italie). 1884 BiGNON (M^ieFanny), docteur ès-sciences naturelles, profes- seur à l'Ecole primaire supérieure, 5, rue Boulle, à Paris. 1880 Bigot (Jacques-Marie-François), officier de l'Instruction publi- que, 27, rue Cambon, à Paris. 1884 BiNOT (Jean), interne des hôpitaux, 216, boulevard Saint-Ger- main, à Paris. F Blanchard (DrRaphaël), {membre donateur), professeur agrégé à la Faculté de médecine, 32, rue du Luxembourg, à Paris. 1889 Blasius (Dr Rudolph), 2o, Petrilhor-Promenade, à Bruns- wick (Allemagne). 1889 Blasius (prof. Wilhelm), directeur du Musée d'histoire natu- relle, 4, am Fallersleberthore, à Brunswick (Allemagne). 1886 Blavy (Alfred), officier d'Académie, 4, rue Barralerie, à Montpellier (Hérault). 1881 Blonay (Roger de), 23, rue de Larochefoucault, à Paris. 1883 BocA (Léon), étudiant en sciences naturelles, 16, rue d'Assas, à Paris. 1883 Bolivar (Ignacio), professeur d'entomologie à l'Université, 16, Olozaga, à Madrid (Espagne). 1882 Bonaparte (le prince Roland), {membre donateur), 22, cours la Reine, à Paris. 1884 Bonjour (Samuel), 13, boulevard Delorme, à Nantes (Loire- Inférieure).. 1885 BoNNiER (Jules), directeur-adjoint de la Station maritime de Wimereux, 75, rue Madame, à Paris. 1887 BoscA(Edoardo),professeurà l'Université, à Valence(Espagne). 1889 BoTTARD (Dr Alphonse), 67, boulevard de Strasbourg, au Havre (Seine-Inférieure). 1880 BoucARD (Adolphe), officier d'Académie, 225, High Helborn,à Londres, W. C. (Angleterre). 1885 BouLART (Raoul), préparateur au Muséum, 6, rue de la Cerisaie, à Paris. 1877 BouLENGER (G.-A.), Esq., Assistant, Zoological Departuient, British Muséum, à Londres (Angleterre). IX 188G Bourgeois (Jules), ex-président de la Société eutomologi([iie de France, à Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace). 1886 BouTAN (Dr Louis), maître de conférences à la Faculté des sciences, à Lille (Nord). 1890 Bouvier (D^L. E.), professeur agrégé à l'Ecole supérieure de pharmacie, 39, rue Claude-Bernard, à Paris. 1883 Bradley (M"e Elisabeth-N.), docteur en médecine, 138, east 40tii Street, à New-York (Etats-Unis). 1889 Branicki (comte Xavier), (membre à vie), 10, rue Wiejska, à Varsovie (Russie). 1890 Braun {î>^ Max), professeur à l'Université, à Rostock (Alle- magne). 1883 Britto (Di" Victor de), à Porto Alegre, province de Rio Grande do Sul (Brésil). 1889 Brocchi (D^ Paul), professeur à l'Institut agronomique, secré- taire général de la Société centrale d'aquiculture de France, 119, boulevard Saint-Germain, à Paris. 1883 Brusina (D^S.), professeur à l'Université, directeur du Musée national zoologique, à Agram, Croatie (Autriche-Hongrie). F Bureau (D^' Louis), directeur du musée, professeur à l'Ecole de médecine, 15, rue Gresset, à Nantes (Loire-Inférieure). 1880 Camerano (Dr Lorenzo), professeur à l'Université, à Turin (Italie). 1880 Camprell (John-M.) , Kelvingrove Muséum , à Glasgow (Ecosse). 1890 Candèze (Di' Ernest), membre de l'Académie des sciences de Belgique, à Glain, près Liège (Belgique). 1887 Catois (Di" Eugène), professeur à l'Ecole de médecine, 15, rue des Cordeliers, à Caen (Calvados). 1881 Cazanove (Joseph de), ornithologiste, à Avize (Marne). 1880 Certes (A.), inspecteur général des finances, 53., rue de Varenne, à Paris. 1886 Charry (Dr Laurent), 182, boulevard Saint-Germain, à Paris. 1890 Chaker (Dr Mohammed), 22, rue Darb-el-Ahmar, au Caire (Egypte). 1877 Chaper (Maurice), ingénieur, 31, rue Saint-Guillaume, à Paris. 1887 Charpentier (Charles), étudiant en sciences naturelles, à Paris. 1883 Chatin (D^' Joannès), membre de l'Académie de médecine, professeur-adjoint à la Faculté des sciences, 147, boulevard Saint-Germain, à Paris. 1888 Clayrrooke (Jean de), étudiant eu sciences naturelles, 5, rue de Sontay, à Paris. 1884 Chevreux (Ed.), à Villefranche (Alpes-Maritimes). 1881 Clément (A.-L.), {membre à vie), dessinateur, 34, rue Lacé- pède, à Paris. 1876 CoLLARDEAU DU Heaume (Marie-Pliiléas) , 6 , rue Halévy, à Paris. 1888 CoQUELUT (J.-B.), pharmacien-chimiste, 11, rue Blatin, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 1887 CosMovici (Dr Léon-C), professeur à l'Université, 31, strada Eternitate, à Jassy (Roumanie). 1888 CosTES (Michel), licencié ès-sciences naturelles, 49, rue du Cardinal Lemoine, à Paris. 1881 CoTTEAu (G.), correspondant de l'Institut, juge honoraire, à Auxerre (Yonne), et 17, boulevard Saint-Germain, à Paris. 1882 Cousin (Auguste), à Guayaquil (Equateur). 1883 Crié (Di' Louis), professeur à la Faculté des sciences, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 1889 Dagincourt (D^" Emmanuel), 20 bis, rue Saint- Benoit, à Paris. 1889 Dames (Félix-L.), libraire, 47, Taubenstrasse, à Berlin (Prusse). 1884 Dautzenberg (Philippe), (membre à vie), 213, rue de l'Univer- sité, à Paris. 1883 Debierre (D^), professeur à la Faculté de médecine, 28, place Philippe-le-Bon, à Lille (Nord). 1887 Delage (Dr Yves), professeur à la Sorbonne, 44, avenue des Gobelins, à Paris. 1883 Delahaye (Luc-Joseph), peintre d'histoire naturelle, 32, rue des Fossés- Saint-Bernard, à Paris. F Delamain (Henri), négociant, à Jarnac ((Charente). 1876 Demaison (Louis), 21, rueCérès, à Reims (Marne). 1889 Demontporcelet (D^ Charles), professeur à l'Institut odonto- technique de France, 4, rue de Rivoli, à Paris. 1881 Deniker (Dr J.), bibliothécaire du Muséum d'histoire natu- relle, 2, rue de Buffon, à Paris. 1886 Deschamps (Emile), 53, boulevard de la Major, à Marseille (Bouches-du-Rhône). 1879 Desfosses (Dr Léonce), à Boussac (Creuse). 1880 Deyrolle (Emile), 46, rue du Bac, à Paris. 1884 DoDiEAu (Dr René), aide-major à l'hôpital militaire, à Bourges (Cher). F DoLLFUs (Adrien), directeur de la Feuille des jeunes natura- listes, 35, rue Pierre- Charron, à Paris. 1887 Dominici (Henri), licencié ès-sciences, 4, rue Castiglione, à Paris. 1876 Douai. Musée d'histoire naturelle, à Douai (Nord). 1877 DouviLLÉ, professeur à l'Ecole des Mines, 207, boulevard Saint-Germain, à Paris. 187G Dubois (Di' Alj)li(mse), conservateur du Musée royal d'histoire uaturelle,402,avenuedeGortenbergli,à Bruxelles (Belgique). 1882 Dubois (D»" Raphaël), professeur à la Faculté des sciences, à Lyon (Rhùne). 1889 DucHAussoY (D»"), professeur agrégé à la Faculté de médecine, 8, rue des Beaux-Arts, à Paris. 1888 DuRÈGNE (Emile), directeur de la Station zoologique d'Arca- chon, 142, rue de Pessac, à Bordeaux (Gironde). 1882 DuvAL (Dr Mathias), professeur à l'Ecole d'anthropologie, à l'Ecole des beaux-arts et à la Faculté de médecine, membre de l'Académie de médecine, 11, cité Malesherbes, à Paris, 1887 Emery (Emile), étudiant en médecine, 10, rue Saint-Martin, à Paris. 1889 Entz (Géza), professeur au Polytechnicum, 11, Esterhazy utcza, à Budapest (Hongrie). 187G Fatio (Victor), 1, rue Bellot, à Genève (Suisse), 1877 Fauque (A.), au Jardin d'acclimatation. Bois de Boulogne, à Paris. 1884 FAUROT(Dr Lionel), 4, rue de Commailles, à Paris. 1889 Ferrari Pérez, professeur à l'Ecole normale, à Mexico (Mexique). 1886 Fernandez (Hipùlito), à Manille (Philippines). 1885 Ferré (D^' Gabriel), professeur-agrégé à la Faculté de méde- cine, à Bordeaux (Gironde). 1886 FiLHOL {B^ H.), sous-directeur du laboratoire de l'Ecole des Hautes-Etudes (zoologie) au Muséum, 9, rue Guénégaud, à Paris. 1881 Fischer (Di" Paul), aide-naturaliste au Muséum, 68, boule- vard Saint-Marcel, à Paris. 1886 François (Ph.), en mission en Australie. 1890 Friedlànder (B.) et fils, libraires, 11, Carlstrasse, à Berlin (Prusse). 1884 Gâche (Henri), 201, avenue Victor Hugo, à Paris. 1881 Gadeau de Kerville (Henri), 7, rue Dupont, à Rouen (Seine-Inférieure). 1880 Garman (Samuel), assistant of ichthyology and herpetology at the Muséum of Comparative Zoology, at Harvard Collège, à Cambridge, Mass. (Etats-Unis). 1879 Gazagnaire (J.), secrétaire de la Société entomologique de France, 39, rue de la Clef, à Paris. 1879 GiARD (Alfred), professeur à la Faculté des sciences, 14, rue Stanislas, à Paris. 1883 Gibert (D^), 41, rue de Séry, au Havre (Seine-Inférieure). 1888 GiRAUx (Louis), 22, rue Saint-Biaise, à Paris. XII 1887 GmoD (D^' Paul), professeur à l'Ecole de médecine, professeur adjoint à la Faculté des sciences, à Clermont-Ferrand (Puy- de-Dôme). 1890 GiRODON (Alphonse), 7, quai Saint-Clair, à Lyon (Rhône). 1888 Greenough (H. S.), meinhre de la Société de mathématiques et de physique de Boston, 30, rue de Bassano, à Paris. 1889 Grenoble. Bibliothèque universitaire, à Grenoble (Isère). 1886 Grez (Paul), pharmacien, 49, rue de Maubeuge, à Paris. 1880 Guerne (baron Jules de), {membre à vie), 6, rue de Tournou, à Paris. 1881 Guesde (D^ Dominique), à la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). 1886 GuiTEL (Frédéric), préparateur à la Sorboune, 2, rue Bara, à Paris. 1891 Hallez (Di'Paul), professeur à la Faculté des sciences, à Lille (Nord). 1884 Hahn (Dr Philippe), résident de première classe, à Pnom- Penh (Cambodge). F Hamonville (baron Louis d'), (membre donateur), conseiller général de Meurthe-et-Moselle, au château de Manonville, par Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle). 1890 Hawkine, bibliothécaire à l'Institut Pasteur, 25, rue Dutot, à Paris. 1889 Hébrard (Fernand d'), au château de Torcy, par Fruges (Pas-de-Calais). 1888 Hecht (D^ Emile), 4, rue Isabey, à Nancy (Meurthe-et- Moselle). 1890 Henriquez (F.), étudiant en médecine, 155, rue Lafayette, à Paris. F Héron-Royer (Louis-François), 10, rue de l'Ile, à Amboise (Indre-et-Loire). 1886 Hérouard (Dr Edgard), prépaiateur à la Faculté des sciences, 1, rue du pont de Lodi, à Paris. 1889 HoMMEY (Dr Joscph), à Sées (Orne). 1885 HuET (Di"L.), maître de conférences à la Faculté des sciences, 8, rue de la Chaîne, à Caen (Calvados). F Hugo (comte Léopold), (membre donateur), statisticien au Ministère des travaux publics, 14, rue des Saints-Pères, à Paris. 1883 Hyades (D^), médecin principal de la marine, 10, boulevard de la Tour-Maubourg, à Paris. 1890 Janet, ingénieur des arts et manufactures, à Beauvais (Oise). 1890 JoANiN (Albert), étudiant en médecine, 16^ rue de Lancry, à Paris. 1890 JoLiccEUR (D^' Henri) , professeur à l'Ecole de médecine , 15, boulevard de la République, à Reims (Marne). XI II 1882 JouBiN (])'■ Louis), inaitre de coniéreuces à la Faculté des sciences, à Rennes (Ille-et-Vilaiue). F JoussEAUME (Dr Félix), (membre à vie), 29, rue de Gergovie, à Paris. 1883 Joyeux-Laffuie (Dr Jean), professeur à la Faculté des sciences de Caen, à Luc sur-Mer (Calvados). 1880 JuLiANY (Joseph), 12, place de l'Hôtel-de- Ville, à Manosque (Basses-Alpes). 1879 JuLLiEN (D^' Jules), au siège de la Société zoologique de France, 7, rue des Grands-Augustins, à Paris. 1879 Kempen (Ch. van), 12, rue Saint-Bertin, à Saint-Omer (Pas- de-Calais). 1888 Kerhervé (L.-B. de), licencié ès-sciences naturelles, 21, rue du Cherche-Midi, à Paris, 1889 KoROTNEV, professeur à l'Université de Kiev (Russie), directeur de la Station maritime de Villefranche (Alpes-Maritimes). 1879 KûNCKEL d'Herculais (Jules), aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle, 20, villa Saïd, à Paris. 1881 KûNSTLER (Jules), professeur-adjoint à la Faculté des sciences, à Bordeaux (Gironde). 1887 Labonne (D^' Henri), directeur de la Société d'éditions scien- fiques, 15, rue de Médicis, à Paris. 1880 Lallemant, pharmacien, à l'Arba, près Alger (Algérie). 1886 Lamy (Ernest), 113, boulevard Haussmaun, à Paris. 1883 Landowski (D^" Paul), 36, rue Blanche, à Paris. 1880 Langlassé (René), 42, quai National, à Puteaux (Seine). 1883 Larcher (D^' Oscar), mem])re de la Société de Biologie, 95, rue de Passy, à Paris. 1877 Larguier des Bancels (D^), conservateur du Musée de zoologie de Vaud, 29, rue de Bourg, à Lausanne (Suisse). 1888 Lavergne de Labarrière (Joseph-Loïs), inspecteur d'as- surances, 47, rue Taitbout, à Paris. F Le Breton (André), 43, boulevard Cauchoise, à Rouen (Seine-Inférieure). 1887 Lecourt (Dï" Louis), à Château-du-Loir (Sarthe). 1883 Lemoine (Di" Victor), professeur honoraire à l'Ecole de méde- cine de Reims, 11, rue Soufflot, à Paris. 1882 Lenxier (G.), directeur du Muséum d'histoire naturelle, 2, rue Bernardin de Saint-Pierre, au Havre (Seine-Inférieurej. 1888 Le Roux (D^ Lucien), 3, rue de Strasbourg, à Caen (Calvados). 1887 Le Sénéchal (Raoul), docteur en droit, au Merlerault (Orne). 1891 LiGNiÈRES, répétiteur à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine). 1887 LiNARÈs (de), professeur à l'Université, 8, paseo del Obelisco, à Madrid (Espagne). XIV 1890 LoRiOL (Perceval de), au chalet des Bois, par Crassier, canton de Vaud (Suisse). F LuBOMiRSKi (le prince Ladislas), {membre à die), 23, allée d'OsejardofE, à Varsovie (Pologne). 1889 LucET (Adrien), vétérinaire, à Courtenay (Loiret). F LuNEL (Godefroy), conservateur du Musée d'histoire natu- relle, aux Bastions, à Genève (Suisse). 1889 Magalhàes (D'Prospero Severiano de), professeur-adjoint à la Faculté de médecine, 104, rua doHospicio, àRio-de-Janeiro (Brésil). 1882 Maggi (Leopoldo), doyen de la Faculté des sciences de l'Uni- versité, à Pavie (Italie). 1886 Magne (Alexandre), {membre donateur), 8, rue de la Pépinière, à Paris. 1889 Maisonneuve (D^ Paul) , professeur à l'Université libre, à Angers (Maine-et-Loire). 1884 Man (D-- J.-G. de), à Middelbourg (Hollande). 1887 Marchal (Georges), étudiant en médecine, 79, rue Denfert- Rochereau, à Paris. 1887 Marchal(Di' Paul), licencié ès-sciences, 41, rue Çensier, à Paris. F Marche (Alfred), voyageur naturaliste, 17, rue Servandoni, à Paris. 1889 Margo (D^' Théodore), {membre à me), membre de l'Académie des sciences, directeur du Musée zoologique, professeur à l'Université, 4, Muséum Kôrut, à Budapest (Hongrie). 1879 Marion, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté des sciences, à Marseille (Bouches-du-Rhone). F Marmottan (Dr), 31, rue Desbordes-Valmore, à Paris. 1885 Martin (René), avocat, au Blanc (Indre). 1890 Maurice (D^ Charles), à Attiches, par Pont-à-Marcq (Nord). 1879 MÉGNiN (P.), 19, rue de l'Hôtel-de-Vine, à Vincennes (Seine). 1884 Menzbier (D^' Michel), professeur d'anatomie comparée à l'Université, à Moscou (Russie). 1888 Miegemarque (Henri), naturaliste préparateur, à Saint-Abit, par Nay (Basses-Pyrénées). 1876 Mollière-Laboulaye, avocat à la Cour d'appel, 2 bis, boule- vard du Temple, à Paris. 1884 MoNiEz (Dr Romain), professeur d'histoire naturelle à la Faculté de médecine, à Lille (Nord). 1887 MoNVENOux (Dr Frédéric), 25, rue Grenette, à Lyon (Rhône). 1889 MoREAu (Dr Emile), 7, rue du Vingt-Neuf Juillet, à Paris. 1883 Morgan (Jacques de), à la légation de France, à Téhéran (Perse). 1888 MouLLADE, pharmacien, au Puy (Haute-Loire). 1888 Nadar, 51, rue d'Anjou, à Paris. XV 4891 Nerville (Ferdiuaud de), ingénieur dus télégraphes, IIG, boulevard Haussmann, à Paris. 1891 Neumann (Georges) , professeur à l'Ecole vétérinaire, à Toulouse (Haute-Garonne). 1880 NiNNi (Dr Al.-P.), membro del comitato direttivo del civico Museo di Venezia, 3392, San Lorenzo, à Venise (Italie). 1876 Oberthùr (Charles), imprimeur, à Rennes (Ille-et-Vilaiue). 1890 Orueta (Domingo de), ingénieur, à Malaga (Espagne). 1879 OuDRi (Emile), chef de bataillon, commandant le 2^ bataillon d'infanterie légère d'Afrique, à Gao-Bang (ïonkin) et à Durtal (Maine-et-Loire). 1884 OusTALET (Dt Emile), aide-naturaliste au Muséum, 35, rue de Bufïon et 121 bis, rue Notre-Dame-des-Ghamps, à Paris. 1889 Packard (A. S.), professeur à Bronn University, à Provi- dence, R. I. (Etats-Unis). 1888 Pages (Jules), médecin, 3, rue des Saussaies, à Paris. 1890 Palacky (Jean), professeur à l'Université tchèque, 11, rue de Gracovie, à Prague (Bohême). 1891 Paràtre (René), étudiant en médecine, 51, rue Madame, à Paris. 1890 Paris. Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle, 2, rue de Bufïon, à Paris. 1891 Parmentier (Joseph), étudiant en médecine, 3, rue Ber- thollet, à Paris. 1889 Paszlavszky (Joseph), professeur à la Réaliskola, Toldy Féreucz-utcza, à Budapest (Hongrie). 1884 Pavlow (M°^e Marie), Ghérémétevski péréoulok, maison Ghérémetiew, logement 65, à Moscou (Russie). 1876 Pelletier (A. -J. -Horace), avocat à la Gour d'appel de Paris, à Madon, commune de Coudé, par Blois (Loir-et-Cher). F Pennetier (Di' Georges), directeur du Musée d'histoire natu- relle, professeur à l'Ecole de médecine, 9, rue Alain-Blan- chart, à Rouen (Seine-Inférieure). 1887 Perrier (Edmond), professeur au Muséum, 28, rue Gay- Lussac, à Paris. 1880 Perroncito (D"" Edouard), professeur à l'Ecole vétérinaire et à l'Université, 26, via Bidone, à Turin (Italie). 1876 Petit (Louis) aîné, naturaliste, 21, rue du Caire, à Paris. 1887 Phisalix (D^" Gésaire), aide-naturaliste au Muséum, 20, rue des Carmes, à Paris. 1879 PiERSON (Henri), {membre à cie), 6, rue de la Poterie, à Paris. 1884 PiLLiET (Alexandre), interne des hôpitaux, 1, rue des Ecoles, à Paris. 1879 Plateau (Félix), professeur à l'Université, 64, boulevard du Jardin zoologique, à Gaud (Belgique). XVI 1889 Preudhomme de Borre (Alfred), 11, rue Seutiii, à Schaerbeek- lez-Bruxelles (Belgique). 1886 Prouho (Henri), ingénieur, préparateur au laboratoire Arago, à Banyuls (Pyrénées-Orientales). 1888 Rabé (Dr), à Maligny (Yonne). 1882 Railliet (A.), professeur d'histoire naturelle à l'Ecole vété- rinaire, à Alfort (Seine). 1889 Ramirez (Dr José), professeur à l'Ecole nationale d'agriculture, à Mexico (Mexique). 1886 Raspail (Xavier), à Gouvieux (Oise). 1888 Rebourgeon (D^" C), 66, rue Condorcet, à Paris. 1879 Regnard (D^ Paul), professeur à l'Institut national agrono- mique, directeur-adjoint du laboratoire de physiologie de la Sorbonne, 224, boulevard Saint-Germain, à Paris. 1890 RÉGNIER (Pierre-Charles), interne des hôpitaux, aide d'ana- tomie à la Faculté de médecine, à Bordeaux (Gironde). 1887 Richard (Jules), licencié ès-sciences, 30, rue du faubourg Saint-Honoré, à Paris. 1877 RiCHET (Dr Charles), professeur à la Faculté de médecine, 15, rue de l'Université, à Paris. 1889 RizKALLAH (Di" Alexandre), médecin des hôpitaux, à Alexan- drie (Egypte). 1887 Robinet (Charles), professeur de physique au lycée, lo, rue Collin d'Harleville, à Chartres (Eure-et-Loir). 1890 RoDRiGUEZ (Léopold), étudiant eu médecine, attaché à la légation de Guatemala, 2, rue Racine, à Paris. 1888 RoLLiNAT (Raymond), à Argeuton (Indre). F RoTHScmLD (le baron Edmond de), (membre donateur), 19, rue Laffite, à Paris. 1880 RoTROu (Alexandre), pharmacien, à la Ferté-Bernard (Sarthe). 1886 RoYAN. Société linnéenne de la Charente-Inférieure, à Royan (Charente-Inférieure). 1888 Sabatier (Di' Armand), professeur à la Faculté des sciences, à Montpellier (Hérault). 1876 Saunders (Howard), F. Z. S., F. L. S., 7, Radnor place, Gloucester square, à Londres (Angleterre). 1884 Sauvage (D"" Emile), directeur de la Station aquicole, 9, rue Tour Notre-Dame, à Boulogne (Pas-de-Calais). 1881 Sauvinet (L. -Ernest), aide-naturaliste au Muséum, 15, rue de Bufïon, à Paris. 1890 ScHAECK (Franz de), 4, place de l'Odéon, à Paris. 1880 Schlumberger (Charles), ingénieur de la marine, 21, rue du Cherche-Midi, à Paris. 1889 Secques (François), étudiant en pharmacie, 2, rue de Cha- ligny, à Paris. XVII 1886 SÈDE DE LiÉoux (baron Paul de), IG, rue du Vent-de-Bise, à Arras (Pas-de-Calais). F SÉDiLLOT (Maurice), 20, rue de l'Odéon, à Paris. d87() Semallé (Reué de), (membre donateur), à Lezoux (Puy-de- Dôme). 1879 Seoane (Victor-Lopez), avocat, commissaire royal pour l'agri- culture, etc., o8, calle Real, à la Gorogue (Espagne). 1870 Shelley (captain Georges-Ernest), (membre à vie), F. Z. S., 13, Rutland gâte, S. W., à Londres (Angleterre). 1883 SicARD (D^' Henri), doyen de la Faculté des sciences, 2, place Kléber, à Lyon (Rhône). 1890 Siepi (P.), préparateur au Muséum, 58, rue Curiol, à Mar- seille (Bouches-du-Rhône). F Simon (Eugène), IG, villa Saïd, à Paris. 1877 Steindachner (D^" Frantz), directeur du Musée d'histoire naturelle, membre de l'Académie des sciences, am iiatur- historischen Hofmuseum, Burgring, à Vienne (Autriche). 1889 Stolzmann (Jean), 10, rue Wiejska, à Varsovie (Russie). 1884 Strasbourg. Bibliothèque de l'Université et de l'Etat, à Strasbourg (Alsace). 1889 Studer (D>" Th.), professeur à l'Université, directeur du Musée, rue des Orphelins, à Berne (Suisse). 1888 Suchetet (André), au château d'Autiville-Bréanté, par Goder- ville (Seine-Inférieure), etlO, rue Alain-Blanchard, à Rouen. 1886 Thélohan (Prosper), étudiant en médecine, 11, rue de Vau- girard, à Paris. 1887 TopsENT (D»" Emile), professeur à l'Ecole de médecine, à Reims (Marne). 1878 TouRNEux (Di" Frédéric), professeur à la Faculté de médecine, 57, rue Brùle-Maisou, à Lille (Nord). 1887 Trapet, pharmacien-major à l'hôpital militaire, à Rennes (llle-et Vilaine). 1889 Vaillant (Léon), professeur au Muséum d'histoire naturelle, 2, rue de Bulion, à Paris. 1891 Vaudremer (Albert), étudiant en médecine, IG, avenue Latour- JMaubourg, à Paris. 1889 Verloren van Themaat, membre de l'Académie des sciences de Hollande, maison Schothorst, àHoogland (Hollande). 1887 Viallanes (D^' Henri), 92, rue Boileau, à Paris. F Vian (Jules), (membre donateur), 42, rue des Petits-Champs, à Paris. 1876 Vian (Paul), notaire, 3, rue Turbigo, à Paris. 1890 ViAU (George), 47, boulevard Haussmann, à Paris. 1876 Vilemarest (baron de), 3, rue de Villersexel, à Paris. XVI. — :i XVIII 1888 ViLLEDiEux (Léopold), à Lariaux, par Saint-Rémy en RoUat (Allier). 1882 Villeneuve-Esclapon-Vence (marquis de), 7.j, rue de Prony, à Paris. 1886 ViRON (D"" Louis), professeur à l'Institut dentaire, pharmacien en chef de l'hospice de la Salpêtrière, à Paris. 1880 Wavrin (marquis de), 49, houlevard du Régent, à Bruxelles (Belgique). 1880 Weber (Dr Max), professeur à l'Université, à Amsterdam (Hollande). 1884 Weisgerber (D"" H.), 262, rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris. 1890 Wierzejsky, professeur à l'Université, à Cracovie (Autriche). 1890 VVoRMSER (Anatole), étudiant en médecine, 18, boulevard Saint-Michel, à Faris. 1876 Wrzesnioswski (Auguste), professeur à l'Université, 15, rue Widok, à Varsovie (Pologne). 1883 Zannellis (D';), à Paris. 1891 Zograf (Dr.Nicolas), professeur à l'Université, Musée poly- technique, à Moscou (Russie). XIX LlSTi: GHOGHAPIIIOUE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ MH = Membre lioiioraire, MC = Memljre correspondaul FRANCE Allier (I) Kiinstler Villedieux Régnier Alpes (Basses) (I) .Iiiliaiiy Alpes-Maritimes (2) Bedriaga (de) E. Chevreux HÉRAULT CI) Blavy Sabatier 1lle-et-Vilaixe (4) Crié Joubin Bouches du Ruone (3j Oberthûr Deschanips Marion Trapet Indre (2) Siépi Calvados (4) Catois Huel Joyeux-Latïuie Le Roux Charente (1) Martin Rollinat Indre-et-Loire (1) Héron-Royer Isère (1) Grenoble (Bibliothèque) Delamain Loir-et-Cher (1) Charente-Inférieure (2) Beltrémieux lîoyan (Société) Cher (1) Pelletier Loire (Haute) (1) Moullade Loire-Inférieure (2) Dodieau Bonjour Creuse (I) Desfosses ^ Eure-et-Loir (1) Robinet Finistère (1) Bava y Garonne (Haute) (l) Bureau Loiret (1) Lucet Lot-et-Garonne (1) Amblard Maine-et-Loire(I) Maisonneuve Marne (4) Neumann Cazanove (de) Gironde (4) Demaison Durègne Jolicœur Ferré Topsenl XX Meurthe-et-Moselle (2) Hamonville (baron d') Hecht Nord (9) Barrois (J.) Barrois (Th.) Boutan Debierre Douai (Musée) Hallez Maurice Moniez Tourneux Oise (3) Janet Raspail Orne (2) H 0111 m ey Le Sénéchal Pas-de-Calais (4) Hébrard Kempen (Ch. van) Sauvage Sède (baron P. de) Puy-de-Dôme Ci) Coquelut Girod Semallé (de) Pyrénées (Basses) H) Miégemarque Pyrénées-Orientales (1) Prou ho Rhône (4) Dubois (R.) Girodon Monvenoux Sicard Sarthe (3) Besnard Lecourt Rotrou Seine (C) Barrier Berthoud Langlassé Lignièi-es Mégnin Raillict Paris (114) Achalrne Alix Radin Béguin-Rillecocq Bétancès Bertrand Bignon (Mlle) Bigot Binot Blanchard (R.) Blonay (R. de) Boca Bonaparte (prince R.) Bonnier (J.) Boulart Bouvier (L. E.) Brocchi Certes Chabry Chaper Charpentier Chatin (J.) Claybrooke (J. de) Clément Collardeau du Heaume Costes Dagincourt Dautzenberg Delage Delahaye Demontporcelet Deniker DeyroUe DoUfus (Adr.) Dominici Douvillé Duchaussoy Duval (Mathias) Emery Fauque Faurot Filhol Fischer Gâche Gazagnaire Giard Giraux Greenough Grez XXI Guerne (baron J. de) Hegnard Guitel Richard Ilawkinc Uichet (Ch.) Henriquez Rodriguez Hérouard Rotlischild (baron Edni. de) Hugo (comte L.) Sauvinet Ilyades Schaeck (F. de) Joaniii Schlumberger Joiisseauine Secques Jullieu (J.) Sédillot Kerhervé (L. B. de) Simon Kiinekel d'Herciilais Thélohan Labonne Vaillant (L.) Lacaze-Duthiers (H. île), M. H. Vaudremer Lamy Via lianes Landovvski Vian (J.) Larchei' Vian (P.) Lavergne de Labarrière Viau Lemoine Vilemarest (baron de) Magne Villeneuve (marquis de) Marchai (G.) Viron Marchai (P.) Weisgerber Marche Wormser Marmoltan Zannellis Milne-Edwards (A.), M. H. Seine-et-Oise (1) Mollière-Laboulaye Moreau (Eni.) Alcanlara (S. M. don Pedro d'), M. H Nadar Seine-Inférieure (7) Nerville (F. de) Botlard Oustalet Gadeau de Kerville Pages Gibert Parâtre Lebreton Paris (Muséum) Lennier Parmentier Pennetier Perrier Suchetet Petit Phisalix Pierson Vienne (Haute) (1) AUuaud Pilliet Yonne (2) Quatrefages (de), M. H. Cotteau Rebourgeon Rabé XXII ÉTRANGER EUROPE Allemagne (7) Grande-Bretagne Albrecht Boucard Berlin (Musée) Boulenger Blasius (H.) Campbell Blasius (W.) Dobson, M. C. Braun Gimther, M. IL Dames Saunders Friedlànder Sharpe, M. H. Alsace (2) Shelley Bourgeois Grèce (1) Strasbourg (bibliothèque) Apostolidès Autriche-Hongrie (9) Hollande (4) Barvii- Horst, M.C. Brusina Man (J, G. de) Entz Verloren van Themaat Fritch, M.C. Weber Margô Italie (o) Palacky Betta (de) Paszlavszky Camerano Steindachner Maggi Wierzejsky Ninni (comte) Perroncito Belgique (8) Monaco (1) Ballion Bambeke (Ch. van) Albert I*--^ (S. A. S. le prince) Candèze Portugal (1) Dubois (Alpb.) Barboza du Bocage, M. H. Plateau Preudhomme de Borre BOUMANIE (2) Selys-Longchamps (baron de), M. II. Assaky Wavrin (marquis de) Cosmovici Danemark (1) Russie (8) Steenstrup, M. E. Branicki (comte X.) Korolnev Espagne (5) Lubomirski (prince L.) Bolivar Menzbier Bosca Pavlow (Mme) Linarès (de) Stolzmann Orueta (1). de) Wrzesniowski Seoane Zogral'. XXUI Sui'iDt: (I) Norili'nskjôld (baron), M. II. Suisse (G) Bedot Falio Fjargiiier des Bancels l.oriol (P. de) Lunel Studer Cambodge (I) llaliii Perse (1) lMorj,'an (J. de) ASIE Oiidfi TONKIN (1) Lallemant Algérie (1) AFRIQUE Chaker Rizkallah Egypte (2) AMÉRIQUE Antilles (1) Guesde Brésil (2) Britto (V. de) Magalhâes (P. S. de) Canada (Ij Bailly Equateur (1] Cousin Etats-Unis (u) Bi-adley (Mlle) Garman Goode, 31. C. Packard Ritchie, M. C. Mkxiquk (3| Dugès, M. C. Ferrari Perez Uamirez Philippines (1) Fernaudez OCEANIE En voyage sans résidence fixe (1) François BUREAU & CONSEIL DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANCE POUR L'ANNÉE 1891 Membres du Bureau : MM. Président Prof. A. Railliet Vice-Présidents S !'«• Dautzenberg. ( 1)1" E. OUSTALET. Secrétaire général Secrétaires . Trésorier Archiviste-Bibliothécaire. Prof. R. Blanchard. Mlle F. BiGNON. J. Richard. L. B. DE Kerhervé. C. SCHLUMBERGER. H. PlERSON. ■1° Membres donateurs S. A. S. le prince Albert le»', de Monaco. Prof. R. Blanchard. Prince R. Bonaparte. B»" d'Hamonville. C^e L. Hugo. A. Magne. B<"' de Rothschild. De Semallé. J. Vian. 9" Anciens présidents Dr P. Fischer. A. Certes. D»' J. Jullien. G. GOTTEAU. Ro" J. DE GUERNE. Membres du Conseil : 3° Membres élus Pour 1889 Di' J. Deniker. J. Gazagnaire. HÉRON-ROYER. \ E. Simon. M. Chaper. Pour 1890 ! Ed. Ghevreux. J.KiiNCivEL d'Herculais. Pour 1891 [ Prof. L. Bureau. ) J)'" F. JOUSSEAUME. j D' J. G. DE Man. [ p. Mégnin. Nota. — Les Membres du Conseil marqués d'un * ont été élus en remplacement d'autres Membres ayant fasse au Bureau. Séance du 13 Janvier 1891 PRÉSIDENCE DE MM. .1. DE GUERNE ET A. RAILLIET. M, le baron Jules de Guerne, président sortant, ouvre la séance et prononce le discours suivant: « Mes chers Collègues, « Eu transmettant aujourd'hui les pouvoirs que vous avez bien voulu me confier au digne successeur que vous m'avez choisi, je suis sans inquiétude sur les destinées de notre compagnie. La savante et sympathique personnalité du Professeur Railliet, noire nouveau président, inspire confiance à tous ; d'autre part, l'histoire contemporaine de la Société est de nature à justifier quel(|ues espérances. « Après le succès du premier Congrès international de Zoologie, organisé, disons-le bien haut, par la Société Zoologiquede France (1) et tenu à Paris, en 1889, sous la présidence de notre éminent col- lègue M. Alphonse Milne-Edwards, la notoriété de notre association s'est très fortement accrue. Aussi est-ce parmi vous que le Comité d'organisation du Congrès de Moscou choisit dès maintenant, pour la France, ses principaux collaborateurs (2). 11 m'a été donné, du reste, l'été dernier, — et /ce sera l'un des meilleurs souvenirs de mon passage à la présidence, — de juger moi-même, en Suisse, en Italie, en Autriche, par l'accueil réservé à son représentant, de la haute estime où sont tenus, à l'étranger, les travaux de la Société Zoolo- gique de France. « Cette bonne renommée, ce sont nos publications qui nous la donnent. Aussi devons-nous y attacher de plus en plus d'impor- tance. Vous savez qu'elles sont, depuis trois ans, devenues doubles. Le zèle de notre Secrétaire général s'est déveloi)pé dans les mêmes proportions et chacun de nous reçoit aujourd'hui, outre de forts (1) Parmi les 20 membres du comité d'organisation du Congres, 14 appartenaient à la Société Zoologique. Le bureau de ce Comité en était exclusivement composé. Dans le bureau du Congrès, formé de 21 personnes représentant dix nationalités, figuraient 3 membres honoraires, 1 membre cori'espondant et 10 membres ordi- naires de la Société Zoologique. (2) Les délégués français de la Commission d'organisation sont MM. R. Rlan- chard et Marion. Parmi les 131 Français désignés pour faire partie du Comité de patronage (Zoologie et Anthropologie réunies), ligurent 17 membres de la Société Zoologique de France. Plusieurs étrangers, appartenant également à la Société, l'cprésenlenl ilans le même Cotuilé leurs pays respectifs. 2 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 beaux Mémoires (équivalents à l'ancien Bulletin), un 6ttik'^«n presque mensuel. « Celui-ci, émancipé en quelque sorte, et allégé des études de longue haleine qui retardaient sans cesse son apparition, porte aujourd'hui rapidement à la connaissance des zoologistes les obser- vations et les découvertes que vous y consignez. Par une mesure des plus libérales, et permettez-moi d'ajouter des plus sages, il est ouvert à tous, et l'on y voit paraître, à côté de vos travaux, ceux de savants français et étrangers qui ne sont point encore des nôtres, mais que ce premier lien amènera sans doute bientôt à devenir nos collègues (1). Déjà le Bulletin est fort apprécié pour la publi- cation rapide des espèces nouvelles et la prise de date relative aux faits anatomiques ou physiologiques. La spécialité même où il est confiné et que chacun réclame de plus en plus aujourd'hui, que les bibliothèques particulières abritent à grand'peine les Revues générales, cette spécialité le destine à devenir peu à peu l'un des organes les plus accrédités de la Zoologie. D'ailleurs il pénètre partout. « Parmi les Sociétés savantes où l'on cultive notre Science favorite et qui sont aujourd'hui si nombreuses de par le monde, il n'en est guère, depuis les confins de la Laponie norvégienne, — où nous correspondons avec le Muséum de Troms0, —jusqu'aux anti- podes, — en Australie ou à la Nouvelle-Zélande, — avec lesquelles la Société Zoologique ne soit en relations suivies d'échanges. Aussi voyons-nous la bibliothèque, sans cesse enrichie d'ailleurs de dons particuliers (1), s'accroître dans des proportions inquiétantes pour le budget, au passif duquel menace de s'ajouter une augmentation de loyer, rendue nécessaire par l'insuffisance de place. « C'est pourquoi nous voudrions voir augmenter le chiffre des membres, et cela dans une proportion d'autant plus forte qu'en dehors même des- charges résultant des richesses l)ibliographiques dont je parlais tout à l'heure, le temps est venu où, sur les sages (1) A citer comme ayaat collaboré au Bullelin, sans faire partie de la Société, parmi les étrangers : MM. Collett, Dali, Lilljeborg, Pelseneer, Poppe; parmi les fran- çais : MM. Guénot, Jourdau, Menegaux, Œhlert. (2) Outre le Ministère de l'Instruction publique, dont la Société i-eçoit toutes les publications pouvant l'intéresser, les personnes qui ont fait le plus de dons à la bibliothèque, en 1890, sont : MM. Raphaël Blanchard, Bigot, Gofleau, Gadeau de Kerville, de Man, Preudhommo de Borre. La Société échange actuellement soit le Bullelin et les Mémoires, soit le Bulletin seul, avec environ loO correspondants dont beaucoup lui adressent cha- que année 3 ou 4 volumes, parfois même davantage. Tel est le cas, notamment, pour beaucoup de Sociétés américaines. SÉANCE UU 13 JANVIER 1891 3 avertissements du Trésorier, le Couseil se voit forcé, bleu à regret, faute d'argent, de refuser l'impression d'intéressants Mémoires ou de ne les publier que grâce à une contribution spéciale des auteurs. « Ne croyez pas toutefois que l'eiïectif de la Société demeure statiounaire; de 123 au 1°'" janvier 1877, date de la publication de la première liste des adbérents après la fondation, le nombre des membres s'est élevé d'une manière assez régulièrement progressive jusqu'à 291, au l^i" janvier de la présente année (non compris les membres honoraires et correspondants). Toujours des recrues nouvelles sont venues combler, et au-delà, les vides que font dans nos rangs quelques décès et un petit nombre de démissions. « C'est dans le courant de l'année 1880 que la Société, fondée en 1876, a compté, pour la première fois, 200 adhérents. Depuis lors, elle a gagné 91 membres. Grâce à l'activité que chacun de nous ne manquera pas de déployer à cet effet, nul doute que notre nouveau président n'ait bientôt le plaisir de proclamer ici, aux applaudis- sements unanimes de l'assemblée, le trois centième membre de la Société Zoologique. Je n'hésite pas à vous convier par avance à célébrer cet heureux événement dans un prochain banquet. « Je voudrais, mes chers Collègues, retenir votre attention quelques minutes encore pour faire ressortir un caractère de notre Société, lequel tend à se développer de plus en plus et que nous devons veiller à conserver, car il peut être regardé comme excel- lent et des plus favorables à l'extension de notre intluence. Il s'agit de l'esprit d'initiative scientifique qui auime un grand nombre d'entre vous, et les pousse à entreprendre, bien que livrés souvent à leurs propres forces, des explorations lointaines et parfois périlleuses. « Sans parler du Prince de Monaco, dont la haute situation rend l'exemple du dévouement à la Science remarquable entre tous, et que plusieurs, parmi nous, accompagnent dans ses voyages, n'ai-je point à citer justement quatre anciens présidents de la Société qui, en ce moment même, poursuivent hors de France des recherches zoologiques. « Le Dr Jousseaume vient de repartir pour la Mer Rouge, non satisfait encore de ses découvertes antérieures dans les mêmes parages, bien ({u'elles lui aient valu le prix Saviguy à l'Académie des Sciences. « M. Chaper, actuellement à Bornéo, nous fait espérer l'envoi de récoltes attendues avec une impatience d'autant plus légitime 4 ^ SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 que nous rendons tous hommage à son talent exceptionnel de chercheur. « M. Kiinckel d'Herculais, d'autre part, continue à mener acti- vement la lutte contre les Acridiens, en Algérie, où se trouve également M. Simon, qui poursuit ses études sur les Arachnides du Nord de l'Afrique, en se reposant des fatigues de ses récents voyages au Venezuela et aux Philippines. « Un autre de nos anciens présidents encore, et des plus sympa- thiques, l'infatigable docteur Jullien, se dispose à partir pour l'Australie, où son passage sera marqué, nous en avons la certitude, par les curieuses découvertes qu'il sait faire n'importe où l'entraîne l'esprit d'aventure. « Combien de nos collègues mériteraient une mention, qui, ser- vant la Patrie dans les colonies ou sur mer, veulent en outre servir la Science dont l'étude charme leurs loisirs : le D^' Hahn, résident de France au Cambodge, le lieutenant de vaisseau Hérou, l'abbé Culliéret, aumônier de la division navale de l'Océan Pacifique, dont les envois fournissent en ce moment même, à plusieurs d'entre vous, des sujets de travail. « Le nombre de ceux qu'entraînent uniquement les recherches scientifiques est plus grand encore. Pendant la seule année 1890, navons-nous pas eu à suivre les explorations de M. Alluaud aux Canaries, de M. Théodore Barrois en Egypte et en Palestine, de M. François en Australie, de M. de Morgan eu divers points de la Perse et du Caucase? « C'est également parmi nos collègues que l'on voit se développer aujourd'hui, d'une façon si heureuse, le goût des recherches à la mer loin des côtes. Ici, plus de villégiature doucement prolongée à l'abri d'un laboratoire où arrivent à jour fixe les matériaux d'étude commandés aux pécheurs. Le feu sacré de la Science est indispensable au -travail toujours accompagné de privations, sinon de dangers. Ce n'est pas le lieu d'en parler. Car la Société s'honore de compter parmi ses membres tous les Zoologistes du Tracailleur, du Talisman ou de l'Hirondelle. Et ce qu'a osé faire cette petite goélette autorise beaucoup d'espoir concernant l'avenir de la Princesse Alice, dont le lancement est proche. « Dans une sphère d'action moins large, il me sera permis de signaler la croisière du baron Paul de Sède, sur la Léontine, dans l'Atlantique boréal et dans la Mer du Nord, ainsi que les débuts du professeur Hallez, à bord du Beroè', dans le Pas-de-Calais et dans la Manche. Saluons également ensemble un vétéran du yachting SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 5 zoologique, M. Chevreux, dont le cotre VAclif, jugé insuffisant malgré ses bons services, est aujourd'hui remplacé par une goélette de 50 tonneaux, la Mclita. Sa première campagne, au large de la Péninsule Ibérique, aux Canaries et au Sénégal, a réussi au-delà des espérances, malgré de grandes difficultés matérielles, et vous ne tarderez pas à voir les publications de la Société rem- plies des travaux suscités par les découvertes de M. Chevreux, dont les collections ont été, ici-même, réparties entre nous. « Les voyageurs nos collègues prennent en effet de plus en plus l'habitude excellente de considérer la Société Zoologique comme un centre de distribution de leurs récoltes. Sans formalités, sans lenteurs administratives, chaque spécialiste ayant reçu les objets qui l'intéressent, ne tarde pas à publier le résultat de ses études. Après quoi, les collections déterminées et mises en valeur entrent définitivement dans les établissement publics. « N'est-ce pas ce qui arrive pour les récoltes de l'abbé Culliéret, déposées à la Station Zoologique de Cette, après avoir été examinées par M. Dautzenberg, pour celles de M. Chevreux, dont s'enrichit en grande partie le Musée de Nantes, celles de M. Théodore Barrois, conservées à Lille, sans parler du Muséum de Paris, où sont entrés nombre de types précieux dus aux voyageurs de l'Etat et qui ont été décrits d'abord dans les publications de la Société ? « En dehors du rôle supérieur et d'intérêt général qui consiste à augmenter sans cesse le patrimoine de la Science, j'ai cru devoir insister en dernier lieu, mes chers Collègues, sur ces services d'ordre particulier rendus par notre Association; ce sont de véri- tables services publics qui devront, en même temps que l'équilibre de son budget, être pris en très sérieuse considération, lorsqu'il s'agira pour la Société d'obtenir de l'Etat la reconnaissance d'uti- lité publique. Cette consécration suprême de notre existence par la loi, qui nous donnera une force nouvelle en même temps qu'une stabilité définitive, tel est le but qu'il importe maintenant d'attein- dre. Puisse M, Railliet, auquel je cède enfin la parole, en le priant de me remplacer au fauteuil, nous en rapprocher d'une manière sensible pendant son passage à la présidence ! » M. le professeur A. Railliet, président pour l'année 1801, ])rend place au fauteuil et prononce le discours suivant : « Messieurs, « Mon premier devoir, en prenant possession de ce fauteuil, est de vous remercier de l'honneur que vous m'avez fait en m'appelaut 6 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 à diriger vos réunions. Je vous en suis d'autant plus reconnaissant que mon peu d'assiduité me donnait moins de droits d'y prétendre ; il semble, en efïet, qu'une des qualités essentielles d'un bon pré- sident doive consister en une fréquentation constante des séances, qui le mette à même de connaître dans tous ses détails l'organi- sation de la Société, sa marche, son développement, et, d'une façon générale, tous les éléments propres à en assurer le succès. « Mais vous avez jugé sans doute que mon éloignement est une excuse suffisante, et vous avez compris qu'avec tout le dévouement dont notre sympathique et zélé secrétaire général nous donne chaque jour la preuve, pas n'est besoin d'un président très actif pour conduire la Société dans la bonne voie, pour l'amener à tenir un rang de plus en plus élevé dans le monde scientifique, pour lui permettre, enfin, de récolter cette abondante moisson que chaque année nos Bulletins et nos Mémoires sont chargés d'emmagasiner. « Vous avez voulu encore et surtout conserver l'heureuse tra- dition qui s'est établie parmi vous de choisir tour à tour vos pré- sidents dans les diverses branches de la science que nous cultivons, et qui toutes, ou à peu près toutes, ont parmi vous des représentants autorisés. Et, à ce point de vue spécial, je ne puis que m'applaudir encore d'avoir été l'objet de votre choix. « Certes, je ne puis avoir la prétention de tenir ici la place qu'occupait mon distingué prédécesseur M. de Guerne; je ne puis espérer, en particulier, enrichir nos publications de travaux offrant l'importance de ceux qu'il nous a fournis ; je n'en suis que plus à l'aise pour le louer sans réserves, et je suis certain d'être votre interprète à tous, en lui adressant les plus vifs remerciements, les plus sincères félicitations. « Dans ma modeste sphère, Messieurs, je m'efforcerai pourtant de me rendre aussi utile que possible à la Société. Autant par goût que par les. nécessités de mon enseignement, j'ai été porté à limiter mon champ d'exploration à l'étude des parasites, et je dois avouer que j'y trouve assez d'intérêt, assez de matériaux, assez de sujets de recherches pour n'être point tenté de m'en écarter. « Sans doute, l'étude du parasitisme n'offre plus aujourd'hui les mêmes chances de succès qu'il y a trente ou quarante ans. Le terrain a déjà été battu un peu en tous sens, et les découvertes qu'on peut espérer y faire sont déjà fort restreintes; mais on peut se consoler en songeant qu'il en est ainsi dans bien d'autres branches. Et ce champ ne se peut tellement moissonner Que les derniers venus n'y trouvent à glaner. SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 7 « Aussi bien, ce qui a fiiit un peu reléguer au second plan la parasitoiogie, c'est le bruit mené autour des Microbes. C'est le Microbe qui règne en maître à l'heure actuelle ; grâce à sa ténuité, il s'introduit partout, et quiconque veut obtenir un peu de succès est tenu de sacrifier à ce dieu du jour. Aussi ses adeptes sont-ils nombreux et fervents : voyez les comptes-rendus des Sociétés savantes, parcourez les journaux de médecine, d'hygiène, voire d'agriculture et de botanique, vous n'y verrez partout, en vedette, que les résultats de la culture de tel ou tel Microbe dans des bouil- lons ou sur des plaques de gélatine. Évidemment, il y a là une petite cuisine intéressante, n'oft'rant pas de bien grandes difficultés et n'exigeant pas d'ordinaire l'intervention de facultés transcen- dantes : peu importe, cela suffit souvent pour produire un certain effet sur le public, et c'est ce qu'on cherche avant tout. Ajoutez à cela la mort de quelques malheureux Cobayes ou Lapins, et vous verrez s'élever une réputation de savant à la mode. Dieu me garde de paraître insinuer que tous en sont là : je veux dire seule- ment que le rôle de ces chercheurs est en général beaucoup moins ardu que le nôtre, qu'ils ont tort d'afficher envers les naturalistes le dédain que vous savez, et qu'enfin ce monde des Microbes et des Microbiologistes est un peu bien envahissant 1 « Laissons-les donc à leurs bouillons, et suivons le cours de nos recherches favorites. Pour en revenir aux parasites propre- ment dits, je me bornerai à constater que leur étude nous laisse encore l'espoir de découvertes intéressantes : combien d'entre eux sont encore à trouver ; combien sont peu connus dans leur struc- ture ou dans leur évolution; combien encore dont le mode d'intro- duction dans l'organisme est à peine soupçonné ! Et il ne faut pas oublier que les recherches qui ont pour but d'élucider tous ces points sont pour nous d'un intérêt direct, souvent même immé- diat, puisqu'elles arrivent à garantir l'Homme ou ses principaux serviteurs d'êtres qui leur sont essentiellement nuisibles. Et si ces recherches sont du domaine de la zoologie appliquée, elles appar- tiennent avant tout à la zoologie expérimentale, véritablement expérimentale. « Mais je ne veux point abuser de vos instants en vous entretenant plus longtemps de la science à laquelle je me suis consacré. Laissez-moi seulement vous dire, en terminant, que si je continue à m'occuper de parasites, je m'efforcerai de ne point être moi-môme un parasite de notre Société, et que, dans la mesure de mes faibles moyens, je tâcherai de concourir à son succès. 8 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 « J'ai d'ailleurs une entière confiance clans son avenir, et cette confiance, je la base surtout sur l'étendue du territoire que nous explorons ensemble. Il me paraît impossible de nier, en efiet, qu'un des principaux avautages d'une société largement ouverte comme la nôtre est de permettre à chacun des membres de s'iûitier aux travaux dont ses confrères out fait leur spécialité. Sans aucun doute, il est impossible d'embrasser aujourd'hui l'étude du règne animal tout entier, ou uième d'un seul de ses embranchements : l'esprit le plus vaste ne saurait atteindre ce but. Mais la spécialisation à outrance a bien aussi ses incon- vénients, plus sérieux peut-être que nous n'avons coutume de nous l'avouer à nous-mêmes. Elle offre, en particulier, celui de nous faire négliger trop complètement les groupes qui ne rentrent pas dans notre cadre, de nous cacher par suite les enchaînements qui peuvent exister entre ces groupes, de nous rétrécir, en somme, l'horizon intellectuel, et de nous faire perdre de vue les idées générales. (( On raconte qu'un seigneur napolitain eut quatorze duels pour avoir voulu soutenir la supériorité du Tasse sur l'Arioste. Blessé au quatorzième, il tomba en s'écriant: « Et dire que je n'ai lu ni l'un ni l'autre!» — Il n'est personne parmi nous, je l'espère, qui ait des mœurs aussi belliqueuses que ce Napolitain ; mais je suis convaincu que plus d'un, en faisant son examen de conscience, reconnaîtrait qu'il a souvent défendu telle opinion concernant la valeur d'un groupe, bien qu'il ne possédât sur les types voisins, sur les formes affines, que des notions plus ou moins vagues. Or, la fréquentation d'une Société telle que la nôtre permet certainement d'atténuer, dans une certaine mesure, cette insuffisance presque fatale des connaissances zoolo- giques, et cela par le fait même de la variété des travaux qui s'y produisent, des discussions qui peuvent s'y ouvrir, des démons- trations qu'y donnent les spécialistes. « Favorisons donc autant que possible. Messieurs, cette multi- plicité des travaux dans toutes les branches de la zoologie ; atti- rons à nous tous les travailleurs, dans quelque voie qu'ils tendent à s'engager ; efforçons-nous enfin de rendre nos séances plus intéressantes, pour qu'elles soient plus suivies et plus fruc- tueuses. » M. le Président donne lecture de la lettre suivante, qu'il a reçue de M. le professeur de Quatrefages : SKANCK DU l.'5 JANVIER 1891 9 Paris, 24 déceml)re 18'J0. « Monsieur le Président et cher Collègue, « Je ne saurais vous exprimer combien j'ai été touché en lisant la lettre que vous avez bien voulu m'écrire au nom de la Société Zoologique de France. En rappelant que j'avais été zoologiste avant de devenir anthropologiste, elle réveillait mes souvenirs de jeu- nesse, et me reportait au temps où je parcourais nos côtes, pour étudier les faunes marines. En me faisant l'honneur de me placer sur sa liste de Membres honoraires, la Société m'avait déjà permis de penser que ces vieux travaux n'étaient pas entièrement oubliés, et que les jeunes générations de naturalistes gardaient des sentiments affectueux pour celui qui les avait précédées. Votre lettre m'en apportait un nouveau témoiguage. C'a été pour moi une joie réelle et bien grande, qui s'est ajoutée aux émotions causées par la cordiale manifestation dont j'étais l'objet. Aussi, couserverai-je précieusement cette lettre dans la cassette qui ren- ferme mes plus chers souvenirs. « Veuillez, Monsieur le Président, transmettre à nos collègues l'expression de ma vive gratitude. « Veuillez aussi agréer celle de ma considération bien entière et •ô de mon dévouement. » M. le Président a le vif regret d'annoncer que M. Louis PEirr vient d'être victime d'un accident de chasse : il a reçu un coup do fusil en plein visage. La Société lui adresse ses bien vives condo- léances et fait des vœux pour son prompt rétablissement. M. le Président adresse les plus vives félicitations de la Société à M. le Di' F. JoussEAUME, au([uel l'Académie des sciences vient de décerner le prix Savigny. Dans la dernière séance publique annuelle de l'Académie des sciences, M. J. Bertrand, Secrétaire perpétuel, a donné lecture d'une notice sur la vie et les ouvrages de M. E. Cosson. On n'a pas oublié que M. Cosson était membre de la Société Zoologique de France depuis l'année 1878. M. J. Parmentier, présenté à la dernière séance, est élu membre de la Société. MM. Railliet et R. Blanchard présentent M. Lignières, répétiteur à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine). XVI. - 3 10 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 M. ScHLUMBERGER, ti'ésorier, présente les comptes de l'exercice 1890. Conformémeut à l'article 33 du règlement, l'examen de ces comptes est confié à une Commission de deux membres. MM. Certes et Falrot sont désignés pour faire partie de cette Commission. M. H. PiERsoN, archiviste-bibliolhécaire, présente la liste des publications périodiques reçues en écbange pendant l'année 1880(1): EUROPE FRANCE Paris. La Nature, n»^ 867-8G8, 870-916. Ai^iiales des sciences naturelles, Zoologie. (7), VllI, ao* 2-0; 1X;X, no^l-3. Le Tour du Monde, nos 1512-1563. Sociélé d'acclimatation. Revue des sciences naturelles appliquées (Bulletin men- suel), (4), VII, supplément; VU, n»» 1-3. 5-24. Feuille d?s jeunes naturalistes, n"^ 231-242. Catalogue de bibliothèque, [jarties 7-9. Journal de la conchyliologie, (3), X.\1X, no^ 3-4, 1889 ; XXX, nos 1.2, 1890. Société de Géographie. Cowpte-rendu, n»^ 15-17, 18S9; n"^ 1-15, 1890. Bulletin, (7), X, n" 4, 1889; XI, no- 1-2, 1890. Société de Géographie commerciale. Bulletin, XII, n» 1-5, 1890. Académie des Sciences. Comptes-rendus, table du tome CIX; CX et table; CXI, moins la table. Société Géologique de France. Bulletin, (3), XVI, n» 11, 1888; XVIII, n^"^ 18, 1890. Société Pliilomalique. Bulletin, (8), I, nos 3.4^ igyQ ; n, nos 1.3^ i890. Compte-rendu sommaire des séances, 1890. Journal de micrographie, XIII, u»" 17-19, 1889 ; XIV, n»*^ 3.5, 8, 10, 1890. Sociélé d'Anthropologie. Bulletin, (3), XII, no 4, 1889 ; (4), I, n»^ 1-2, 1890. Mémoires, (2), IV, no 2, 1883. Institut national agronomique. Revue scientifique. 1" semestre 1890; 2' semestre 1890. (1) Avis IMPORTANT. — Lcs Sociétés ou Académies avec lesquelles la Société Zoologique de France est en i-elalion d'échanges sont priées de considérer l'insertion sur la présente liste comme un accusé de réception et de bien vouloir envoyer les numéros qui, n'ayant pt;s été reçus, ne figurent pas sur cette liste. SKANCE DU 13 JANVIER 1891 11 Aix. Amiens. Angers. A u.xeri'e Béziers. Bordeaux. Caen. Cliàlon-s;ir-S;iône. La Rochelle. Lille. Lyon. Marseille. Montpellier, Nantes. Nice. Nîmes. Rouen. Semur. Toulouse. Revue des traraux scienLifiques, IX, n" G-12, 1889; X, n"- 1-2 1890. Le Naturaliste, (2), n»» G8-73, 77-79, 81-91, 1890. liullelin scientififiue de la France et de la Belgique, X.XI; XXII, no t. Académie des sciences. Mémoires, XIX. s:ance publique, 1888, 1889. Société linnéeune du Nord de la France. Mémoires, VII. Bulletin, IX, no-^ 199-210, 1889. Société dï'tudcs scienlifiiiuts. Bîtlletin, (■1),K\IU,X\X. Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne. XLIII, '2*' semestre 1889 ; XLIV, 1'^ semestre 1890. Société des sciences naturelles. Société d'anthropologie de Bordeaux et du sud-ouest. Société linnéenne. Actes, (o), II, 1888. Société linéenne de Normandie. Bulletin, (4), III, 1888-1889; IV, n»^ 1-2, 1890. Société des Sciences naturelles de Saùne-et-Loire, Mémoires, 111, n» 4; Vil, n" 2. Académie des belles-lettres, sciences et aris. Annales, XXV \, 1888. Société géologique. Société linnéenne. Annales, XXXV, 1888. Muséum d'histoire naturelle. Société scientifique industrielle. JS«//e{m, XVII, 2'-4nrimestres 1889; XVIII, l"-2nrim. 1890. Académie des sciences et lettres. Société académique. Annales, (0), X, n» 2, 1888; (7), I, 1889. Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes. Société d'études des sciences naturelles. Bulletin, XVII, n» 4, 1889. Société des Amis des sciences naturelles. Société des sciences historiques et naturelles. Bulletin, (2), n» 4, 1889. Académie des sciences. Mémoires (9), I, 1889. ALLEMAGNE Berlin. Brème. Akademie der Wissenschaften. Silzunrjsherichte, n°' 1-40, 1890. Gesellschaft naturforschender Freunde. Sitzungsberichte, 1889. Naturforschende Gesellschaft. Abhanlunfjen, XI, i\o' 1-2, 1890. 12 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 Dresde. Erlangen. Francfort-s.-le-Mein Freiburg i Br. Giessen. Halle. Hambourg. Heidelberg. léna. Leipzig. Munich. Schwanheira a. M. Stulfgarl. Wiesbaden. Naturforschende Gesellschaft « Isis » Biologisches Centralblatt, IX-X. Physikaliscb-niedicinische Societa-t. 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Orvos-terDK'.-izettudomânyi értesilô, XI, n°'{, 1S89; XII, n»^ l-:{, 18'.)(>. Leutscliau. Ungarisclier Karpallien-Verein. Prague. K. hôhniische (icsellscliafl der Wissenscliaften. SUzungaherichlc, 1889-1890. Trieslc. Museo civico di sloria naturale Atti, VIII, 1890. Società adriatira di scienze natiirali. nollellino, XII, 1890. Vienne. K. k. Alvademie der Wissenscliaften. Sitz-ungsberichte der math.-nat. Classe, XCVII, no^6-10, 1888; XCVIII, no= 1-3, 1889. K. k. /.ooIogiscli-l)otanische Gesellschaft. Verhandlungen, XXXIX, n»^ 3-4, 1889; XL, n"^ 1-2, 1893. K. k. naturliistorisches Hofmuseum, Annalen, IV, n» 4; V, n''^ 1-3. Omis. BELGIQUE. Bruxelles. Académie royale des sciences de Belgique. Bulleti)i,{:i), XWUl,n'>i2,i8S9;XlX, no^l-6; XX, n»* 7-10. 1890. Annuaire, 1890. Société entomologique de Belgique. Annales, XXXII, 1888 ; XXXIII, 1889. Société malacologique de Belgique, Annales, XXXIII-, 1888. Procès-verbal, n»'l-l2, 1888 ; n°' 1-9, 1889. Musée royal d'histoire naturelle. 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Raleigh, N. C. Saint-Louis Miss. Salem, Mass. San Diego, Calif. San Francisco. Springfield, 111. Trenton N. Y. Washington. Bulletin ofthescientific laboratories ofDenison UniversUy,V. Hamline University. Meriden Scientific Association. Public Muséum of the City of Milwaukee. The geological and natural history Survey of Minnesota. Minnesota Academy of natural science. Bulletin, III, n" 1. New-York Academy of sciences. Annals, IV, n» 12; V, n»^ 1-3. Transactions, VIII, n-^ 5-8, 1888-1889; IX, n"^ 1-2. American Muséum of Natural History. Annual Report, 1889-1890. Bulletin, II, n" 4; III, n° 1. New-York Microscopical Society. Academy of natural sciences. Proceedings, n°^ 2-3, 1889. American Naturalist, XXIII, n»^ 9-12, 1889; XXIV, 1890. The Journal of comparative medicine and surgery, XI, n'>^2-8, 10-11. Zoological Society. 17"! anmial Report of the Board of Directors, 1888. American Philosophical Society. Transactions, XXI, n» 3. Proceedings, XXVII, n" 131 ; XXVIII, n"- 132-133. Wagner Free Institute of sciences. Transactions, II-III. Portland Society of natural history. Journal, I, n» 1, 18G4. Proceedings, I, n» 1, 1862; 10-11, 13-lG"i regular meetings, 1880-1881; 1-4, 8-11^ regular meetings, 1881-1882; 9ti> regular meeting, 1888-1889. N. Cliiïord Brown, A catalogue of the Birds known ta occur in the vicinity of Portland, Me. Proceedings, 4 déc. 1882. The Portland catalogue of Maine-plants, in-8» de 12 p., 1868. Elisha Mitchell scientific Society. Academy of sciences. American Association for the advancement of sciences. Society of natural history. The West american scientist, VIII, n"^ oO-Sl, 54. California Academy of sciences. Proceedings, II. Natural history Survey of Illinois. State Laboratory of natural history. S. A. Forbes, The Ornithology of Illinois, vol. I, in-4o de 520 p. et 32pl., 1889. The Trenton natural history Society. Smithsonian Institution. Proceedings, XII, n» 782; Xlll, n"^ 794, 799, 801, 802, 807- 810, 812-816, 818-820. SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 19 American Monihly Microscopical Journal. X. n"^ 10-12, 1889; XI, n- 1-10, 1890. U. S. Geological Survey. Bulletin, u'' 'iS-îJT. 8"! Annual Report, part 1-2, 188G-1887. Monographs, XIIl, XIV, XV (paris 1 and 2), XVI. U. S. Commission Fish of and Fisheries. U. S. National Muséum. Bulletin, n"^ 33-37, 1889. Proceedings, X-XII, 1887-1889; XIII. n»^ 790-802, 806-SlG, 818. U. S. Department of agriculture. Ornitiiology and mammalogy Bulletin, n»= 1, 1889. North American Fauna, n"' 1-4, 1889. Mexico. Orizaba. MEXIQUE Sociedad mexicana de historia natural. La Naturaleza, (2), I, n»^ 6-8, 1889. Sociedad cientifica « Antonio Alzate. » Memorias, II, n» 12, 1889; III, n»^ 1-8, 1890. Sociedad Sanchez Oropesa. Boletin, III, no= IMG, 1889; IV, n»^ 1-G, 1890, RÉPUBLIQUE ARGENTINE Ruenos-Aires. Muséo publico. Anales, III, n» G, 1889. Cdrdoba. Academia nacional de ciencias. Boletin, X, n" 3, 1889. La Plata. Museo de la Fia ta. OCEANIE Adélaïde. Brisbane. Melbourne. Sydney. AUSTRALIE Royal Society of South Australia. Royal Society of Queensland. Royal Society of Victorfa. ■ Prodromus of tlie zoology of Victoria, décade XIX. The Australian Muséum. Linnean Society of New South-Wales. Proceedings, III, n»^ 2-4, 1888; IV, n" 1, 1889. Liste des membres pour 1889. Royal Society of New South- Wales. Journal and Proceedings, XXIII, n° 1, 1889. General Catalogue, n°l. Batavia. JAVA Natuurkundig Tijdschrift roor Nederlandsch-Indië, (8), X (xLi), 1890. 20 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 MANIFESTATIONS DERISIIQUES DE LA GOUTTE CHEZ UNE PERRUCHE, par le D^ Raphaël BLANCHARD, Professeur-agrégé à la Faculté de médecine. Secrétaire général de la Société. La Perruche fConiirus undulalun) que représente le dessin ci-contre a vécu plusieurs années dans une famille habitant les environs de Paris. Elle semblait être bien portante et n'avait jusqu'alors rien présenté d'anormal, quand un jour ses plumes commencèrent à tomber. Dans l'espace de quelques mois, elle se dé- pluma complètement et continua de vivre en cet état. Des plumes nouvelles ne se formèrent point; il s'agissait donc, non d'une mue normale, mais d'une chute des plumes recon- naissant une cause patho- logique. L'animal vint à mourir le 15 septembre 1890, en- viron deux ans après le début de son « alopécie ». Il fut remis aussitôt à M. J. Richard, qui l'avait ré- clamé en prévision de cet événement et qui voulut bien m'en confier l'étude. En examinant l'Oiseau avec attention, on constate qu'il ne porte plus que deux plumes, situées tou- tes deux du côté droit. L'une d'elles siège au bord postérieur du bras et n'est Coiiiinis undulatit! SKANCE DU i'-i JANVIKR 18!) I M autre chose qu'une rémige scapulaire. L'autre plume s'insère sur le flanc. On remarque en outre à la surface du corps un assez grand nombre de nodules blanchâtres, qui soulèvent la peau, à l'in- térieur de laquelle ils se trouvent déposés. Ces nodules sont plus abondants à droite qu'à gauche; ils occupent la surface de la cuisse, du dos, del'avant-bras, du bréchet, la partie supérieuredela jambe, le croupion, etc. La tète, le cou, la plus grande partie de la jambe, les tarses et les pattes eu sont totalement dépourvus. Les articu- lations ont partout leur aspect normal et jouent aisément, même après un séjour de plusieurs mois dans l'alcool. A première vue, les nodules intra-cutanés dont il vient d'être question ressemblent beaucoup aux concrétions pisiformes qui se déposent dans la peau des goutteux : comme il arrive fréquemment dans l'espèce humaine, ils se sont formés d'une façon progressive et indolente et on sait d'ailleurs que les Perroquets longtemps maintenus en captivité sont assez fréquemment atteints de la goutte. L'examen microscopique confirme cette prévision. Les nodules sont constitués par des cristaux d'urate de soude, avec lesquels on obtient aisément la réaction de la murexide et qui sont d'ailleurs déjà reconnaissables sous le microscope. Ces cristaux se sont accumulés dans les couches profondes du derme ou même dans le tissu conjonctif sous-dermique : ils y forment des amas dont la grosseur peut presque atteindre la taille d'un grain de Chènevis et se montrent entourés d'une sorte de membrane kystique. Cette membrane résulte en réalité du refoulement et du tassement des fibres du tissu conjonctif autour du dépôt cristallin. La chute des plumes n'est qu'une conséquence de l'invasion du derme par les dépôts tophacés : dans des cas identiques, on voit de même les poils tomber chez l'Homme et la peau devenir glabre et luisante. La Perruche qui fait l'objet de cette note est déposée dans les collections du Musée Dupuytren. 22 SÉANCE DU Ki JANVIER 1891 EVACUATION DE NOYAUX CELLULAIRES SIMULANT UNE HELMINTHIASE ET UNE COCCIDIOSE, par le D' Raphaël BLANCHARD. J'ai rapporté d'Adelsberg un Protée vivant, chez lequel je me proposais de rechercher des helminthes : Rudolphi signale chez ce Batracien VHedruris androphora Nilzsch et un Nématode insuffi- samment connu, qu'il désigne sous le nom de Nematoideum Protei anguinei. Avant de procéder à son exécution, je surveillais avec soin mon pensionnaire, afin de recueillir ses déjections et d'y rechercher une indication précise sur la présence ou l'absence de parasites intestinaux. Cet examen ne put être pratiqué qu'au bout d'une dizaine de jours. Les matières fécales renfermaient quelques gros Infusoires ayant l'aspect d'Opalines et un nombre immense de corpuscules elliptiques. Ceux-ci avaient une coque mince, auhiste et colorée en jaune uniforme ; ils mesuraient 16 à 2o u. de long sur 14 à 21 [t. de large. Ils renfermaient une substance protoplasmique homogène, claire et très légèrement granuleuse, dans laquelle se voyait un noyau arrondi, excentrique, très réfringent, large de 2 [a. Dans un petit nombre de ces corpuscules, le protoplasma était condensé, rétracté et séparé de la membrane d'enveloppe; quelques-uns aussi présentaient deux noyaux. Je crus d'abord avoir affaire à des œufs de Nématode, et la mort du Protée fut décidée,puis la sentence promptement exécutée. Je ne trouverais sans doute pas dans son intestin l'Hedruris androphora, dont les œufs renferment déjà un embryon au moment de la ponte, mai^ j'allais probablement rencontrer le Nematoideum indiqué par Rudolphi, peut-être même un nouvel helminthe. Cette prévision ne se réalisa point. J'examinai d'un bout à l'autre le tube digestif avec le plus grand soin, sans y trouver aucun Ver ; l'examen du foie et des poumons fut également sans résultat. Et pourtant le microscope décelait, depuis l'estomac jusqu'au cloaque, la présence de myriades de corpuscules identiques à ceux que ren- fermaient les déjections. Le doute n'était plus possible : je revins à une pensée qui s'était déjà présentée à mon esprit, mais à laquelle je ne m'étais pas arrêté. Puisque ces corpuscules n'étaient pas des œufs de Nématode, ce ne pouvaient être que des Coccidies enkystées, dont la division en spores devait se faire après leur évacuation au dehors. SÉAiNCE DU 13 JANVIER 1891 23 Je coupai alors le tube digestif par tronçons, que je fis macérer dans l'alcool au tiers. Le lendemain, les cellules épithéliales se détachaient avec la plus grande facilité et j'obtenais de belles préparations qui me donnaient enfin l'explication du mystère. Les cellules épithéliales de l'estomac et de l'intestin sont de très grande taille et renferment un noyau elliptique ou subsphérique. Celui-ci est entouré d'une membrane d'enveloppe bien nette, présente un ou deux nucléoles arrondis et a des dimensions iden- tiques à celles de nos corpuscules ; comme eux encore, il se colore facilement par le carmin. De Coccidies, pas trace. 11 était donc évident que corpuscules et noyaux cellulaires étaient une seule et même chose. Les glandes, dont l'existence était niée par Leydig, sont rares le long du tube digestif du Protée (1) : c'est donc l'épithélium qui doit produire le mucus abondant qui lubrifie l'intestin. Cette production de mucus n'est pas réservée aux seules cellules caliciformes; les autres cellules épithéliales y participent également d'une façon active, se gorgent de sucs, éclatent et se désagrègent rapidement. Le noyau, protégé par sa coque résistante, se débarrasse bientôt des détritus protoplasmiques qui se voient encore autour de lui au moment de sa mise en liberté ; son enve- loppe se colore en jaune au contact de la bile et il chemine ainsi le long de l'intestin, ressemblant à un œuf de Nématode ou à une Coc- cidie enkystée,jusqu'àcequeles matières fécales l'incorporent à leur masse et le rejettent au dehors. ERREUR DES SENS CHEZ UN LÉPIDOPTÈRE, par le D' Raphaël BLANCHARD. L'histoire grecque parle d'un peintre qui peignait les raisins avec une telle perfection que les Oiseaux s'y trompaient et s'appro- chaient de ses toiles pour les becqueter. J'ai été témoin d'un fait analogue. Le 9 septembre dernier, je me trouvais à Adelsberg ; vers huit heures et demie du matin, le temps était couvert, le soleil caché et la chambre qui venait de m'ôtre (1) Alb. Oppel, Beiiràge ziir Anatomie des Pioleus anguineus. Archiv i. niilu' Anat., XXXIV, p. 511,1890. 24 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 désignée à l'hôtel était assez sombre au moment où j'y entrai, bien que les volets et les rideaux en fussent grand ouverts. Trompé par cette apparence de crépuscule, un Sphynx voletait dans la chambre : il examinait successivement chacune des fleurs, coloriées en bleu, en violet, en jaune et eu rouge sombre, qui com- posaient la corbeille peinte au centre du plafond : il tenait la trompeen avant, comme s'il se fût agi de fleurs réelles. Désappointé de son insuccès, il abandonna le plafond pour explorer l'une après l'autre un grand nombre de fleurs, pourtant grossièrement figurées et d'une teinte gris jaunâtre peu éclatante, qui se trouvaient peintes sur la muraille. 11 revint ensuite au plafond, mais n'y visita que quelques fleurs, comme pour s'assurer s'il ne s'était pas trompé la première fois, puis retourna au mur. Après quelques nouvelles visites infructueuses aux fleurs de ce dernier, il gagna les tentures de la fenêtre et y disparut. Pendant qu'il explorait le plafond et les parois de ma chambre, j'étais surpris de voir avec quelle précision et quelle persistance il évitait tout ce qui représentait le feuillage, pour n'explorer que les Heurs seules. On trouverait dans les ouvrages de sir John Lubbock et de Grant Allen des observations démontrant, comme celle-ci, que l'Insecte se laisse aisément induire en erreur par ses sens. En outre de ce premier point, qui est déjà bien établi, l'observation précédente nous semble impliquer une seconde conclusion : Gh. Darwin (1) et la plupart des auteurs qui ont étudié la fécon- dation des fleurs par les Insectes s'accordent à déclarer que les fleurs crépusculaires, peu visibles en raison de l'heure à laquelle elles s'épanouissent, attirent les Insectes en émettant des odeurs pénétrantes : cela revient à dire que l'Insecte crépusculaire est guidé vers les fleurs bien plus par l'odorat que par la vue. L'exemple ci-dessus, où l'odorat ne joue évidemment aucun rôle, montre que l'Insecte, tout au moins que le Splujiix se laisse guider aussi d'une façon très notable par le -sens de la vue. Les couleurs dont étaient peintes les fleurs du plafond et de la muraille sont peu visibles et tournent au noir dans une demi-obscurité : le Papillon, croyons- nous, ne reconnaît donc pas tant la couleur que la forme des fleurs. (Ij Cii. Darwin, Des effets de la fécondation croisée et de la fécondalion directe dans le règne végétal. Paris, 1877. Voir p. 381-382. SKANCE DU 13 JANVIER 18Î)1 25 UN CAS DE MYASE PAR F.A ^ÀRCOPHAGA MÀGNIFIC.i EN ROUMANIE, par le D' Raphaël BLANCHARD. Au mois de juillet 1887, le D'' Poppescu, médeciu eu chef du département de Muscel (Fioumanie), fut appelé auprès d'une lillette de douze ans, habitant Cami)ulung et fille d'un ouvrier italien ({ui travaillait dans une briqueterie de cette ville. L'enfant souffrait d'une otite purulente. Cette affection était due à la présence de parasites dans le con- duit auditif externe : en elîet, le D"^" Poppescu put extraire de ce conduit neuf larves vivantes de Diptère, dont sept furent conservées dans l'alcool et me furent adressées par l'entremise oblij^eante de M. J.-G. Nanu, étudiant en médecine. En comparant ces larves avec les dessins que Portchinsky (1) a donnés de celles de la Sairophac/a magnifica Schiuer (!2), je reconnus aisément que j'avais affaire à cette même espèce. Les belles observations de Portchinsky ont fait connaître la biologie, les mœurs et les métamorphoses de l'Insecte, ainsi qu'un grand nombre de cas de myase occasionnés par lui : il en ressort notamment que ce Diptère est très fréquent dans le gouvernement de Mohilev, où il s'attaque indifféremment aux animaux et à l'Homme. M. P. Mégnin a démontré, d'autre part, en élevant des larves recueillies sur les animaux, que cette Mouche n'est pas très rare en France et dans l'Europe occidentale. On commence donc à posséder des notions assez précises sur la distribution géographique de l'Insecte. L'observation qui précède méritait néanmoins d'être rapportée, puisqu'elle démontre l'exis- (1) I. IIop'iHHCKiii, MaTepia.ibi j\jin ecTccTBeHHoiî ucTopiii Myxi, n :iuMiiHOKi> iixT). MaTepiaJiLi h MSc.TfeAOBaHiH pyccKaro 9nTOMo.io- rwiccKaro OoiuecxBa B7. G.-ncTcpôyprf>, IX. p. 1-180, 1874-187o. Voir p). I-III. La portion de ce mémoire comprise entre les pages Ho-iol se trouve intégra- lement traduite sous le titre : Krankheiten, ivelche im Mohilew'scken Gouverne- inenl von deti Larcen der Sareophiia Wolilfalirti entstelien, und deren Biologie, in Horae Societatis entomologicae rossicae, XI, p. 123-102, pi. IIl-V, 1875. (2) M. le professeur Laboulbène {Observations de myasis due h la Sar-cophaga ma^nilica Schiner, avec réflexions. Annales de la Soc. entomol. de Fi-ance, 25 juillet 1883) a démontre que le Diptère étudié par Portchinsky et décrit par lui sous le nom tie Sarcophaga Wolilfalirti, n'était autre (jue la Sarcophaga magnifica Schiner. XV J. — 4 20 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 tence de la Sarcophaga magnifica en Roumanie, c'est-à-dire dans une région géographiquement assez distincte (1) et où, jusqu'à ce jour, elle n'avait pas encore été rencontrée. Quant aux accidents causés sur l'Homme par les larves de ce Diptère, nous les avons déjà décrits ailleurs (2) : il nous semble donc inutile de nous y arrêter ici. Sni LE PRÉTENDU MONOSTOMÀ SF.TTENl NUiMAN, par R. BLANCHARD et A. RAILLIET. Numan a décrit sous ce nom (3) un animal que van Setten, vété- rinaire à Onderdeudam, province de Groningue, avait trouvé dans la chambre antérieure de l'œil d'un Cheval et avait extrait en inci- sant la cornée. Ce parasite était long de 14 millimètres (13 lignes néerlandaises), large de 2 millimètres (2 lignes) et formé de plu- sieurs anneaux. Numan le décrit comme possédant une ventouse à son extrémité antérieure; celle-ci est obtuse et notablement plus épaisse que l'autre extrémité. On remarque sur le troisième anneau une sorte de bourrelet auquel aboutit le tube génital : en le piquant avec une aiguille, il en sort un liquide au sein duquel le microscope décèle la présence d'un grand nombre d'œufs. Ceux-ci ont une longueur de -[^-^^^ et une largeur de rr-rrv à ^r-r^ de pouce anglais. ° 20 000 io 000 ^ ^ Les dimensions qu'il indique pour les œufs équivalent à 1 y. 69 pour la longueur et oscillent entre 1 [j. 20 et 1 [j. pour la largeur : il est donc évident qu'il a eu affaire à tout autre chose qu'à des ovules, puisque l'œuf d'aucun animal n'a d'aussi faibles dimen- sions. (1) Mohilev se trouve situé a|i|ii'uxiuuU,ivruuMit [lar ."l'i" lat. N. et 30° liuig. E, Campulung par & 20' lat. 0'. et 25" long. E. (2) Traité de Zoologie médicale, II, p. 510, 1890. (3) A. Numan, Over Wormen, voorhomende in de oogen van souimige dieren en den Mensch, vergezeld van eene waarneniing omirent een, toi dus ver niel beschreven, \Vor)n, vericijderd uit het oog van een Paard door de opening van het hornvlies. ïijdschrift voor iialuurl. geschiedenis en physiologie, VII, p. 358, pl.X, 1840. — Voir aussi A. Numan, Mémoire sur les entozoaires de l'œil chez l'tlomme elles animaux, traduit du hollandais par S. Verheyen, .lournal vétér. et agrie. de Belgique, I, p. 57-77, 1842, avec une planche. Voir p. 72-77. SÉANCE DU J."{ JANVIER 1891 27 Diesiiii;" doutait déjà de l'exactitude de l'observation ([ui précède : il refuse d'accepter ce parasite comme un vrai MouosLoine et le transporte dans le genre Pentusloma, où il le classe parmi les espèces insuffisamment connues (1). Plus tard, il le rapporte au Pentasloma taenioules (2,). Vers la même époque, Leuckart (3) rejette au contraire ce parasite hors du genre PenUtstoina, à cause de sa taille, de son siège intra- (XMilaire et de la présence d'œufs à son intérieur; il reconnaît d'ailleurs que la descrij)tion et les dessins de Numan sont trop incorrects pour [)ermettre de déterminer exactement la nature du parasite. Nous croyons pourtant être arrivés à une détermination précise de ce parasite. 11 suffît, en effet, de prendre connaissance de la planche qui accompagne le mémoire de Numan pour s'assurer que cet auteur s'est totalement mépris sur la véritable nature du para- site en question. Celui-ci, en effet, n'est ui un Monostome, ni un Trématode, ni une Linguatule, mais simplement une larve d'iJEstride. Numan confond Textrémité postérieure avec l'anté- rieure : il est ainsi conduit à décrire comme une ventouse, percée en son milieu d'un orifice buccal, ce qui n'est autre chose que la surface anale entourée des arcs stigmatiques. A quel OEstride doit-on rajjpoiter cette larve ? Probablement à un Hypoderme. Les Diptères de ce genre s'attaquent assez fréquem- ment au Cheval : Vallisneri, puis Chevalier, Clark, Hertv^àg, Loiset, N. Joly et bien d'autres en ont signalé des exemples. Les auteurs sont d'ailleurs en désaccord sur l'espèce à laquelle il convient de rapporter l'Insecte qui donne naissance à ces larves. Joly i/t) les rapporte à l'espèce nominale Hypoderma Luiscti, 1846, (1) C, M, DiEsiNG, Sy^lema helminthuin. Vindobonae, 1850. Voii- I, p. 616. (2) DiEsiNG, Recisioii der Cephalocotyken. Ablheilung : ParamecocoLyleen. Sitzungsber. der Akad. der Wiss. in Wien, inatli.-nat. Classe, XLVIII, p. 200, 186:i. Voir p. 327. {'.)) R. Leuckart, Bafi und Entiricklungsgeschichte der Pentastoinen. Leipzig, in-4o, 1860. Voir p. 150, en note. (4) N. Joly, Recherches anatoviiques, physiologiques et médicales sur les Œstrides en général etparticulièrenient sur les Œstres qui attaquent l'Honnue, le Cheval, le Bœuf et le Mouton. Annales des sciences pliysiques de la Soc. d'agri- culture de Lyon, IV, p. 157, 1846. — Du même, Recherches zoologiques, anatoini- ques, physiologiques, etc. Toulouse, in-4», 1846. — Du même, Recherches sur les Œstrides en général. Comptes-rendus de l'Acad. des se, XXIII, p. 510, 1846. — Du même, A^oie sur une larve d'ŒsIride qui rit sous la peau du Cheval. Ibidem, XXIX,. p. 86, 1849. 28 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 et H. equi, 1849; Brauer (1) croit plutôt devoir les rapporter à //. Silenus, qui a la réputation de s'attaquer à l'Ane et qui pourrait également s'attaquer au Cheval. Enfin, Mégnin (2) revient à l'opi- nion des anciens auteurs et n'y voit qu'une larve de l'H. bovis, larve égarée et par suite ne subissant qu'une évolution incomplète, qui s'arrête au deuxième stade. D'après les échantillons que nous avons examinés, nous sommes assez disposés à nous rattacher à cette dernière manière de voir. Quoi qu'il en soit, il est certain que l'observation de Numan se rapporte à un simple cas de myase et que, par conséquent, le Monos- toma Settnii Numan et le Pentastoma Setteni Diesing doivent être rayés des listes helminthologiques. CAS DE FISSIPARITÉ CHEZ UN ALCYONAIRE, par le D^ Th. STUDER, Professeur à l'Université de Berne. Les derniers travaux sur la propagation asexuelledesAlcyonaires semblent démontrer que cette dernière se fait par un simple bour- geonnement indirect : les nouveaux individus ne prendraient nais- sance que sur des stolons ou sur le système vasculaire du cœnen- chyme d'un polypier (3). V. Koch avait formulé ce fait dans une thèse ainsi conçue : La propagation asexuelle des Alcyonaires ne se fait jamais par fissipa- rité, ni par un bourgeonnement direct, mais toujours d'une manière indirecte par des stolons ou des formations homologues à ces der- niers. J'étais arrivé de mon côté à ce même résultat à la suite de nombreuses observations (4). L'examen de la riche collection d'Alcyonaires recueillis par S. A. S. (1) Fr. Brauer, Monographie der Œstriden. Beilage zu den Verhandl. derk. li. zool. bot. Ces. in Wien, XIII, im.i. Wien, in-So de 290 p. et 10 pi,, 18(;3. Voir page 137. (2) Mkgnin, Les parasites et les maladies panisitaires [Insectes,, Arachnides, Crustacés). Paris, 1880. Voir page 39. (3) V. Koch, Anatomie der Clavnlaria proliféra. Morphol. Jahrbucli, Vif, p. 483. (4) Th. Studkr, System der Alcyonarien. Arciiiv fur Naturgescli., 53. Jalirg., I, p. 3. SÉANCE DU 13 JANVIER 18t)l 2.\) le Priuce Albert de Mouaco, peudaiit les caiiipagnes do sou yacht V Hirondelle, Gsi pourtant veuu me moutrerque VnxiomenuUa reijula sine exceptione, est également vrai pour les Alcyonaires. Ku eltet, j'ai pu observer un cas de fissiparité chez un Alcyonaire dragué au fond du canal entre Pico et Fayal, dans rarchii)el des Açores. C'est un Alcyouaire mou, appartenant à la famille des Alcyonidac, plus spécialement au genre Gcrseuiia Marenzeller. Le polypier est formé d'une tige qui, fixée par une base membra- neuse sur des pierres du fond, s'élève à une hauteur de 25""", avec une épaisseur de 51""^. Dans le premier quart de la hauteur, elle est stérile ou dépourvue de polypes et fortement sillonnée longitudina- lement; plus haut, elle produit sur tous les côtés des polypes, longs de 6™"", cylindriques et terminés par un rendement où les tenta- cules, plies en dedans, forment avec leurs bases une étoile à huit lobes. Ou voit, chez quelques-uns, de petits bourgeons à la base du corps, ainsi qu'au commencement delà région polypifère de la tige. La tige elle-même se termine par un polype beaucoup plus gros que les autres. Le cœnenchyme tout entier et les polypes sont couverts de spi- cules épineux et claviformes dont les pointes font saillie à la surface du derme et lui donnent, déjà sous la loupe, un aspect épineux ou au moins verruqueux. Ce qui frappe le plus dans ce polypier, c'est la différence entre les polypes latéraux et le polype terminal. Les premiers sont cylindri- ques et ont une épaisseur de l°i™8 à 2'iim;ie dernier est épais de 3mm et paraît aplati de deux côtés, surtout vers l'extrémité. Le dis- que oral est allongé dans le même sens et entouré de seize tentacules au lieu de huit. Les deux côtés aplatis sont partagés par un sillon longitudinal qui va en se creusant de la base du polype vers le bord tentaculaire ; il entaille celui-ci et le divise ainsi en deux parties égales, dont chacune porte exactement huit tentacules. Malheureusement l'exemplaire est unique, et je n'ai pas osé pousser plus loin mon examen, de peur de détériorer l'objet. Il eiU pourtant été intéressant de voir, par des sections transversales, quel rôle joue la cavité cœlentérique. D'après cet examen superficiel, il me paraît hors de doute que le polype monstrueux n'est qu'un individu en train de se propager par fissiparité longitudinale. L'allongement dans le sens tranversal, la duplicité des tentacules, le sillon longitudinal qui entaille la paroi du polype sont des faits normaux et bien connus qui s'observent au cours de la fissiparité chez les Madré|)()raires, surtout chez quelques Astrœides des genres Mussa, SymplujUia et tant d'autres. Je n'hésite 30 SÉANCE DU 13 JANVIER 1891 donc pas à voir dans mon cas un exemple de propagation fissipare, assez exceptionnelle chez les Alcyonaires pour qu'il soit intéressant de le signaler. J'espère pouvoir donner plus de détails, ainsi que des figures, dans le travail que je prépare sur les Alcyonaires recueillis pendant les campagnes de l'Hirondelle. OUVRAGES REÇUS LE 13 JANVIER 1891 Ilri'oii-Royfi', Quelques mots sur les mœurs de /'Hyla versicolur Daudiii et sur r accouple ment des Batraciens anoures. Bulletin delà Soc. Zool. de France, W. p. 20;i, 1890. J. (i. de ÎSIan, Carcinological stndies in the Leyden Mtiseum, n» iJ. Notes from the Leydeu Muséum, Xlll, ji. 1, 1891. OFFERT PAR M. R. BLANCHARD : Mi)tislerto di açjricoltura, mdustria e commercio. Annuli di agricollnra, IS'JO. Atti délia Commissione consultutivaper la Filloss€ra,sessione del maggio tSOO. Roma, iu-S" de 450 \>. avec 1 pi., 1890. SOMMAIRE DES xMEMOIRES, TOME III, FASCICULE 4 {Ce fascicule a été publié le r janvier 189 1) Raphaël Blanchard, Sur une remarquable dermatose causée chez le Lézard vert par un Champignon du genre Selenosporium, p. 241. A. Suchetet, Les Oiseaux hybrides rencontrés à l'état sauvage : l" partie, Les Gallinacés, p. 236. .1. Jullien, Observations sur la Cristatella mucedo G. Cuvier, j). ;}(jl. S. -A. l'oppe et Jules Richard, Description du Sclimackeria Forhesi, /(. gcn. et sp., Calanide nouveau recueilli par M. Schmacher dans les eaux douces des environs de Shanghai, p. 396. 31 Séance du 27 Janvier 1891 PHÉSIDENCE DE M. PII. DAUTZENBERG, VICE-1'RÉSIDENT M. Petrescu, chargé d'une mission du gouvernement roumain, et MM. Bavay, Janet, Labbé et Rabé assistent à la séance. M. J. DE GuERNE communique l'extrait d'une lettre adressée par M. iVÎ. Agassiz à M. Alph. Milne-Edwards et que celui-ci a fait Connaître à la Société de Géographie, le 9 janvier 1891 : Camhridge, Mass., 24 novembre 1890. — « Le Gouvernement a mis à ma disposition le vapeur Albatros, de la Commission des Pêches, pour faire des dragages d'Acapulco aux Gallapagos et, de là, à Panama. Je dois partir vers le milieu de janvier et je suis naturellement fort anxieux de voir ce que cette expédition me rapportera. Comme vous le savez, Y Albatros est outillé de la manière la plus complète, et je trouverai à bord tout ce que l'expérience de mes prédécesseurs et celle du Blakc ont pu suggérer. C'est la première fois que je pars pour une expédition dans des circons- tances aussi favorables, et j'espère bien que les résultats seront en rapport avec la préparation. « L'Albatros est un grand vaisseau de 1200 tonneaux, commandé par le môme capitaine qui en a eu la direction depuis la première croisière du vaisseau. L'équipage s'entend parfaitement à tous les détails des machines de dragage, de sorte que je ne perdrai pas de temps à leur apprendre leur besogne. Je compte faire l'essai de l'appareil employé par le Vittor Pisani \)Oui' atteindre les animaux des couches intermédiaires et j'espère déterminer une fois pour toutes la limite de la faune de la surface et des différentes couches de profondeur. Naturellement, le principal intérêt de l'expédition se porte sur l'étude de la faune des grandes profondeurs des deux côtés de l'isthme de Panama, et j'espère retrouver, sinon peut-être de vieilles connaissances, au moins une faune qui se rapproche de celle que les dragages du Blake nous ont fait connaître dans le Golfe du Mexique et dans la mer des Caraïbes » M, le Président exprime les félicitations de la Société à M. le professeur Catois, récemment nommé OITicier d'Académie. M. le Président de l'Académie des Sciences de Belgique fait con- naître la mort de M. le lieutenant-général en retraite J.-B.-J. Liagre, ancien ministre de la guerre, Secrétaire perpétuel de l'Académie. 32 SÉANCE DU 27 JANVIER 1891 La Société a égaleiiieût reçu avis du décès de M. Ed. André et de M. l'abbé Culliéret. Ce dernier est décédé à Hobart-town (Tasma- nie), au cours d'uu voyage qui lui avait déjà permis de rassembler de précieuses collections zoologiques. A ce propos, M. Jules de Guerne communique les détails biogra- phiques suivants, dus en grande partie à M. le D^ Hyades, médecin principal de la Marine, et à M. le Professeur Sabatier, de la Faculté des sciences de Montpellier, membres de la Société. Tous deux ont particulièrement connu M. l'abbé Culliéret : « Né le 23 juillet 1847 à Cette (Hérault), où il remplit les fonctions de vicaire pendant quelques années, l'abbé Culliéret fut nommé aumônier de la Marine le 30 décembre 1874. Embarqué successive- ment sur le Tarn, la Sarthe et le Fleurus, ses premières années de service se passèrent en Cochinchine. Rentré en France, il prit quelque repos à bord de la Creuse, mais repartit bientôt sur le Tage pour la Nouvelle-Calédonie, où il passa les années 1879 et 1880. C'est pendant cette campagne que l'abbé Culliéret commença la belle collection de Coquilles dont nous l'avons vu s'occuper avec tant d'ardeur. Ses voyages lui permettaient de l'augmenter sans cesse, sinon d'en faire l'étude et de la classer comme il l'aurait désiré. « A son retour de la Nouvelle-Calédonie, l'abbé Culliéret fut embarqué sur r.llcpsï?, frégate-école de matelotage, où il resta deux ans. Il quitta ce navire pour le Montcalin,pms pour la Reine Blanche,^ bord desquels il passa près de quatre années en qualité d'aumônier de la division navale de l'Océan Pacifique. Cette longue campagne lui avait laissé les meilleurs souvenirs et c'est avec une joie véritable qu'il repartait en décembre 1889 pour refaire le même voyage. Malheureusement, au cours d'une campagne faite eu Cochinchine sur le Cacliar, en 1887, l'abbé Culliéret avait ressenti les premières atteintes du mal qui devait l'emporter. Pendant deux années passées à Cherbourg sur le Marengo, comme aumônier de la division cui- rassée du Nord, sa santé semblait s'être complètement rétablie, mais un nouveau séjour dans les pays chauds devait avoir raison de sa constitution en apparence si robuste. Peut-être quelques imprudences commises au cours de ses recherches scientifiques ont-elles contribué à aggraver son état. Car il ne ménageait pas ses forces; plusieurs de nos collègues, MM.Alluaud et Chevreux, entre autres, qui l'ont vu à l'œuvre aux Canaries, admiraient son entrain de collectionneur, dont témoignent du reste les envois qu'il a faits à divers membres de la Société Zoologique et notamment à M. Daut- zeuberg. Nous l'avons vu d'ailleurs arriver ici les mains pleines. SÉANCE DU 21 JANVIER 1801 33 lorsqu'un accident de machine survenu à i)or(l i\u croiseur le Dubourdii'u força l'Amiral couiniandant la division du Pacilique à rentrer en France pour (juelque temps. « Ayant repris la mer vers la fin de mars 1890, l'ahbé Culliéret put consacrer de nouveau à l'histoire naturelle tous les loisirs que lui laissaient ses fonctions. D'après sa correspondance, ses amis étaient loin de croire que sa fin fut proche. Atteint de néphrite et d'urémie graves, notre collègue dut quitter le Duboiirdieu pour entrer à l'hôpital d'Hobart-town (Tasmanie), où il succomba le 8 janvier 1891. « Les membres de la Société Zoologique de France conserveront le souvenir de sa personnalité franche et sympathique; ils auront sans doute maintes occasions de citer aux fonctionnaires de la Marine l'exemple excellent de son zèle scientifique. « Quelque temps avant son départ sur le Dubounliim, l'abbé Culliéret avait été nommé correspondant du Muséum de Paris. Il lègue à la Station zoologique de Cette, fondée par notre collègue, le Professeur Sabatier, de la Faculté des Sciences de Montpellier, sa belle collection conchyliologique ». M J. DE GuERNE présente une loupe à dissection, munie d'une chambre claire, d'un modèle très pratique et qui est construite depuis peu par M. Dumaige, à Paris. M. le D"" Th. Laënnec, président de la Commission de surveillance du Muséum d'histoire naturelle de Nantes, et.M. le D^' Louis Bureau, directeur dudit Muséum, annoncent qu'ils viennent de fonder à Nantes une Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France. M. LiGNiÈRES, présenté à la dernière séance, est élu membre de la Société. MM. A. Railliet et R. Blanchard présentent M.Gustave Barrier, professeur à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine) ; Et M. Georges Neumann, professeur à l'Ecole vétériuaire, à Toulouse (Haute-Garonne). MM. A. Vaudremer et B. Blanchard i)résentent M. Felipe Bétancès, étudiant en médecine, rue Saint-Lazare, à Paris. MM. R. Blanchard et A. Railliet présentent M. le D^ Nicolas ZoGRAF, professeur de zoologie à l'Université de Moscou (Russie). 34 SÉANCE DU 27 JANVIER 1891 ADDITION A UNE NOTE SUR QUATRE OEUFS DU PINGOUIN BRACIIYPTÈRE, par le baron L. d'H A MON VILLE. J'ai publié dans les Mémoires de notre Société pour 1888, page 224, planches V et VI, une courte note sur les quatre œufs d'.i/m impimnis qui m'appartiennent. La description et les planches sont aussi exactes que possible, mais faute d'éléments, l'historique était insuffisant : c'est cette lacune que je voudrais combler. Actuellement, grâce aux documents retrouvés, grâce au zèle de quelques savants amateurs et à la bienveillante critique d'un ornithologiste éminent, M. le professeur Ad. Newton, de l'Univer- sité de Cambridge, je suis à même de compléter l'histoire de ces œufs si précieux, puisqu'ils appartiennent à une espèce rayée aujourd'hui du catalogue des êtres vivants. Pour éviter toute erreur, j'indiquerai ce que j'ai appris sur chaque sujet, en suivant l'ordre précédemment employé, et en rappelant les lettres A, B, C, D, sous lesquelles ils ont été désignés. Planche V, figure A, Ce spécimen provient de la collection Yarrel, où je le vis en 1831. J'avais présumé qu'il devait être originaire des Orcades, parce qu'en me le montrant, son propriétaire m'avait dit : « C'est un œuf anglais. » Mais il paraît qu'il n'en est rien, et M. Newton m'a fait reinar([uer que l'expression de M. Yarrel signifiait, non pas qu'il avait été capturé en Angleterre, mais simplement que cette espèce faisait partie de la faune anglaise. Son histoire est d'ailleurs bien connue, et voici comment M. Newton me l'a racontée dans une de ses lettres : « Feu M. Yarrel était une de mes plus anciennes rela- tions ornithologiques, je le voyais très souvent, et toujours il m'a répété qu'il avait acheté cet exemplaire en France, à Paris, je crois, chez un petit vendeur qui le tenait dans sa boutique enfilé en cha- pelet avec d'aufr<^s œufs d'Oiseaux ordinaires. Reconnaissant à l'instant l'espèce à laquelle il appartenait, il entra dans la boutique en demandant le prix du tout. On lui répondit : 1 fr. la pièce, sauf le plus grand qui, en raison de sa taille, vaut 2 fr. Il paya, et emporta l'œuf d'.l/m impennis dans son chapeau. » M. Hewitson, dans la British Ooloijy (1838), en a donné, planche CXLV, une ligure très fidèle, mais prise sur la face opposée à celle que j'ai donuée moi-même. SÉANCE DU 27 JANVIKK 1891 35 Après la iiiorl. de M. Yarrel, sou (i!uf d'Alca impenms lui vendu à la salle Sfeveus. à Covent-Gardeu, à Londres; un marchand natu- raliste, M. Gardener, en fut ac([uéreur pour la somme de 24 livres sterling (000 fr. environ). Celui-ci, peu après, en août ou septembre 1850, le revendit à M. Bond, qui me céda sa collection en 1875. Pr.ANCHE VI, figijRI'; B. Cet œuf provient, comme les deux suivants, de la collection do feu le comte Raoul de Baracé. Il porte, presque au sommet du gros pôle, une bande transversale, ayant environ six millimètres de largeur, de couleur roux pâle, et presque circulaire. En raison de cette régularité, et de sa nuance rouille, je croyais tout d'abord que cette tache était accidentelle, aussi, l'ai-je omise sur la planche; mais M. Edward Bidwel, spécialiste expérimenté, qui est venu d'Angleterre en Lorraine, exprès, pour visiter mes collections, pense, au contraire, qu'elle est naturelle, et quelques essais tentés avec des réactifs m'ont prouvé qu'il doit avoir raison. Je signale donc cette omission dans la planche qui, pour tout le reste, est al)solument exacte. Ce spécimen, et celui désigné sous la lettre C, viennent d'Islande, comme M. de Baracé nous l'apprend dans une lettre adressée par lui, le 13 janvier 1867, à M. Rowley, où il lui dit les avoir reçus, plus de trente ans auparavant (soit vers 1834 ou 1835), d'un armateur qui habitait Saint-Malo. Dans mon premier article, j'ai dit que j'avais lieu de croire que c'était M. Hardy, armateur de pêche à Dieppe, et ornithologue distingué, qui devait avoir fourni ces œufs à M. de Baracé; mais comme il m'a été impossible de m'assurer si M. Hardy avait été, dans sa jeunesse, armateur à St-Malo avant de l'être à Dieppe, ce point, sans grande importance d'ailleurs, ne peut être exactement élucidé. Flanche VI, kigirk C. L'histoire de celui-ci est la même (|ue celle du sujet B, puiscjue M. de Baracé a obtenu les deux exemi)laires à la même époque, et de la même personne. Les taches vertes, trop peu nombreuses au gré des amateurs, qui ornent ce spécimen, sont très rares sur les œufs du grand Pingouin. M. Robert Champley, ([ui possède à lui seul neuf (eufs de cet oiseau, c'est-à-dire le sixième environ de ce qu'il en existe encore dans le monde entier, M. Champley, dont tous les oologistes connaissent la haute compétence, m'écrivait à ce sujet, eu août 1888 : « Les (jl'uI's coloriés de votre mémoire sont 36 SÉANCE DU 27 JANVIER 1891 acliiiirablemeut faits. Le 11° D est uq type particulièrement remar- quable ; la couleur verte est si rare dans les œufs de cette espèce. » I'LA.NCHE V, l'IGLRE D. Ce dernier œuf a été acquis à la fin de l'année 1855 chez M. Parzu- dacki père, naturaliste à Paris, par le baron de Vèze, chez qui je le vis ; il l'avait payé 500 fr. Comme M. Parzudacki fils a cessé le commerce de son père, il ne m'a pas été possible de savoir la pro- venance de cet échantillon. En 1858, M. de Vèze, n'ayant plus le goût de l'oologie, chargea M. Fairmaire, naturaliste, rue de Riche- lieu, à Paris, de vendre sa collection, et ce dernier entra à ce sujet en relations avec moi. Il demandait 450 fr. de l'œuf à'Alca impennis, mais ne voulait le vendre qu'avec une forte partie de la collection, dont les prix très élevés ne nous permirent pas de nous entendre. Ce fut M. de Baracé qui en devint l'heureux possesseur à la fin de décembre 1858. On sait que c'est en mars 1887 qu'il sortit du musée de M. de Baracé pour prendre place dans le mien. Si cette note supplémentaire présente, comme je l'espère, quelque intérêt, elle le doit en partie au bienveillant concours des amateurs qui m'ont fourni des documents, et auxquels j'adresse ici mes remerciements les plus empressés et les plus cordiaux. Cliàteaii de Manon ville, 27 décembre 18SX). PIÈCES JUSTIFICATIVES (Extraits de lettres certifiés conformes). De M. G. H. Kunz au baron d'Hamonville, Lcipsic, /^r décembre JS57. Monsieur, J'ai reçu des-œufs très bons d'Europe, del'Amériiiue; si vous le souhaitez, je vous enverrai une liste. Avec beaucoup de plaisir je vous annonce que j'ai reçu un œuf de VAlca impennis. Je vous prie de m'indiquer si M. le baron de Vèze est revenu d'Afrique, etc Signé : G. H. Kunz. Da même au même. Leipsic, 4 tlécenibie IbioS. Monsieur, . . . Mon Alca impennis- est un peu cassé, mais bien réparé, et SÉANCE DU 27 JANVIER 1891 IM le prix est Ir. ioO, il faut dire im peu cher Signô : G. H. Kunz. Ihi baron de Vh-r au baron d'Hatnonvillc. Samedi, ") janvier IS'iCi. Mon cher Louis, je me trouve dans l'impossibilité d'aller te voir. Je serai de retour le 2o, c'est, je pense, l'époque à laquelle tu viendras toi-même passer quelques jours dans la capitale. Je serai très heureux de t'y voir, d'autant plus que je te ferai voir un cer- tain œuf que je viens d'obtenir, et qui n'est pas piqué des vers ; oui, mon cher ami, je possède enfin ce fameux Alca impennis : il est vrai qu'il me coûte un tant soit peu cher, quelque chose comme 500 fr. Petit m'a chargé de te dire qu'il te dresse un jeune homme pour ton voyage d'Algérie et que, quant aux conditions, il les réglera avec toi quand tu viendras. Tâche donc de nous arriver vers le 25 du mois, tu seras bien gentil. Signé : Henry. • De M. Ed. Fainiiairr, naturaliste, 10, rue de Richelieu, à Paris, au baron d'IIamonville. Paris, 20 novembi-c 18i)8. Monsieur, Eu vous donnant connaissance des restes de la collection de Vèze (M. des Murs avait acquis toutes les bonnes espèces exotiques), il était de mon devoir de vous faire connaître en même temps les prix qu'en désirait leur possesseur. Je vois jour à vous faire une remise variable de 10 à 20 % non pas sur tous, mais sur le plus grand nombre, et si vous voulez, nous traiterons sur cette base d'une réduction fixe de 10 % sur toutes les espèces, moins le Cou- revite Isabelle, qui n'en subira pas du tout (60 fr.), pouvant aller à 20 sur une grande quantité ; ainsi, le Pingouin brachyptère resterait fixé au prix net de 450 fr. Je vous serai très reconnaissant, Monsieur, si vous adhériez à ce qui précède, de me faire au plus tôt votre commande, parce que je suis tiraillé de tous côtés. Signé : Ed. pAmMAmE 38 SÉANCE Dlî 2,1 JANVIER 1891 Du comte de Baracé à M. George D. Roiclei/ (Copie de M. Newton). Angers, 13 janvier 1867. Rue de Hore. Monsieur, Je m'empresse de répondre à la lettre que vous m'avez fait l'hon- neur de m'envoyer à la date du 12 courant. L'historique de mes trois œufs d'Alca impennis remonte à des époques bien différentes les unes des autres. Le plus gros n" 1 (B) et l'un n° 2 (G) des deux autres me viennent d'Islande par les mains d'un amateur (ou armateur?) qui habitait St-Malo, il y a plus de trente ans. Mon dernier n» 3 (D) me vient, je dois le supposer, d'An- gleterre; c'est un naturaliste de Paris, M. Fairmaire, qui me l'a procuré. Il en a eu le dessin ou la photographie, et l'a répandu un peu partout. Pour répondre à vos questions, Monsieur, j'ai pris au compas la mesure de chacun de mes trois œufs d'Alca impennis. (Suit une courte description et la silhouette de ces trois œufs) Je connais à Paris un œuf d'Alca impennis que j'aurais eu sans la mort d'une personne, maintenant il ne m'est plus permis d'Y penser. Il est en tout semblable à mon n" 3. Veuillez bien, etc. Signé : Raoul de Baracé '&' Certificat de M. E. Fairmaire à M. Georr/e Rowley (Copie de M. A . Newton) Le 13 août 1867. L'œuf d'Alca impennis que j'ai vendu à M. le comte Raoul de Baracé provenait de la collection de M. le baron de Vèze, qui le tenait de M. Parzudacki, naturaliste marchand, aujourd'hui retiré. Voilà tout ce que je puis en dire. Certifié. Signé : Ed. Fairmaire De M. Stevens an baron d'Hamonvilk. (Traduction). Londres, 27 avril 1888. Cher Monsieur, Si vous voulez J'ai vendu l'œuf du grand Pingouin, il y a peu de temps, pour 225 livres sterliug (5623 fr. environ). A vous fidèlement. Signé : Stevens SKANCK DU 21 .lANVlKR 1891 31) SL:|{ l)i;s IIVBUIUES UhSLLTANT I)[J CROISEMENT DE EdIE DE CANADA AVEC L'OIE DE GUINEE, par le D"" RABÉ. Au printemps de l'année dernière (1890), je me suis trouvé, par suite d'accident, privé d'une femelle Oie de Canada {Cjjunop.sis canadcnsis qui, depuis longtemps, me donnait cluiqne année une couvée de cinq à sept Oisillons Canadiens. Il ne me restait plus que deux mâles de cette espèce, l'un vieux et l'autre jeune de deux ans. Dans le troupeau de Palmipèdes qui vivent sur les canaux de mon jardin, se trouvaient deux femelles Oies de Guinée, l'une en âge de produire, l'autre n'ayant pas encore atteint l'âge voulu pour cette fonction. Sans que je m'en sois occupé, mes Canadiens s'accouplèrent avec les Guinéennes, sachant parfaitement se réunir, suivant les âges et, dès les premiers jours de mars, la plus vieille femelle com- mençait à pondre malgré une froidure anormale pour cette saison: presque tous les matins, le thermomètre descendait à — 5' pour atteindre — 14° le 2, et — 10° le 4, avec chute de neige le 5. J'avais de grosses inquiétudes pour la réussite de cette ponte, craintes qui furent justifiées, car le 7, je trouvais tous les œufs gelés, à mon grand désespoir. Cependant, en raison de la saison encore peu avancée, il me restait encore une espérance, et bientôt, le 16, je constatais avec plaisir que la ponte avait repris, et le 21 avril, de l'union des deux Oiseaux les plus vieux, huit oisillons naissaient. La plus jeune Oie de Guinée avait bien pondu et couvé comme son aînée, mais les œufs, non fécondés par suite du trop jeune âge, n'avaient point éclos. Depuis cette époque, mes jeunes Oiseaux ont grandi, ils ont atteint maintenant la taille de leurs parents, peut-être même ont- ils pris leur plumage d'adultes, car je peux constater une notable différence entre leur robe actuelle et la livrée qu'ils portaient au mois de septembre. Eu ce moment, vivant toujours avec leurs père et mère et les palmipèdes d'autres espèces que j'aime à entretenir, ils forment une belle famille, paissant côte à côte l'herbe de la prairie, et nageant en file, le père en tête, la mère en arrière soutenant la retraite, toujours en éveil, toujours en défiance, ne s'aventurant jamais 4U ■ SÉANCE DU 27 .lANVIEIl 1891 sans que le plus vieux de la bande se soit assuré qu'il n'existe aucun danger. Les jeunes niâles paraissent déjà vouloir prendre le mauvais caractère des ancêtres canadiens, c'est-à-dire qu'ils se battent cons- tamment ensemble. Bien que très peu farouches avec les personnes qu'ils ont l'habi- tude de voir, le moindre coup d'aviron sur l'eau met toute la famille aux écoutes et bientôt en fuite, si le bruit persiste, fuite qui se borne à une course à pied dans la prairie, par suite de la précaution que j'ai prise d'éjointer tous ces Oiseaux qui vivent en complète liberté dans ma propriété. Tous ont passé ce dernier hiver en plein air, vivant de pâtée composée de pommes de terre écrasées avec son et farine, avec addition d'avoine pendant les plus grands froids. Ce sont donc des Oiseaux rustiques, acclimatés complètement. On prétend qu'au Canada, les Cygnopsis s'accouplent avec les Oies domestiques, et les hybrides qui résultent de ces unions offrent l'avantage d'être plus faciles à engraisser que les espèces souches, ce qui leur fait acquérir un plus grand prix et donner une plus grande facilité de vente. Si cette superbe famille d'Oiseaux forme un bel ornement d'une pièce d'eau, il faut ajouter, et cette dernière considération n'est pas à dédaigner, que la chair en est exquise, et que, sans être chargée de graisse, elle joint à sa finesse un léger fumet de sauvagine qui en fait, de l'avis de tous les gourmets qui en ont goûté, un mets de qualité absolument exceptionnelle, et digne défigurer sur les meil- leures tables. La forme générale de mes hybrides rappelle plus leur origine paternelle que leur provenance maternelle. Ils ont le bec noir, droit, allongé, entouré à la base d'une bande d'un blanc pur, p.l us prononcée en haut qu'en bas, où elle se confond insensiblement avec une belle cravate remontant jusqu'aux yeux, qui rappelle celle du père et qui lui a fait donner le nom vulgaire d'Oie à cravate. En haut et en arrière, cette tache blanche est bien limitée, tran- chant avec le dessus de la tête et le vertex qui sont complètement noirs, ainsi que tout le haut du cou, où cette coloration règne jusqu'au dos, qui est d'un teinte grise. Eu avant du cou, chez deux mâles qui sont les plus beaux comme taille, et les plus jolis comme plumage, la couleur des plumes est blanche, se confondant insensiblement par un piqueté, un mou- SÉANCE nu 2,1 JANVIER l89l 41 * clieté noir avec celle de la partie postérieure; les scapulaires sont grises, bordées d'une teinte plus foncée. Le croupion est blanc, tranchant sur les rectrices qui sont complè- tement noires ; les rémiges sont grises bordées de blanchâtre ; les sus-caudales, ainsi que les sous-caudales et les plumes qui cou- vrent l'abdomen, entièrement blanches. Le milieu de la poitrine, les côtés, les lianes, d'un gris plus ou moins foncé suivant les sujets. Les tarses courts, les doigts longs, ce qui, naturellement, entraîne une large palmature. Par la taille, ou peut reconnaître la différence des sexes : les mâles, qui sont plus gros, ont aussi la teinte des plumes plus vive, plus tranchée ; chez eux, le blanc domine. Leur taille atteint près d'un mètre de long. Les femelles ont de 0^85 à 0™90. Chez les premiers, l'envergure atteint 1™75 et chez les secondes, i'^GO. Cette facilité de distinguer les sexes ne manque pas d'importance, car chez l'ancêtre Cygnopsis canadensis, il faut un œil bien exercé pour pouvoir y arriver avec certitude, si l'on ne considère que le plumage et la taille, bien entendu. Les jeunes mâles, en ces derniers jours de dégel, menaient grand tapage et leur cri retentissant a beaucoup de ressemblance avec le cri du père, que l'on peut comparer au son du clairon. Quant à la mère, de mœurs beaucoup plus douces, bien que très bavarde, elle fait beaucoup moins de bruit. Il est bon de noter encore la teinte lie de vin clair des pieds de ces hybrides : le père les a noirs et la mère dune teinte orangée. Bien que, dans le courant de septembre, le journal V Acclimatation ait annoncé l'obtention de ces hybrides, j'ai cru devoir réserver à la Société Zoologique la description succincte des mœurs et du plu- mage de ces Oiseaux, et le soin de les dénommer. XVI. 42 SEANCE Du 2V JANVIER 1891 UNE QUESTION DE NOMENCLATURE, A PROPOS DES HYBRIDES, par le D-^ Raphaël BLANCHARD. En communiquant à la Société son intéressante note sur des liybrides résultant du croisement de l'Oie du Canada ^ (Cyynopsis ou Bernicla canacL-nsis) avec l'Oie de Guinée $ (Anser cygnoides) (1), M. le D"" Rabé a bien voulu me consulter sur la manière de dénom- mer les hybrides. La question est intéressante et nouvelle, car, jusqu'à ce jour, elle n'a point été tranchée par les auteurs qui ont cherché à codifier les règles de la nomenclature zoologique; moi-même, je n'en ai rien dit dans mon mémoire De la nomenclature des êtres 07'yanisés(2). Gela tient à ce que, dans le règne animal, les hybrides sont rares dans les conditions ordinaires de l'existence et ne se produisent que chez des individus captifs ou accouplés par voie de sélectiou artificielle. Dans le règne végétal, la plante productrice d'éléments mâles n'a pas le libre choix de celle sur qui le pollen devra être déposé. Ge pollen est confié au vent, qui le distribue au hasard, ou aux Insectes qui l'éparpillent sur des fleurs de diiïérentes espèces. Aussi l'hybri- dation est-elle beaucoup plus fréquente chez les plantes que chez les animaux, et les botanistes ont-ils reconnu la nécessité de dési- gner les hybrides d'une façon claire et précise. Voyons quelles règles ils ont adoptées. Le Gongrès international de botanique, tenu à Paris en août 1867, a voté les règles suivantes (3) : (1) Cette sorte d'hybrides était déjà conaue d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, qui l'indique en ces termes : « On voit assez fréquemment sur nos bassins, à côté de l'Oie du Canada, qui même se croise parfois avec lui, un aulre Palmipède vulgairement connu sous le nom -d'Oie de Guinée. C'est.... l'Oie cygnoïde, At\ser cijgno'ules lWs naturalistes ». (Acclinatation et domestication des animaux utiles. Paris, 4' édition, I8G1. Voir page 174). (2) Bull, de la Soc. Zool. de France, XIV, p. 212, 1889, et Compte-rendu des séaiices du Congrès international de Zoologie, Paris, 1889, p. ;'.:33-404. Cette seconde édition est suivie (p. 405-424) delà discussion à laquelle ce mémoire a donné lieu au cours du Congrès. Ci) Alph. de Candolle, Lois de la nomenclature botanique adoptées jiar le Congrès international de botanique. Genève et Bâie, 2' édition, in-S» de 64 p., 1867. Voir p. 23, 24, 42 et 43. — Du mémo. Réponse a diverses questions et critiques faites sur le recueil des lois de la nomenclature botanique, tel que le Congrès international de 1861 l'a publié. Bull, de la Soc. bolaniqvie de France, XVI, p. 64, 1869. Voir p. 78. — Du même, Nouvelles remarques sur la nomenclature botanique. Genève, ln-8o de 79 p.. 1883. Voir p. ii. SKANCE DU 21 JANVIER 1891 43 AuT. 30. — Les hybrides d'une origine démontrée par voie d'expé- rience sont désignés par le nom de genre, auquel on ajoute une combi- naison des noms spécifiques des deux espèces dont ils proïiennent, le nom de l'espèce qui a fourni le pollen étant mis le premier avec la terminaison \ ou o, et celui de l'espèce qui a fourni l'ovule venant ensuite, arec un trait d'union entre les deux (Amaryllis viltato regi- ivdG, pour /'Amaryllis provenant de /'A. reginae fécondé par le vitlata). Les hybrides d'origine douteuse se nomment comme des espèces. On les distingue par l'absence de numéro d'ordre et par le signe X précé- dant le nom. de genre (X Salix capreola Kern.). Art. 38. — Les noms de sous-espiices et de variétés se forment comme les noms spécifiques et s'ajoutent à eux dans leur ordre, en com- mençant par ceux du degré supérieur de division. Les métis d'origine douteuse se nomment et se classent de la même manière. Art. 39. — Les métis d'une origine certaine sont désignés par une combinaison des deux noms de sous-espèces, variétés, sous-variétés, etc., qui leur ont donné naissance, en observant les mêmes règles que pour les noms d'hybrides. La notation adoptée par les botanistes, telle qu'elle ressort des articles ci-dessus, est assurément très rationnelle. L'obligation de ne l'employer que pour les hybrides dont l'origine est démontrée par voie d'expérience nous semble constituer une excellente pré- caution : elle laisse hors de la nomenclature toute une série d'hy- brides ou de métis d'origine douteuse, qu'il est, en efïet, impossible de dénommer autrement que des espèces véritables, puisque l'iden- tité de l'un au moins de leurs procréateurs est demeurée incertaine. Nous pensons qu'il est avantageux d'introduire ces mômes règles dans la nomenclature zoologique. D'après cela, et à supposer que les deux espèces observées par M. Rabé appartinssent toutes deux au genre Anser, l'hybride résul- tant de leur croisement devrait donc prendre le nom d' Anser cana- densi-cygndides Rabé. Nous estimons, en efïet, qu'au nom de l'hybride doit être adjoint celui de son auteur, tout comme s'il s'agissait d'une espèce dis- tincte. Cette notation pourra sulUre dans le langage courant, mais elle est évidemment incomplète et elle a le tort de supprimer le nom des auteurs des deux espèces procréatrices. En bonne justice, le nom de ces deux auteurs devrait également être rappelé, d'où des notations telles que celles-ci : A user canadensi-cygnoides Raljé, ou mieux Anser canadensi-cygnoides (Linné, Linué)Rabé; 44 SÉANCE DU 27 JANVIER l89l Bufo arabico-vulgaris Héron-Royer, ou mieux Bufo arabico-vulgaris (Rûppell, Laurentij Hérou-Royer. D'après cela, le Mulet, résultat du croisemeut de l'Ane avec la Jumeut, devrait prendre le nom d'Equus asino-caballus, tandis que le Rardeau, résultat du croisement du Cheval avec l'Anesse, pren- drait celui d'Equus caballo-asinus. Les noms d'Equus mulus et d'Equus hinnus ne sont pas admissibles. Une autre méthode a encore été préconisée par quelques bota- nistes. Par exemple, Focke désigne ainsi les deux sortes d'hybrides obtenus par le croisement de deux espèces de Digitale : Digitaiis lutea $ X purpurea cf et Digitaiis purpurea 9 x lutea cf. Cette notation, d'ailleurs peu répandue, est recommandée par M. Alph. de Candolle ; mais elle ne nous semble pas être plus précise que la précédente qui, appliquée à ce cas particulier, ferait attri- buer le nom de Digitaiis purpureo-lutea au premier hybride et celui de Digitaiis luteo-purpurea au second. Il y a, croyons-nous, un réel avantage à nommer en premier lieu l'espèce à laquelle appartenait le procréateur mâle. Voilà des cas simples, pour lesquels il importe assez peu qu'on adopte l'une ou l'autre des deux notations indiquées ci-dessus, puisque chacune d'elles est parfaitement compréhensible. Mais comment notera-t-on les hybrides résultant du croisement de deux espèces appartenant non plus à un seul et même genre, mais à deux genres distincts ? Ecrira-t-on : Phasianus colchicus Linné X Gallus gallinaceus Pallas, pour désigner l'hybride du Faisan commun et de la Poule? De même, écrira-t-on : Rana fusca Rôsel X Pelobatcs fuscus Laur., Hérou-Royer, pour désigner un curieux hybride obtenu par Héron-Royer, à la suite de l'accouplement de la Grenouille rousse cf avec le Pélobate brun $ ? Dira-t-on encore : Capra hircus Linné c? X Ocies arics Linné 9^ ou plus simplement Capra hircus L. x Oris aries L., pour désigner le Chabin, né du croisement du Roue avec la Rrebis? Rroca proposait de désigner cet hybride sous le nom d'Ovi- capre. Mais ce nom n'est pas valable : il semble indiquer que le procréateur mâle est le Rélier ; d'ailleurs, les genres Ovis et Capra SÉANCE DU 27 JANVIER 1891 45 romptpnt chnciin plusieurs espèces et il n'en désigne aucune en particulier. De plus, si l'usage de combiner les noms de genre s'in- troduisait dans la nomenclature, comme les botanistes font des noms d'espèce, à quel signe reconnaitrait-on que VOirihos n'est pas l'hybride du Bélier et de la Vaclie, le GaJcopitIu'cus celui du Chat et du Singe, le Mi/ofiah' celui du Rat et de la Chatte, VArctomys celui de l'Ours et de la Ratte ! Les hybrides obtenus par M. Rabé rentrent dans cette môme catégorie, puisque l'Oie du Canada a été transférée du genre Anser dans le genre Bernicla. II faudrait donc les désigner ainsi : Bernicla canadensis Linné X Anser cijgnoïdes Linné, Rabé. Cette notation pourra trouver des partisans. Nous-même nous proposerions volontiers son adoption, s'il n'était d'autres cas où elle se montre inapplicable. Le Rackelhane, c'est-à-dire l'iiybride issu du croisement du Tetrao tetrix J' avec le Tetrao nrogallus 9, est fécond et donne parfois avec la Poule des hybrides du second degré, suivant le prince Ad. J. de Schwarzenberg. Une notation telle que Tetrao tetrix L. y Tetrao nrogallus L. x Gallus gallinaceus Pallas, est évidemment inadmissible, puisqu'elle n'indique en aucune manière si l'hybride procréateur résulte du croisement des deux premières ou des deux dernières espèces. Aussi, croyons-nous que la meilleure méthode pour noter les hybrides consiste en l'emploi de formules dans lesquelles le pro- créateur mâle représenterait le numérateur, pour ainsi dire, tandis que le procréateur femeJle représenterait le dénominateur. Eu appliquant ce principe aux exemples ci-dessus, on aurait les for- mules suivantes, d'une lecture très simple : Anser canadensis Linné ^ , , -. 77-j ^. ^ Rabe, Anser cygnoides Liune canadensis ,, . ,, ^ ^ , «" ^'''''' cygnoïdes ^'^^""'^^ ^^^^' Bernicla canadensis Linné _, . , ou mieux , ■■■, — x • — Rabe, Anser cygnoïdes Lin ne Bernicla canadensis ,^ . ,, ^ , , ou encore -, -, (Linne) Rabe ; Anser cygnoïdes Capra hircus Linné Ovis aries Linné 46 SÉANCE DU 27 JANVIER 1891 Digitalis purpurea Linné , Digitalis lutea Linné ' . ,. purpurea Linné ^ , ou D.uual,s t.^Qi-„é " ^'"^'' ou encore Digitalis T~fa (Liuné) Focke ; Bu/o ara6«'tol. (7), III, p. 42i, fig. 03. SKANGE DU 2.1 .lANVÎER 181)1 oii PuLMOiNÉs. — On connaît depuis longtemps les rapports des centres nerveux avec la branche antérieure de l'aorte chez le coli- maçon ; H. Milne-P]dwards (1) représente celle-ci, en elïot, passant au- dessus de l'œsophage, au-dessous de la chaîne viscérale formée par les ganglions viscéraux concrescents et au-dessus desganglionspédieux pour former l'artère pédieuse et plonger dans le i)ied. J'ai retrouvé une disposition absolument identique dans la Lymmva stagnalls ; dans cet animal, la chaîne viscérale est assez allongée et ses ganglions sont bien séparés les uns des autres; après avoir atteint la cavité antérieure du corps en passant au- dessus de l'œsophage, elle passe au-dessous de la chaîne viscérale entre le ganglion médian et le 2" ganglion gauche, puis au-dessus des commissures pédieuses et se divise à peu près ^.omme chez les Prosobranches, sans toutefois envoyer aucun rameau à travers les champs latéraux. Je ne croispasque la branche aortique antérieure passe au-dessous de la commissure pédieuse postérieure (parapé- dieuse de von Ihering), car en étudiant une Siphonaire (d'espèce encore indéterminée), les rapports sont absolument les mêmes, et cependant, en raison de la forte asymétrie de la chaîne viscérale, qui est déjetée à droite, la branche aortique passe au-dessus et à l'angle externe du ganglion pédieux droit, c'est-à-dire en un point où ne saurait se prolonger la commissure parapédieuse. Opisthobranches. — Des difïérences très grandes existent entre les divers représentants de ce groupe. Dans la Bnlla hijdatis, l'artère antérieure marche parallèlement à la branche droite de la commissure viscérale et, arrivée à droite au niveau du ganglion pédieux, émet une artère céphalique, puis se dirige transversalement en avant de la grosse commissure pédieuse antérieure. A peu près au niveau du milieu de cette com- missure, elle émet un rameau labial et un rameau buccal, puis, arrivée à gauche, forme une artère céphalique et une artère pédieuse récurrente qui passe un peu au-dessous de la branche commissurale gauche. L'artère pédieuse droite se détaciie à droite du tronc aorti- que avant qu'il ait attei>it le ganglion pédieux et passe aussi, dans son trajet récurrent, au-dessous de la branche commissurale droite. Il en est à peu près de même dans le Scaphander Ugiuirius et dans hi Philine aperta; outre quelques difïérences peu importantes on peut dire toutefois que, dans le premier, les deux troncs pédieux récur- rents se détachent symétriquement, à droite et à gauche, de la portion transversale antérieure à la commissure pédieuse, taudis que, dans (1) Recherches anatomiques el zoologiques faites pendant un voyage sur les côtes (le la Sicile et sur divers points du littoral de la France, pi. XXI, lig. 2. 56 SÉANCE DU 27 JANVIER l89l la seconde, le tronc pédieux gauche a sou origine beaucoup plus à droite que dans la Buila hijdatis. Les Tectibrauches précédents, au point de vue des rapports entre le système nerveux et le système artériel, offrent une disposition très différente de celle que von Iheriug a décrite d'une manière générale dans ce groupe ; l'Aplysie, au contraire, offre une concor- dance parfaite avec la description qu'il a donnée. Dans les ApUjsia depilans et fasciata, par exemple, le tronc aortique au térieur passe 60MS la branche droite de la commissure viscérale, au-dessus de la commissure parapédieuse et au-dessous des commissures pédieuses et subcérébrales, après quoi elle émet : 1'' l'artère pédieuse gauche qui se dirige à gauche au-dessous de la commissure para- pédieuse et de la branche commissurale gauche; 2° le gros tronc de la masse buccale qui émet, chemin faisant, deux artères céphaliques latérales et une artère pédieuse antérieure. L'artère pédieuse droite se détache plus en arrière du tronc aortique et passe aussi sous la branche commissurale droite. On a vu plus haut que dans les Bulla, Scaphander et Phiiine, il y a indépeudauce absolue entre le tronc aortique antérieur et les com- missures viscérales, pédieuse et parapédieuse. Les autres Opisthobranches que j'ai étudiés se rapprochent bien plus des Bullidés que des Aplysiidés, en ce sens que leur troue aortique antérieur prend une indépendance absolue vis-à-vis du système nerveux. Dans la Doris pilosa, on voit le tronc aortique se diriger en avant, atteindre le ganglion pédieux droit, passer au- dessous, et émettre les deux artères pédieuses qui dessinent le contour du corps, l'une revenant à droite, l'autre allant à gauche en avant des commissures pédieuses, où elle émet deux rameaux céphaliques et le rameau de la masse buccale. Dans VEolis papillosa, j'ai constaté la même indépendance des artères antérieures, mais je n'ai pu faire une étude suffisamment soignée de l'animal. Dans Tritoma Hombergi, l'indépendance est encore bien plus grande. Avant de se diviser en deux grosses artères pédieuses qui se bifurquent bientôt en suivant le contour du corps, le tronc aortique antérieur donne une branche céphalique qui se divise bientôt et dont les deux branches passent l'une à droite, l'autre à gauche du système nerveux tout entier, sans pénétrer dans les colliers qu'il forme. Outre les traits généraux que j'ai mis en lumière au courant de ce résumé, je compte exposer bientôt des conclusions détaillées plus étendues et surtout plus importantes en raison des types nom- breux que je dois encore étudier. o7 Séance du 17 Février 1891 PRÉSIDENCE DE M. A. RAILLIEÏ, PRÉSIDENT Sur la proposition de MM. R. Blanchard, A. Certes, Ed. Chevreux, P. Fischer, J. de Guerne, A. Railliet et J. Richard, la Société nomme Membre honoraire, par acclamation, M. P. J. vax Beneden, pro- fesseur à l'Université de Louvain, membre de l'Académie des sciences de Belgique, correspondant de l'Académie des sciences de Paris. MM. Barrier, Bétancès, Neumann et Zograf, présentés à la dernière séance, sont élus membres de la Société. M. Schlumberger dépose une Note sur le Ramulina Grimaldii. Renvoi aux Mémoires. NOTE PRELIMINAIRE SUR L'APPAREIL EXCRÉTEUR DES PAGURIDES ET DES PALLNURIDES, par le D-- Paul MARCHAL. Dans une note précédente, j'ai brièvement décrit l'appareil excré- teur de VEupagurus Bernardlius ; ayant examiné depuis un certain nombre de Pagurides de la Méditerranée, je puis aujourd'hui étendre mes conclusious. Tous les Eupag uni s examinés {Eupagurus Prideauxi, E. excamtus, E. anachoretus) présentent une vessie abdominale impaire; de même, pour le genre Paguristes (P. macu- latus). Mais dans le genre Pagurus {Pagurus striatus), les deux vessies restent au contraire isolées, et forment deux sacs allongés allant d'un bout à l'autre de l'abdomen, au-dessus de la masse musculaire abdominale; elles se continuent dans le thorax avec deux prolongements vésicaux qui courent le long de l'intestin, et aboutissent à la masse vésicale située au-dessus de la glande en avant de l'estomac. Les diverticules qui naissent de la partie tho- racique de ce système sont beaucoup moins nombreux et moins ramilles que chez les Eupagurus. Chez le Cllbananus misanthropus, XVI. — c. 58 SÉANCE DU 17 FÉVRIER 1891 on rencontre également deux tubes vésicaux distincts descendant tout le long de l'abdomen. Ce sont évidemment deux organes semblables que Kowalevsky a découverts cbez un petit Pagure indéterminé vivant à Odessa, et qu'il considère comme les canalicules rénaux de la glande anten- naire; nous avons vu que ceux-ci existent à leur place normale, constituant le labyrinthe qui entoure le saccule; au point de vue morphologique, les organes en question ne peuvent correspondre qu'aux vessies des autres Décapodes, toutes réserves faites d'ailleurs au point de vue physiologique. Dans une note postérieure, j'ai commencé l'étude de l'appareil excréteur de la Langouste {Palinurus vidgaris); grâce à l'abondance de cette espèce à Banyuls, j'ai pu en terminer l'examen, et je puis aujourd'hui donner quelques résultats complémentaires. Outre les trois parties décrites dans la note précédente, l'appareil excréteur en comporte une quatrième : cette quatrième partie est en réalité le saccule, qui conserve ses rapports morphologiques, et dont les ramifications extrêmement délicates et nombreuses se logent dans le tissu lacunaire-réticulé du labyrinthe. La communication entre le saccule et le labyrinthe a lieu au niveau d'une sorte de hile de la région antérieure de la glande. Dans la surface criblée qui forme la surface supérieure de la glande en rapport avec la cavité vésicale, on peut distinguer deux parties se confondant intimement entre elles : l'une, antérieure, présente des orifices donnant accès de la vessie dans des cryptes glandulaires dont le fond va butter contre le saccule, et qui ne s'étendent pas plus loin; l'autre, postérieure, présente des oritices situés principalement le long du bord posté- rieur, et qui donnent accès dans la profondeur du labyrinthe. Quant au sac formant une sorte d'écorce s'étalant à la surface inférieure de la glande, et que j'ai décrit antérieurement, il représente une partie entièrement distincte, pouvant être considérée comme une sorte de glande annexe volumineuse, et dont je n'ai jusqu'ici trouvé de représentant dans aucun type. C'est donc d'une façon trop hâtive que j'ai donné à ce nouvel organe la signification du saccule des autres Décapodes. Le saccule dont les cavités sont tapissées d'un épithélium extrêmement délicat, et peuvent sur les coupes, au premier abord, passer pour des lacunes sanguines, offre ses con- nexions normales avec le labyrinthe. Chez le Scyllare(yl?'c^us ursîts), l'appareil excréteur est plussimple que le précédent : le labyrinthe est représenté par une sorte de diverticule do la vessie. Son feuillet externe semblable à la vessie. SÉAiNCE DU 17 FÉVRIER 1891 59 dont il n'est en réalité qu'une dépendance, est entièrement séparé du reste du labyrinthe, aucune trabécule ne s'étendant de l'un à l'autre. Il en résulte une sorte de sinus situé au-dessous de la glande, se continuant d'une part avec le saccule, d'autre part avec la vessie, et recevant directement toutes les lacunes du labyrinthe. Ces dernières sont formées uniquement par les interstices laissés entre les ramilications du saccule, ces interstices étant tapissés par le feuillet interne du labyrinthe, et traversés de temps à autre par des trabécules revêtues de l'épithélium glandulaire. Le sinus précé- dent se continue largement avec la cavité vésicale en arrière de la glande. Des études que nous avons faites jusqu'ici, on peut déjà juger combien l'appareil excréteur est variable chez les Macroures; et combien, au contraire, il présente d'uniformité chez les Brachyures. Parmi ces derniers, j'ai examiné de nouveaux types, tels que Calappa granulata, Pachygrapsus marnwratus, Eriphia spinifrons, Dorippe ianata, Atelecychu, appartenant, comme on le voit, à des groupes bien ditïérents et néanmoins, à part certains points de détail dont il sera rendu compte dans un mémoire définitif, une constance remarquable dans la disposition de l'appareil excréteur, et notamment de la vessie, a toujours été rencontrée. Banviils-sur-Mer, laboratoire Arago, février 1891. NOTICE SUR LA COLLFXTION D'OISEAUX RECUEILLIE PAR M. DYBOWSKI DANS LE SAHARA, par E. OUSTALET, Vice-président de la Société. Dans le cours de la mission dont il a été récemment chargé, M. J. Dybowskia recueilli, dans le Sahara algérien et dans la région de l'Erg, une cinquantaine de spécimens d'Oiseaux qu'il a bien voulu soumettre à mon examen et auxquels il a joint, par la suite, une douzaine d'exemplaires reçus de chasseurs indigènes qu'il avait eu soin, à son départ d'EI Goléa, de mettre au courant des prépara- tions taxidermiques. J'ai reconnu, dans ces deux collections réunies, la présence de 33 espèces dont voici l'énumération : GO SEANCK DU J / FEVRIER 1891 i. Merops persicus Pall. 2. Monticola saxatilis L. 3. Monticola cyaneus L. 4. Philomela luscinia L. 5. Cyanecula suecica L. 6. Ruticilla phœnicuraL. 7. Saxicola luge.ns Licht. 8. Saxicola leucopyya Brelim. 9. Saxicola leuciira Gm. 10. Saxicola deserti Temm. 11. Saxicola œnanthe L. 12. Saxicola ruj'a Brehm, 13. Syivia nana Hempr. et Ehr. 14. Syivia (léser tico la Tristr. 13. Acrocephahis turdoides Mey, 16. Moiacilla flava L. 17. Argya fulva Desf. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. :33, Lanius ru fus Briss. Lanius dealbatus De Fil. Muscicapa atricapilla L. Ery1lirospi::a gitliaginea Licht. Passer simplex Licht. Certhilanda desertorum Stanl. Rhampliocorys Clot-bey Bp. Otocorys hilopha Temm. Golerida cristata L. A ni mo mânes lusitanica G m. algeriensis Sliarpe. Ammonianes elegans Brehm. Corvus fuscicollis V. Tnrtnr senegalensis L. Fulica atra L. Ardea pnrpurea L. Pterocles alchatus L. ou A cette liste il convient d'ajouter les espèces suivantes, que M. Dybowski a eu l'occasion d'observer ou de tuer, mais dont il n'a pu conserver de spécimens : 39, 40, 41. 42, Emberiza sp. Sturnus vulgaris L. Ibis falcinellus L. Phœnicoptenis an tiq uor^i m Temm. 34. Circus cyaneus L. 35. Cerchneistinnunciila L. 36. Neophron percnopterus L. 37. Merops apiaster L. 38. Phylloscopus sp. Toutes ces espèces étaient déjà connues ; néanmoins la consta- tation de leur présence dans la région visitée par M. Dybowski présente un grand intérêt au point de vue de la connaissance de la faune saharienne aussi bien qu'au point de vue de la géographie zoologique et de la biologie des Oiseaux. Eu parcourant la liste ci-dessus, on peut déjà juger, en effet, de la place considérable que tiennent les Traquets dans la faune ornithologique de l'Erg et des régions voisines, puisque, sur 44 espèces, 6 appartiennent au genre Saxicola. Sous -le rapport de l'importance numérique, les Alouettes occupent précisément le même rang, puis viennent les Fauvettes, les Rubieltes et les Fringilles, groupes qui comptent, le premier 4, les deux autres chacun 3 espèces ; les Falconidés, les Guêpiers, les Merles de roche, les Pies-grièches, chacun avec 2 espèces et enfin les Vautours, les Bergeronnettes, les Timéliidés, les Gobe-Mouches, les Étourneaux, les Gangas, les Foulques, les Hérons, les Ibis, les Flammants, représentés chacun par une seule espèce. Le faible contingent fourni par les Échassiers s'explique facile- ment par la nature même du pays, où l'eau ne se trouve que dans les oasis, et le nombre relativement faible des Passereaux grani SÉANCE DU 17 FÉVRIER 1891 01 vores est en rapport avec la pauvreté de la végétation ; mais le nombre des Passereaux insectivores est considérable et tout à fait hors de proportion avec ce que l'on serait en droit d'attendre. En efïet, même en laissant de cùté les Alouettes et les Étourneaux ([ui sont en partie granivores, mais qui se nourrissent aussi largement d'Insectes, nous trouvons, pour les Oiseaux franchement insecti- vores, un chiffre de 22 espèces, c'est-à-dire la moitié du chiffre total des espèces obtenues ou observées par M. Dybowski. Les Insectes orthoptères, et particulièrement les Criquets, leurs œufs et leurs larves doivent entrer pour une large part dans l'alimentation de cette nombreuse catégorie de Passereaux dont il y serait de la plus haute importance d'assurer la conservation. Contrairement à ce qu'on admet en général, il me semble aujour- d'hui très probable que, parmi les Becs-fins dont les noms figurent dans la liste ci-dessus, il y en a certainement beaucoup qui ne pen- ventêtre considérés comme des Oiseaux venus de France à l'approche de la mauvaise saison et destinés à rester en France dès les premiers jours du printemps. En d'autres termes, je crois que si beaucoup de nos Oiseaux indigènes vont passer l'hiver sur la terre d'Afrique et séjournent plusieurs mois en Algérie ou s'arrêtent, tout au moins, dans ce pays à l'aller et au retour, l'Algérie reçoit aussi, mais au printemps, des émigrants qui n'ont point traversé la Méditerra- née, qui viennent sans doute des régions de l'intérieur et qui rem- placent peut-être, sur certains points, les Oiseaux qui ont regagné nos contrées. C'est ce qui a pu faire croire à quelques observateurs que telle ou telle espèce était sédentaire en Algérie, alors qu'elle appartenait en réalité à la catégorie des migrateurs. En laissant même de côté les documents fournis par M. Loche dans l'Histoire naturelle des Oiseaux de l'Algérie, en admettant que ce naturaliste ait dans plusieurs cas (ce qui me pai-aît malheureusement probable) décrit de seconde main, et non d'après nature, les nids et les œufs de divers Passereaux de la faune algérienne, il n'en est pas moins certain que beaucoup d'Oiseaux, identiques aux nôtres, se repro- duisent en Algérie, à peu près à la même époque que dans notre pays. Le fait a été dûment constaté par le Révérend H. B. Tristram et par M. Salvin pour le Monticola cyaneus, le Turdus merula, la Sylcia orpliea, VHippohiis polyglotta, les Saxicola stapasina et (vnanthe, Vllinuido rustica, etc., et les observations de ces ornitho- logistes se trouvent confirmées par l'étude de la collection de M. Dybowski. Ce dernier a reçu, en efiet, au mois de juin, après son retour en France, des Passereaux qui avaient été tués à El Goléa 62 SÉANCE DU 17 FÉVRIER 1891 peu de temps auparavant, c'est-à-dire à une époque où leurs congé- nères étaient revenus dans notre pays et y étaient même déjà occupés à nicher. Dans le catalogue méthodique de la collection de M. Dybowski, que je rédige en ce moment, je reviendrai d'ailleurs sur cette question, qui me paraîtmériter d'attirer l'atten- tion des naturalistes. Quoi qu'il en soit à cet égard, la faune ornithologique du Sahara algérien ou plutôt la partie de cette faune que le voyage de M. Dybowski nous fait connaître se compose de plusieurs sortes d'éléments. Elle comprend d'abord quelques espèces largement répandues en Europe, en Asie, en Afrique et même eu Amérique, comme Cerchneh tinnuncuJaL., Saxicola œnantheL.,S. rufa Brehrn, Galerida cristata L., Sturnus milgari^ L., Ardea piirpurca L., Ibis falciMellus L. et FuUcaatra L., espèces dont la présence permanente ou temporaire dans le désert ne fournit aucun renseignement inté- ressant; elle offre ensuite un assez grand nombre d'Oiseaux qui arrivent d'Europe à un moment donné ou qui sont identiques à quelques-uns des types les plus connus de la faune européenne. Tels sont Circns njanciis L., Acrocephalus turdoides Mey., Philomela hiscinia L., liuticilla phonricura L., Cynnecula suecica L., Motacilla flava L., Lanius rufus Briss., Mmcicapa atricapilla L. Ces espèces établissent un lien entre la population ornithologique de l'Europe tempérée et même de l'Europe septentrionale et celle du nord de l'Afrique, et leur présence dans le Sahara, au moins à certaines saisons, ne permet pas de séparer cette région aussi nettement que le voulait M. Tristram(rt/5, 1889, p. 158). En outre, la région septen- trionale du Grand-Désert possède en commun avec l'Europe méri- dionale Neophron percnopt''rus L., Merops apiaster L., Monticola qjaneus L., M. saxatilis L., Saxicola leiicum Gm. et Phœnicoptonis antiquorumTemm., espèces dont la dernière est représentée d'ail leurs au cap de Bonue-Espérauce et dans l'Inde par des races à peine distinctes et dont la première, la seconde, la troisième et la quatrième se retrouvent aussi jusqu'en Asie. On rencontre, d'autre part, dans le Sahara, deux espèces au moins, Merops persicus Pall. et Tartur senegalensis L., quiont une vaste extension géographique à travers le reste du continent africain, ainsi que dans l'ouest, le centre et le sud de l'Asie. Déduction faite de ces dernières formes, ainsi que des espèces à peu près cosmopolites et des espèces européennes, il reste un noyau d'espèces qui constituent ce qu'on peut appeler la faune ornithologique des déserts. Ce noyau comprend, outre quelques types qui ne figurent pas dans la collection de M. Dybowski, les SÉANCE DU 17 FÉVRIER 1891 63 espèces suivantes : Snxicola deserti Temm., S. liu/ens Licht.,S. leii- rnp!/f/a Brehm., Si/lcia nana Hempr. et Ehr., .S. deseiiicola Tristr., Anjija falim Desf., Lanias dealbaius de Fil., Otoconjs biloiihdTemm. , Certhilanda dcsertorum Stanl., RJuiDiphocori/s Clot-beij Bp., Aiiimo- mânes lusitanica Gm. ou algériens^ Sharpe, A. elegans Brehm, Erythrospiztt fjithaijiiu'aBp., Passer simplex Temm., Corvusumbrinns Suud. ou ruficollis L., ou fascicoUis V. et Pterocles alchatus L. Toutes ces espèces, à une ou deux exceptions près, se font remar- quer par les teintes très claires de leur plumage et portant une livrée grise, rousse, fauve ou Isabelle, plus ou moins mélangée de blanc, qui s'harmonise admirablement avec la couleur des sables. Elles vivent toutes, en effet, dans des contrées arides, mais elles n'ont pas, à beaucoup près, la même extension géographique. Les unes, comme Sylvia nana, Saxicola deserti, Corvus fuscicollis et Pterocles alchatus se rencontrent à la fois dans le pays des Kirghizes, dans le Turkestan, le nord de la Perse, la Palestine, l'Arabie, la Nubie, l'Egypte, le Sennar, le Sahara et envoient même quelques sentinelles avancées jusque dans les îles du Cap- Vert, étant ainsi répandues sur toute cette vaste zone de steppes et de déserts sablonneux qui s'étend de l'Asie centrale à la côte occidentale d'Afrique ; d'autres, comme Saxicola lugens et S. leucopijga, Erythrospiza githaijinea et Passer simplex occupent une aire moins étendue et ne sortent pas des limites de l'Afrique, mais se trouvent représentés en partie dans l'Asie centrale par des espèces alliées, le Saxicola leucopyga, par le S. opistholenca Strickl, VErytJwspiza githaginea, par l'E. mongolica Sv^inh., \e Passer simplex par les P. atnmodendri Severtz. et timidas Prjevv^. ; d'autres enfin, comme Sykia deserticola, Argya fulca, Otocorys bilopha, Rhampho- corys Clot-bey, Ammomanes lusitanica ou algeriensis, paraissent jusqu'ici être cantonnées dans le Sahara algérien, dans le sud de la Tunisie, en Tripolitaine et au Maroc. Toutefois, on y regardant de près, on ne tarde pas à s'apercevoir que la likaniphocorys Clot-bey est parmi toutes les espèces que je viens de citer la seule forme réellement bien caractéristique pour la faune du Sahara, car la Sylvia deserticola a des affinités incontestables avec la Sylvia provin- cialis de rEuroi)e méridionale et de l'Algérie, V Argya fulm appar- tient à un groupe qui s'avance jusque dans l'Asie méridionale et orientale et VOtocorys bilopha fait partie d'un genre encore plus largement répandu qui compte des représentants non seulement dans l'Europe méridionale et orientale, mais encore en Perse, dans l'Inde, le Turkestan, la Chiue, la Mongolie et même dans certaines contrées du Nouveau-Monde. 64 SÉANCE DU 17 FÉVRIER 1891 En résumé la collection qui a été formée par M. Dybowski et qui peut nous donner une idée, au moins approximative, de la popula- tion ornithologique du Sahara au printemps, se compose de plusieurs sortes d'éléments associés dans les proportions suivantes : 20 pour cent appartiennent à la catégorie des espèces largement répandues dans l'Ancien-Monde ; 20 pour cent à la faune euro- péenne; 15 pour cent à la catégorie des espèces plus particu- lièrement méditerranéennes; 5 pour cent à un groupe d'espèces asiatiques et africaines ; 40 pour cent à la faune des déserts, qui s'étend de l'est à l'ouest, sur une longue zone onduleuse et presque continue allant de la Mongolie au sud du Maroc. En Afrique, cette zone, correspondant au lit d'une ancienne mer crétacée, vient. s'interposer entre la région éthiopienne dont le caractère est }3ien tranché et la zone du littoral méditerranéen, dont le creusement relativement récent de la Méditerranée n'a pu rompre les affinités avec l'Europe. Mais, du côté du nord, pas plus que du côté du sud, le Sahara n'est protégé par des barrières infranchis- sables pour des animaux pourvus de moyens de locomotion aérienne, et c'est ainsi qu'à certaines saisons surtout le caractère désertique de la faune ornithologique du Sahara se trouve mitigé par l'intrusion d'espèces analogues à celles de notre pays. OUVRAGES REÇUS LE 17 FÉVRIER 1891 Ed. André, Species des Hyménoptères d'Europe et d'Algérie, IV, 11037, 1890. J. de Bedriaga, Amphibiens et Reptiles recueillis en Portugal, par M. Adolphe F. Moller. Coïmbre, in-S» de 87 p., 1889. J. M. F. Bigot, Collection Pavie, Diptères. Nouvelles Archives du Muséum, p. 203-208, s. d. G. Canesirini, Ricerche intorno ai Fitoptidi. Atti délia Soc. venelo-trentina di se. nal., XII, 2 pi.. 1890. 1. Alf. Dugès, Description of Storeria Dekayi, rar. anomola. Proceedings of U. S. national Muséum, p. 9, 1888. 2. Id., Sur deux espèces nouvelles des Ophidiens du Mexique. American philos. Society, 4 mai 1888. 3. Id., Aparato venenoso del Bagre (Ictalurus Dugesi Bean). La Naturaleza, (2), I, in-4° de 4 p. avec 1 pi., 1890. Alf. Preudhomme de Borre, Matériaux pour la faune enloniologique des Flandres. Coléoptères, 4^ centurie. Revue biologique du Nord de la l"rance,III, 1890- 65 Séance du 24 Février 1891 mîÉSIDEiXCK DE M. l'Il. DAUTZE\BEI{(i, VICE-PIIÉS11)E.\T M, le Secrétaire i»éiiéral aunonce que M. le D^' Hyades, directeur des Archives de médecine navale et coloniale, a résolu d'envoyer à la Société Zoologique cette importante publication et lui en a fait parvenir la collection complète, soit 5i volumes, sauf quelques numéros épuisés. En outre d'articles purement médicaux, les Archives renferment un grand nombre de travaux d'helminthologie, de nature à intéresser plusieurs membres de la Société. La Société adresse à M. le D^ Hyades ses plus vifs remerciements. M. le professeur P. J. van Beneden, élu Membre honoraire à la dernière séance, adresse ses remerciements. MM. Ed. Chevreux et de Guerne présentent Mademoiselle Chevreux, 131, Grande rue, à Boulogne-sur-Seine (Seine). M. le Trésorier annonce qu'il a reçu de M. Suchetet un don gracieux de 300 fr., pour aider à la publication des Mémoires. La Société exprime à M. Suchetet sa bien vive reconnaissance. M. Certes donne lecture de son rapport sur la gestion de M. le Trésorier pendant l'année 1890. Les comptes sont approuvés et, sur la proposition de la Commission, des félicitations sont adressées à M. Schlumberger. M. Certes fait ressortir dans son rapport les graves embarras que cause au trésor l'irrégularité avec laquelle certains membres de la Société s'acquittent de leur cotisation, surtout au moment où les publications prennent sans cesse une importance plus considérable. M. le Rapporteur pense qu'il suffira de signaler ces faits pour persuadera nos collègues que la publication régulière des Mémoires n'est possible qu'autant que la rentrée des cotisations se fera normalement. M. Ch. Alluaud fait une communication sur les Coléoptères recueillis aux Açores par M. J. de Guerne, en 1887 et 1888, pendant les campagnes de V Hirondelle. Renvoi aux Mémoires. M. A. Certes communique le résultat de ses observations sur la résistance des Inf usoires au froid. 66 SÉANCE DU 24 FÉVRIER 1891 LA STATION MARITIME D'ARCAGHON, SES ORIGINES ET SON ORGANISATION, par E. DURÈGNE. La mode est plus que jamais aux Stations zoologiques marines, et nous apprenons à chaque instant la nouvelle de la création d'un établissement de ce genre sur quelque point de nos côtes ; quinze ou seize laboratoires attestent ce mouvement irrésistible conduit par les savants les plus éminents de notre pays. Si nous nous permettons d'entretenir la Société Zoologique d'une de ces stations, ce n'est certes pas qu'elle soit nouvelle, elle est, au contraire, la première en date non-seulement en France, mais encore dans le monde entier (1). C'est en 1867, le 3 février, qu'un petit groupe d'habitants d'Arcachon, déjà constitués en Société scienti- fique, résolurent, sous l'ardente impulsion de Paul Bert, alors pro- fesseur à la Faculté de Bordeaux, de créer au bord de la baie un petit laboratoire destiné aux études de physiologie, d'analomie et de pisciculture. Il fut brillamment inauguré par les intéressantes recherches de Paul Bert sur la physiologie de la Seiche; mais ce savant devait être appelé peu après à occuper la chaire de physio- logie expérimentale de la Sorbonne. Vingt-quatre années se sont écoulées depuis lors, sans que le programme ait été modifié. La Société scientifique d'Arcachon qui, aux époques de grande prospérité, n'a jamais compté plus de soixante-dix membres, a développé son œuvre dans le silence, luttant souvent contre la mauvaise fortune et ne comptant guère que sur elle-même. Entré assez nouvellement dans ses rangs, je puis rendre un sincère hommage aux ouvriers de la première heure, dont beaucoup ne sont plus déjà, à Paul Bert, qui nous écrivait encore de Suez lors de son dernier voyage, et à tant d'autres dont j'effaroucherais la modestie si je venais à les nommer. En résumé, tandis que partout en France les Stations maritimes sont la propriété de l'Etat ou tout au moins l'annexe d'une Faculté ou d'un établissement d'enseignement supérieur, ayant un directeur en titre dont le nom seul est une puissante recommandation, le laboratoire maritime d'Arcachon est resté la propriété autonome d'une Société privée, assurant ses ressources par la contribution volontaire de ses souscripteurs. Et, comme malgré tout il eût été (I) Le laboratoire de Goncarneau, fondé quelques années auparavant, n'est ouvert aux travailleurs que depuis la mort de Coste. SÉANCE DU 2i FÉVRIER 1891 67 impossible défaire face à des frais excessifs, un inipAt a été perçu sur les heureux de ce monde, en faisant payer un modi(iue droit d'entrée à l'aquarium qui est ouvert au ])ut)lic. C'est, je crois, ce (jui se fait à l'étranger dans les l)elles Stations de Naples et de Plymoutli, avec cette difTérence que notre établissement est plus modeste. Une subvention locale de 2000 fr., une subvention départementale de 1000 fr., enfin une allocation de 400 fr. du Ministère de l'agriculture complètent le budget des recettes ; sans elles, nous verrions bientôt se dresser devant nous le déficit le plus désespérant. A l'aide de ces modiques ressources, nous sommes arrivés pour- tant à des résultats qui nous ont valu les plus flatteuses félicitations; au risque de paraître faire ici un plaidoyer pro domo, je me permettrai de le résumer en plaçant sous vos yeux quelques photo- graphies, La Station se compose de quatre grands laboratoires de recher- ches, avec les installationsfixes les plus complètes, eau douce eteau salée sous pression, gaz, vingt-deux bacs d'aquarium, six grands viviers, un laboratoire photographique, une salle de dissection pour les grossespièces. Puis, dansunautre bâtiment, trois chambres où nous logeons gratuitement les travailleurs, une bibliothèque déjà fort bien garnie, enfin un musée où sont soigneusement conservés tous les types zoologiques de la localité. Deux marins à poste fixe sont chargés de l'approvisionnement de la Station, pour lequel nous pouvons compter, non-seulement sur nos deux embarcations, mais surtout sur les cinq magnifiques steamers d'une compagnie de pèche (Johnston et C^^), qui traînent leur chalut par tous les fonds de 40 à 90 brasses, de Cordouan à Cap Breton, et à bord desquels nous pouvons embarquer notre personnel, avec autorisation de prélever sur la récolte tous les animaux à notre convenance. Arcachon manque de rochers ; il a fallu, pour compléter notre Station, créer une annexe à Guethary, localité dont la richesse exceptionnelle a été signalée, il y a longtemps, par M. de Quatre- fages. Enfin, un laboratoire d'eau douce est en création, sur les bords du lac de Cazaux, à 18 kilomètres d'Arcachon. L'établissement d'Arcachon est ouvert toute l'année aux travail- leurs et c'est une précieuse ressource pour ceux auxquels le climat d'Arcachon est ordonné pendant l'hiver; enfin, pour achever ce tableau dont j'espère voir vérifier l'exactitude par le plus grand nombre de mes collègues, je terminerai en disant que nous com- 68 SÉANCE DU 24 FÉVRIER 1891 piétons notre mission en faisant des envois d'animaux à tous les naturalistes qui nous en font la demande; nous ne comptons plus les services que nous avons pu rendre ainsi à peu de trais, tant aux établissements qu'aux simples particuliers et nous travaillons à leur donner chaque jour plus d'extension. LE NOUVEAU YACHT DE S. A. LE PRINCE DE MONACO. KXPOSÉ SOMMAIRE DE L'ORGANISATION DES LABORATOIRES A BORD DE LA II PriUCeSSe A Uce », par Jules de GUERNE. Les Membres de la Société Zoologique suivent depuis longtemps avec le plus vil intérêt les entreprises scientifiques de S. A. le Prince de Monaco. Au moment même où fut décidée la construction d'un navire destiné à remplacer VHironilcUe, ils ont eu la bonne fortune d'être parmi les premiers à connaître le yacht dont le Prince a bien voulu leur présenter les plans (séance du 10 juin 1890). Depuis lors, les travaux ont été poussés activement et l'on a pu, le 12 février 1891, procéder au lancement de la Princesse Alice. Cet événement, annoncé et commenté d'une façon plus ou moins exacte par les journaux quotidiens, a éveillé dans le monde scien- tifique une très légitime curiosité. C'est pour la satisfaire, au moins en partie, et pour bien montrer à quel point le yacht de S. A, le Prince de Monaco se distingue de tous les bâtiments analogues (1), (1) Ce n'est point, à proprement parler, un yatiit, et il ne répond qu'en partira la définition suivante. donnée par Littré, d'a|)rès Jal {Glossaire nautique, Paris, 1848) : (( Bâtiment léger, fin, rapide, que les souverains, les princes, les riches ama- teurs entretiennent dans certains ports pour les promenades en mer, les régates, les promenades d'agrément. » Son origine même le destine à tout autre chose qu'à faire de simples et faciles promenades. Aussi la construction en a-t-elle été confiée à la maison Green, de Blaclvwall, près Londres, dont les cliantiers sont depuis longtemps connus parleurs grands navires. Les plans, dressés sur les indications du Prince, par l'ingénieur 11. T. Clarke, ont été étudiés avec un soin extrême jusque dans les détails. Le hàtiment, Ijordé en teak sur membrure en acier, présente une très grande solidité. En prévision du poids des treuils, des câbles et des lils d'acier destinés au maniement des engins de pèciie et des sondes, h' pont a été renforcé de plaques métalliques. D'autre part, cinq cloisons étanches assurent au navire une grande résistance en cas d'accident. Le yacht mesure Sâ^GO de longueur totale; 51"'07 de longueur à la fiottaison: 8"'20 de largeur au grand lian; 5"'10 de creux sur quille au centre; son tirant d'eau moyen est de S^Tii et il déplace environ (500 tonnes. C'est un troismàts goélette à voiles carrées fthree masled sqnare-fore-topsail schoonerj, muni d'une SÉANCE DU ^l^ l'KVRIER l89l G9 ([lie je douue ici l'exiiosé sommaire de l'organisation des labora- toires du bord (1), Ils sout au uombre de trois, voire même de quatre, si l'on y comprend la chambre froide destinée à la conservation des pièces anatomiques ou des animaux vivants, (]elle-ci occupe le centre de la cale et communique directement par un ascenseur avec les deux laboratoires principaux situés à peu près au milieu du bateau et partiellement superposés. La grande salle de l'intérieur, placée à bâbord, est éclairée d'un seul côté par ((uatre grands hublots. Elle est rectangulaire et mesure 4^90 de large, sur 3'"70 de long; sa hauteur maximum atteint 2^35 et sa forme est telle qu'aucun espace n'est perdu, la muraille du navire s'éloignant peu de la verticale dans la région du centre. L'entrée se trouve sur la paroi arrière faisant face à la porte de la cloison étanche avant de la machine. Celle-ci est d'ailleurs séparée du laboratoire, par un corridor, des soutes à charbon et toute la chambre des chaudières, de sorte que la chaleur et les vibrations ne sont guère à redouter. Le long de la paroi, sous les hublots, s'étend, d'une extrémité à l'autre, à la hauteur de 80 cent., une table, transformée, près de la porte, en évier, toilette et séchoir. La même table supporte dans sa partie médiane un grand coffre métallique destiné à conserver des objets volumineux dans la vapeur d'alcool. Le dessus même de ce coffre forme une sorte d'établi à hauteur d'appui. Sous la table où il repose, se trouve comme une vaste armoire, en tôle boulonnée, s'ouvrant à la partie antérieure seulement et où sont déposés les réservoirs d'alcool. Ceux-ci, tous pareils, sont eu métal et se pla- cent dans le coffre susdit sur des appareils à bascule qui suivent les mouvements du roulis et qui sont organisés de manière à ce que le robinet des récipients se dirige constamment de lui-même vers le haut. Dans la cale, la provision d'alcool sera contenue tout entière dans des réservoirs semblables renfermés eux-mêmes dans une soute spéciale, et il suffira de remplacer dans les bascules un récipient par un autre; plusieurs de ceux-ci seront en usage simul- tanément pour les alcools de diverses forces. Du reste, une précau- mathine auxiliaire de 350 chevaux, des fameux ateliers de J. Peiiu et 111s, à Greenwich, qui pei-mct d'ohlenir, avec Thélice à deux luanclies, une vitesse do i» milles à Tlieure. Un a la certitude, par ce moyen, de pouvoir travailler, l'aire route ou entrer dans un port par temps calme ou par vent contraire. Mais sa puissante mâture en mat;nifi(jues i)ins de rOrégon et la surface de ses voiles (liiOO mètres carrés) assurent à la Princesse Alice une marche pins rapide sous l'action des moindres brises. (1) Un plan eut beaucoup facilité ma lâche, mais (pielques détails pouvant être moditiés encore au moment même de raclièvenu'nl des travaux, il a paru préfé- rable de n'en pas dresser. 70 SÉANCE DU 24 FÉVRIER 181)1 tion générale sera prise contre la pénétration de l'esprit-de-vin dans le navire en cas d'accident. Le plancher des trois laboratoires est garni, en guise de tapis, d'une feuille de plomb continue qui se relève partout autour des salles, même à l'entrée des ascenseurs et au seuil des portes, jusqu'à lo cent, environ de hauteur. Au-delà de l'évier, perpendiculairement à la première table décrite, s'en détache une seconde, dégagée de trois côtés et qui est presque entièrement à roulis. Toutefois, la partie qui fait face au jour demeure fixe. Un peu plus loin, une autre table analogue mais plus longue, s'avance encore dans la pièce d'intervalle de ces deux tables est occupé par la caisse à alcool). Cette table, fixe dans sa plus grande partie, ne porte une surface à roulis que vers son extrémité libre. On peut s'appuyer sur un cadre solide de trois côtés de ce carré mobile et l'ensemble répond ainsi à des besoins dilîérents de ceux que vise l'organisation de la première table. Je ne puis insister sur ces détails et en expliquer ici tout l'intérêt. Au-delà de la paroi parallèle à celle où s'ouvre la porte, se trouve un bureau avec tiroirs, surmonté d'une bibliothèque. Viennent ensuite des armoires qui se continuent à angle droit sur la cloison opposée aux hublots, jusqu'à l'ascenseur. Après celui-ci s'étend, jusque dans l'angle, la table réservée au garçon de laboratoire. Enfin, la quatrième paroi, jusqu'à la porte d'entrée, est encore garnie d'armoires. Celles-ci ontdeux corps dont l'inférieur, à portes pleines, est plus large que le supérieur. Partout, à la réunion des deux corps, existent des tablettes à coulisses sous lesquelles règne une rangée de tiroirs. Montons maintenant sur le pont. A l'extrémité arrière du ruof s'étend, sur S^^ll de long et 3°il5 de large, avec une hauteur de 'I^ au milieu, un laboratoire superbe, inondé d'air et de lumière de trois côtés par seize fenêtres et ayant accès sur le pont par deux portes. Entre celles-ci, un établi, l'ascenseur, une armoire. Après les portes, de chaque côté, sous les fenêtres, une très grande table, moitié fixe, moitié à roulis, dont l'organisation m'occupe depuis longtemps. J'ai cherché, pour le cadre central mobile, une combi- naison telle qu'on puisse à volonté y placer des fonds de diverses natures, colorés au gré de chacun, des cuvettes si l'on veut, des tamis, des glaces permettant l'éclairage par-dessous, excellente méthode pour la recherche et l'isolement des animaux dans les pêches pélagiques. Contre la paroi arrière, fort bien éclairée égale- ment, devait prendre place, sur une caisse métallique servant de réservoir d'eau douce pour les cabines inférieures, ungrand aqua- SKANCK DU li KlivUIEU l8Ul 11 rium. Mais les dilïicultés technuiues ont fait ajouruer sa cons- truction, du moins quant à présent. Le moment est venu de rentrer dans l'inlérieur du yacht où reste à visiter le laboratoire arrière, plus spécialement destiné à l'Océano- graphie, à la Photographie, etc. Le plancher a la l'orme d'un trapèze dont les côtés parallèles mesurent respectivement 3°^ et 1"^13 de long, les deux autres cotés ayant chacun 4^50. La hauteur de la pièce atteint ±^iO\ mais à cause des formes fuyantes du navire dans cette région, sa largeur sous le pont est beaucoup plus grande qu'au plancher. Ce laboratoire est éclairé d'un côté par trois hublots sous lesquels règne d'un bout à l'autreune table de largeur variable selon la concavité de la paroi. En face de la porte, près du côté le plus court du trapèze, cette table est transformée en un évier particulièrement adapté aux besoins de la Photographie. A droite, sur la petite paroi, se trouvent une toilette à bassin mobile et quelques étagères. La grande surface verticale qui fait face au jour est entièrement garnie d'armoires. Enfin le fond du laboratoire qui s'appuie contre la cloison étanche arrière de la machine, supporte une bibliothèque qui surmonte elle-même une table du milieu de laquelle s'en détache perpendiculairement une autre de grandes dimensions. Cette dernière table occupe tout le milieu de la salle, aucune de ses parties n'est mobile et le bois dont elle est faite est très ordinaire, de façon à ce que l'on y puisse fixer sans i)iconvénients, à l'aide de vis ou de clous, divers appareils. Ici comme partout dans le navire, l'obscurité est facile à obtenir grâce aux obturateurs métalliques à vis et garnis de caoutchouc, dont les hublots sont munis. C'est une excellente chose pour les manipula- tions photographiques et pour recueillir, le cas échéant, quelques observations précises sur les êtres phosphorescents. Il convient d'ajouter que l'eau distillée est distribuée partout de même que l'eau de mer. La ventilation est organisée également d'une manière spéciale, le chauffage se fait à la vapeur et la lumière électrique sert à l'éclairage du yacht tout entier. Les détails ci-dessus donnent l'idée des efforts réalisés pour tirer le meilleur parti possible de l'espace réservé aux laboratoires. Mais ils ne suffisent pas, à beaucoup près, pour se rendre compte de la place qu'occupentà bord du navire les aménagements scientiliques. Il faudrait y ajouter la description d'une série très complète de treuils à vapeur, de bobines, d'appareils d'hydrographie, de physi- que et de pêche extrêmement variés. Certaines particularités des embarcations seraient à noter, de même (jue l'installation prévue, 7.2 SÉANCE DU 24 FÉVRIER l89l par beau temps, aux coupées, de postes avancés descendant presque jusqu'à la ligne de flottaison et permettant la récolte directe des petites épaves ou des organismes pélagiques. Le Prince publiera dailleurs quelque jour la Monographie du bâtiment où il lui a été donné d'appliquer nombre de dispositions utiles ou avantageuses que lui a suggérées sa pratique déjà longue des choses de la mer. Au surplus, la continuité des recherches dont l'ellicacité augmente sans cesse, grâce à l'expérience acquise et la double qualité du Prince qui mène son navire à la fois comme marin et comme chef d'expédition scientifique, permettent d'augurer favorablement de l'avenir. SUR LE P.SEUD0-PARAS1TISME DES LARVES DE COUSLX fCULEX PIPIENSJ, par le D^ Raphaël BLANCHARD. Dans le but très louable de détruire « une grossière erreur », le professeur Ficalbi (Ij m'adresse quelques critiques auxquelles je crois devoir répondre brièvement. Dans mon Traité de Zoologie médicale (II, p. 529), « livre qui cir- cule en beaucoup de mains », ainsi que M. Ficalbi veut bien me l'apprendre, j'ai dit que « la larve du Culex pipiem se rencontre parfois dans l'intestin (de l'Homme), où elle a été amenée par des eaux de mauvaise qualité. » J'admets donc la possibilité du pseudo-parasitisme de la larve du Cousin chez l'homme. M. Ficalbi combat cette opinion par une série d'arguments dont j'apprécie toute la valeur, puisque c'est pour ces mêmes raisons que j'ai rejeté hors du cadre de mon livre une foule d'observations dont la littérature médicale est encombrée et dont les auteurs prennent pour de vrais parasites des Insectes variés, à l'état de larve ou à l'état adulte, qu'ils assurent avoir trouvés dans les déjections de certains malades. J'ai donc fait une exception en faveur des larves de Cousin; M. Ficalbi s'en étonne et dit ne savoir « sur quels faits je me base » pour admettre le pseudo-parasitisme de ces larves; un peu plus loin il ajoute : « pourquoi Blanchard réadmet le parasitisme des larves de Cousiu, je ne sais, et il ne le dit pas. » (1) E. Fir.ALBi, Sul preteso parassitismo délie larve di Culex pipiens. MoniLorc zoologico ilaliano, 1, p. 2\*.), 1890. SKANCE DU 24 FÉVRIER 18'Jl 73 Je suis obligé de déclarer que M. Ficalbi a mal lu moo ouvrage, puisque, dans la page même où se trouve la phrase incriminée, je cite deux travaux du D^' Tosatto, contre lesquels il s'élève également. Il est dès lors évident que l'opinion émise par moi résulte de la lecture attentive des écrits de ce dernier auteur. Tosatto eut l'occasion de donner ses soins à un charretier qui soulïrait de douleurs d'entrailles et auquel il administra à deux reprises un médicament anthelminthique. La première fois, il trouva dans les déjections une larve de Cousin vivante; la seconde fois, il observa encore dans les déjections une larve vivante et une nymphe. 11 ne doute pas que ces Insectes ne soient sortis de l'intestin, d'autant plus que le malade buvait souvent l'eau stagnante des fossés bordant les routes. Ficalbi combat vivement cette opinion; il pense que les Insectes en question avaient été amenés par l'eau dans le vase où avaient été recueillies les déjections, soit avant, soit après l'évacuation de celles-ci. Il déclare que la larve du Cousin est incapable de vivre dans l'intestin et de le traverser sans être digérée. 11 a d'ailleurs avalé plusieurs fois des œufs, des larves et des nymphes de Cousin, sans jamais pouvoir en retrouver la moindre trace dans ses déjections et sans soulïrir du moindre trouble. Si les observations de Tosatto sont réellement inexactes, comme le déclare Ficalbi, il faudrait donc rayer les larves de Cousin de la liste déjà longue des pseudo-parasites (1) de l'Homme. Mais cela laisse entière une importante question, à laquelle se rapportent des observations et (ce qui vaut mieux) des expériences que M. Ficalbi semble ne pas connaître. Cette question est la suivante : une larve de Diptère, amenée fortuitement dans le tube digestif, en môme temps que les aliments ou les boissons, est-elle capable de le tra- verser en entier et de se retrouver dans les déjections, vivante ou morte, mais du moins sans avoir subi l'action des sucs digestifs ? Ficalbi se prononce énergiquement en faveur de la négative. Moi aussi, je crois que la plupart des larves seraient détruites en pareille occurrence, mais il est pourtant certain que la larve de certaines espèces résiste pendant plusieurs jours, c'est-à-dire plus de temps qu'il ne lui en faut pour arriver jusqu'à l'anus, vivante ou du moins non digérée. Les expériences de G. Pruvot avec les larves de Teicliomyza jusca ont mis ce fait hors de doute (2j. (1) Nous employons ici ce mot dans son acception la plus large, dans le sens étendu que nous lui avons donné dans notre article l'seudo-pamsiles (Dictionnaire ency- clopédique des sciences médicales, {:>), XXVI I, p. 7U:i, 1889). 12) \«)li' mon Traite ik' /oolonie iiiédicule, 11, p. W7-WN. ^ . XVI. — 7 74 SÉANCE DU 24 FÉVRIER 1891 DIPTÈRES NOUVEAUX OU PEU CONNUS, par J. M. F. BIGOT. Genre H.f:MATOPOTA (Meigen, Illig. Magaz., Il, 1803, p. 2(3l. = Tabanus pt. Linn.) Ce genre, démembré par Meigen des anciens Tabani (Linn.), se distingue assez facilement d'avec ses voisins par son faciès, et, sur- tout, par la coloration des ailes; celles-ci, presque toujours, sur un fond grisâtre ou jaunâtre, montrent de nombreuses macules, de nombreuses lignes vermiculées, affectant, tantôt une forme quasi- circulaire, tantôt une apparence ondulée, et d'une nuance pâle ou blancbâtre. Toutefois, cbez quelques espèces, ces dessins compliqués font défaut, et les ailes, plus ou moins brunâtres ou jaunâtres, ne présentent qu'un petit nombre de bandes irrégulières d'une couleur plus claire. Les mâles diffèrent souvent des femelles par un épaississement notable du l^"^ segment antennal, d'où résulte une difficulté grande dans l'identification rigoureuse des espèces, quand on ne possède pas les deux sexes. J'ai cru devoir circonscrire dans les limites du genre quelques formes excentriques, dont on verra plus loin les diagnoses abrégées, et qui seront plus amplement décrites ultérieurement, en temps et lieu; elles pourraient, peut-être, motiver des subdivisions, mais, vu le nombre actuellement peu considérable des espèces connues, je n'estime pas opportun de les effectuer. Dans le tableau dichotomique tracé plus loin, j'ai cherché à inscrire toutes celles déjà publiées, mais les descriptions fournies par les divers auteurs sont malheureusement trop insuffisantes pour permettre d'atteindre une exactitude désirable. Je me suis appuyé surtout, dans mes diagnoses, sur les nuances présentées par les antennes, les pieds et Vahdomen, celles des ailes étant trop difficiles à formuler clairement, vu la complication de leur dessin, en l'absence de figurations convenables. Je n'ai pas tenu compte des dimensions des antennes, ni de celles, réciproques, des seguients dont elles sont composées, car il ne m'a pas été possible de les indiquer nettement et rigoureusement; d'ailleurs, je le répète, ces organes varient notablement d'un sexe à l'autre. L'insuffisance des descriptions m'oblige à déclarer que ce résumé SÉANCE DU 24 FÉVRIER 1891 75 (le caractères laisse à désirer; quoi qu'il en soit, j'ai l'espoir que mou Tableau pourra servir de guide, au nioius provisoirement. Annotatio5js. — Les H. longicornis et extincta (Wiedemanu) doivent être reportées au genre Acanthocera(M-àcqu^ri).LesH. poda- (jnca et crassipes (Fabr.), au genre Dinbasis (Macquart), de même que son //. bivittata. . Mon tableau syuoptique ne comprend pas quelques espèces mal ou insuflisamment décrites, non plus qu'un petit nombre d'autres qui me sont incounues; en voici, du reste, la désignation : //. asiatica (Rondani), lusitanica (Guériu). L'fl. crassicornis (Wahlberg) me paraît identique au mâle de VU. pliwialis. Les H. hyentomantis (Schrank) et pallens? (Loew?), vallée du Sarawaschan, ne sont, à mes yeux, que des variétés de 1'//. Plumalis, et, probablement identiques à VH. longicornis (Macquart); 1'//. Bigoti (Gobert), ne me paraît pas sensiblement dilïérer de VH. nigriconiis (Gobert). VtJ.coarctala (Wiedemann) doit appartenir à un genre distinct? elle diffère notablement du genre Hœmatopata (prop. dict.), par la conformation des antennes et de Vabdomen. VH. asiatica (Rondani) ne figure pas ici, à cause de l'insuffisance de la diagnose; l'auteur l'attribue à Wiedemaun, mais, je n'ai pu découvrir l'ouvrage dans lequel ce dernier auteur l'a publiée. TABLEAU SYNOPTIQUE DES ESPÈCES — Tibias postérieurs, parfois les antérieurs et intermé- diaires, blanchâtres, roussàtres, ou, jaunâtres, avec, en leur milieu, un anneau de couleur foncée. ... 1 — Id., les tibias postérieurs dépourvus d'anneau ... 23 1. — Corps presqu'en entier noirâtre, brunâtre ou grisâtre. . 2 — Id. jaunâtre ou roussâtre clair; ailes, jaunâtres, avec des macules blanchâtres; antennes, les deux premiers segments jaunâtres irrorata. (Macquart, Dipt.exot., I, part 1, 18.38, p. 1G3.) — Java. 2. — Abdomen dépourvu de teintes jaunâtres ou roussàtres 3 — Id. plus ou moins largement teinté de jaunâtre ou de roussâtre à sa base 22 3. — Antennes jaunâtres, sauf à l'exlrémilé du 3" segment . 4 — Id., noirâtres, brunâtres ou grisâtres, parfois le !«'■ segment, ou bien la base des deux autres, teintés de jaunâtre ou de roussâtre .") ^- — Abdomen avec deux rangs de macules blanchâtres . . riilicortiis. (Macquart, Dipt. exot. suppl., 1840, p. 43). — Port- Natal. — Id. sans macules, les incisions finement teintées de blanc . G 76 SÉANCE DU 24 FÉVRIER 1891 5. — Une grande macule cordiforrae, d'un noir opaque, sise au-dessus des antennes cordigera. (J. Bigot., adhuc inedict., 1891). — Hindoustan. — Une grande macule cordiforme, d'un noir luisant, sise au-dessus des antennes, et, deux points noirs sur le front guineensis. (J. Bigot, adhuc inedict.. 1S91). — Assinie. 6. — Antennes, 1" article du 3« segment fort épaissi, p'iriforme, jaunâtre à sa base, les suivants, fort petits, jaunâtres; abdomen, avec les incisions, et deux rangs de petites macules grisâtres pachycera. (J. Bigot. Noiov. Archives du Muséum de Paris, 1890, p. 208. — Laos. — Id., id., très peu, ou point épaissi, le reste varie. . . 7 7. — Abdomen, avec ou sans bande dorsale grisâtre, mais, avec des macules latérales de cette même nuance . . 8 — Id. sans bandes dorsales ni macules, souvent les inci- sions grisâtres . . 18 8. — Terguin, plus ou moins foncé, avec des bandes entières et pâles, bien distinctes 9 — Id., id., mais sans bandes distinctes, ou du moins à peine visibles, saut en avant 10 9. — Tergum avec quatre bandes pâles 10 — Id., avec, au plus, trois bandes pâles 12 10. — Antennes, 3" segment largement teinté de roussâtre à sa base ; abdomen, avec une bande dorsale pâle ; fémurs d'un gris foncé pluvialis. (Tabanus id. Linr\.= H. crassicornis Wablberg. = H. longicornis Macq. = H. italica Meig. = elongata, = Lepellet. de St-Farg. =pallens Loew. = lusita^ nica Guérin. — Europe. — Id., id., presqu'entièrement noirâtre; fémurs jaunâtres; abdomen, parfois, sans bande dorsale 11 11. — Abdomen avec une bande dorsale nigricornis. {Goherl, Méni. Soc.Linn. N. de la France, Amiens, 1881, (à part. p. 38). = H. Bigoti, loc. cit. (p. 38 à part). = Europa. — Id. sans bande dorsale oniericana. (Osten-Sacken", Mem. Boston Soc. of nat. hist., II, 1871-78, p. 395.) 12. — Tergum avec trois bandes pâles 13 — Id. avec une bande unique, large, médiane, blanchâtre; antennes Ç, 1" segment notablement épaissi; ailes, avec une ligne apicale, ondulée, blanchâtre .... viltata. (Loew, Dipter. Faun. S. Afrik., Berlin, ISCO, p. 122). — Lac N'Gami. 13. — Ailes, d'un gris clair, avec de nombreuses lignes circu- laires blanchâtres, bien marquées oallala. (Wiedem. Zoolog. Maga: . III, p. 38). — Cap de Bonne- Espérance. SÉANCE DU 24 FfilVRIER 1891 77 — 1(1. avec très peu ou point de Ijandes circulaires bien marquées l'i 14. — Ailes, avec deu.\ lignes apicales, blanchâtres, ondulées el recurrens. (Loew, Dipter.Faun. S. Afrik., Berlin, 1800, p. 122).— Cap de Bonne-Espérance. — Id., avec une seule ligne apicale, ondulée, blanchâtre . 15 15. — Antennes 9, ler segment fortement renflé circumscripta. (Loew^, loc. cit., p. \'A2). — Callrerie. — Id. 9, id. nullement renflé sculellaris. (Loew, Ôfcers. af k. vet. Akad. Forhandl., 1857, p. 341.) — Cafïrerie. 16. — Ailes, grisâtres, avec deux lignes apicales, conjuguées, ondulées, blanchâtres, et deux demi-bandes, larges, irrégulières, ti-ansversales, noirâtres; antennes, l"" segment d'un brun foncé duplicata. (Loew, Ôfvers. af k. vet. Akad. Forhandl., 1857, p. 341). — Cap de Bonne-Espérance. — Id., grisâtres, avec une seule ligne apicale, ondulée, blanchâtre ; antennes, 1" segment, parfois jaunâtre . 17 17. — Antennes, 1"' segment, fortement épaissi, noirâtre , . obscura. Loew, (loc. cit., p. 341). — Cap de Bonne-Espéi-ance . — Id., id., nullement épaissi, jaunâtre hleroglyphica. (Gerstaecker, Decken, Reise in Ost. Afrik., Leipzig, 1869, p. 385). — Zanzibar. 18. — Ailes, roussâtres, avec des macules pâles peu distinctes; abdomen avec les incisions finement teintées de jau- nâtre; pieds rougeâtres rufipennis. (J. Bigot, adliuc inedict., 1891). — Japon. — Id., d'un gris pâle; abdomen avec les incisions teintées de gris plus pâle 19 19. — Antennes, 1'"' segment roussâtre, pipette parfois jaunâtre 20 Id., id., noirâtre; pipette noirâtre 21 20. — Pipette jaunâtre; tibias antérieurs et postérieurs non obscurata. ciliés (J. Bigot, Obscura olivi. Ann. Soc. Ent. France, 1880, p. 157). — Caucase, — Id., noirâtre, tibias antérieurs et postérieurs flnement et densément ciliés de noir cilipes. (J. Bigot, Nouvelles Archives du Muséum de Paris, 1890, p. 207). — Laos. 21. — Ailes, d'un gris clair, avec des macules, des marbrures, des lignes ondulées, blanchâtres; antennes,!" segment, très légèrement renflé, d'un noir opaque, 3* teinté de rougeâtre à sa base tristis. (J. Bigot, adhuc inedict., 1891). — Japon. — Id., jaunâtres, punctuées de blanchâtre ; fémurs noirâtres punctulata. (Macq., Dipt. exotiques, I, pt I, 1838, p. 163). — Amérique du Nord. 22. — Antennes jaunâtres ; fémurs jaunâtres à la base. . . javana. (Wiedem., Aussereurop. zweifl'ùg. Ins., I, 1828, Hamm., p. 218). — Java, 78 SÉANCE DU 24 FÉVRIER 1891 Ici., le 3» serment, seul, jaunâtre à sa base; fémurs à base brunâtre ; equoruin. {Tabanus, ici., Fabr., Entom. System., IV. p. 370). — Europe, 23. — Ailes, grisâtres ou jaunâtres, avec des points, "des mar- brures, des lignes ondulées, blanchâtres 24 Id., d'un gris très pâle, sans points, marbrures, ni lignes ondulées 37 24. — Antennes jaunâtres ou d'un roussàiro pâle, extrémitédu 3' segment noir 2o — Id., noirâtres, brunâtres ou grisâtres, soit entièrement, soit en partie 29 25. — Abdomen, jaunâtre, avec li-ois rangées de macules pâles. concenlralis. (Walker, List. Dipler. Ins. Brit. Muséum, London, pt I, 1848, p. 207). — Pays? — Id., noirâtre, brunâtre ou grisâtre, avec des bandes ou macules pâles 2<') 26. — Abdomen avec une bande dorsale pâle 27 — Id., sans bande dorsale, mais avec des macules latérales, obllipies, pâles; antennes en grande partie roussâlres. histrigata. (Lôew, Dipter. Faun. S. Afrik., Berlin, 1860, p. 123. — CafIrerie. 27. — AI>domen, avec une bande dorsale et des macules laté- rales pâles roralU. (Fabr., Syst. i»î/, Wiedem. Aussereurop. zweiflïïg. Ins., pt I, Hamm., 1828, p. 215). — Tranquebar. — Id., avec une bande dorsale, mais sans macules latérales 28 28. — Antennes, 3° segment, brunâtre à son extrémité; abdomen noirâtre, avec une ligne dorsale et les incisions pâles ; ailes, avec la moitié apicale, d'un gris foncé, semée de macules blanchâtres indiana. (J. Bigot, adhuc inedict., 1891). — Bengale. — Id., prescju'entièrement jaunâtres ; abdomen châtain, avec une large bande dorsale blanchâtre ; ailes, jau- nâtres, avec des macules pâles et peu distinctes . . limbalu. (J. Bigot, adhuc inedict., 1891). —Bengale. 29. — Abdomen avec la base largement teintée de jaunâtre, dépourvu de bandes et de macules, les incisions pâles. borneana. (Bondani, Ann.d. Mus. civ. di storia natur. di Genova, VII, 1875, p. 461). — Bornéo. — Id., entièrement noirâtre, brunâtre ou grisâtre . . .'30 30 — Ailes, bifurcation externe de la 4" nerv. longitudinale (Bondani) distinctement appendiculée 31 — Id., id., sans appendice distinct, mais bruscjuement coudée à angle droit inappendiculala. (J. Bigot, Arch. Entomol. Paris, Thomson, 1838, p. 146). — Gabon. 31. — Abdomen, avec une bande dorsale, souvent des macules latérales, pâles 32 — Id., dépourvu de bande et de macules pâles ; . , . 36 SÉANCE DU 21 KKVniKI? l80l 7!) 32. — Antennes, 1" segment, de longneur normale, parfois [iliis ou moins jaunâtre :>:> — 1(1., foi't court, noir, une bande dorsale et des macules latérales pâles punctifcva. (J. Bigot, adhuc inedict., 1891). — Java. 33. — Abdomen, grisâtre, avec quatre rangées de macules latérales pâles ; antennes, 1" segment grisâtre, 3' rougeâtre, noirâtre â l'extrémité Inniiln. {Tahanus, id. Fab., Eut. System., 1\', p. 370. — Europe méridionale. — 1(1., grisâtre, avec une bande dorsale, et, souvent, des macules latérales, pâles 3'i 3't. — .\bdomen, grisâtre, avec une l)aii(le dorsale et des macules latérales pâles 3ij — 1(1., avec une bande dorsale, pas de macules latérales, les incisions, pâles; antennes, 1'"' segmentlargement teinté de jaunâtre â sa base catut. (Walke.-, List Dipt.in Britislt Museviii, London, pt I, I848,p. 201). — Bengale. :ïj. — ïergum, noirâtre, avec trois lignes blanchâtres ; anten- nes entièrement brunes serpentina. (Wiedem., Aussereiorop. zweifl. Ins., pt 1, Hamm., 1828, p. 219). — Pays? — Id., avec trois bandes pâles, l'intermédiaire notablement élargie, les latérales extrêmement raccourcies; anlcii- nes, 1^'' segment, d'un noir luisant dorsalis. (luoew, Ofvers. af k. vct. Akad. Forhandl., I8;j7, p. 342). — Caffrerie. 36. — Antennes, 1" segment d'un noir luisant, palpes ferru- gineux (ili)iiiariii. (Walker, Journal Proceed. Linn. Soc, London, 185(3, p. 1 12). — Bornéo. — Id., id., brun ; palpes blancs décora. (Walker, Ins. Saunders, Diptera, London, 1856, p. 454). - Port-Natal. 37. — Ailes, brunâtres, avec des 1 andes obliques, transver- sales, blanchâtres 38 — Id., claires, avec les nervures jaunâtres ; antennes, jaunâtres, noires à l'extrémité ; tibias jaunâtres, fémurs noirâtres variegaUi. {Tabumis, id., Fabr., Syst. An il., p. 109).— Maroc. 38. — Antennes, d'un fauve obscur, avecl'extrémiténoire, pieds fauves, tibias noirs à l'extrémité cingnlala. (Wiedem., Atissereurop. zireifliig. Ins., pt 1, 1828, Hamm., p. 216). — Java. — Id., brunes, !"■ segment rougeâtre ; pieds noirs, base des tibias et des tarses blanchâtres strigipennis. (Karsch, Entomol. Nachricht., Berlin, 1889, n" 15, p. 239-40). — Gabon. 80 SÉANCE DU 24 FÉVRIER l89l OUVRAGES REÇUS LE 24 FÉVRIER 1891 1. H. E. Sauvage, Rapport sur la pêche en Hollande. Bulletin de ragriculture, 1883. ± Id., Exposé des recherches entreprises à la Station aquicole de Boulogne. Boulogne-sur-Mer, in-18 de 15 p., 1885-1886. 3. Id., Station aquicole de Boulogne. Notes sur la pêche. Boulogne, in-18 de 31 p., 1887. 4. Id., Les recherches scientifiques et lapêche. Boulogne, in-18 de lop., 1890. 3. Id., Notes sur le Hareng. Bulletin bi-mensuol de la Soc. nationale d'acclimu- lation, 20 mai 1888. 0. Id., Station aquicole de Boulogne-sur-Mer. Boulogne, in-4" de 7 p. avec 1 pi., 1889. 7. Id., Contribution a la connaissance de la faune du Pas-de-Calais et des parties voisines de la mer du Nord et de la Manche. Bulletin scientif. de la France et delà Belgique, XX, p. 104, 1889. —2' article, XXll, p. 243, 1890. '9f ' S«t«Df:' 15* 81 Séance du 10 Mars 1891 PUÉSIDENGE DE M. .1. VIAN, DOYEN D'AGE M. A. Railliet s'excuse de ne pouvoir veuir présider la séance. MM. le professeur E. Metcunikov, le D' Cli. W. Stiles etPARMEN- TiER assistent à la séance, ainsi que M. L. Petit, heureusement guéri du coup de fusil qu'il avait reçu à la chasse. MM. BÉTANCÈs et Neumann, récemment élus membres de la Société, remei'cient de leur admission. M. Bétancès adresse en outre sa photographie pour l'album. Mademoiselle Chevreux, présentée à la dernière séance, est élue membre de la Société. M. J. de Guerne annonce que M^i^ Chevreux désire être inscrite en qualité de membre à vie. M. le professeur A. Milne-Edwards demande, conformément à l'article 6 du règlement, que le Laboratoire de zoologie de l'Ecole pratique des Hautes-Études soit inscrit au uombre des membres ordinaires de la Société. M. Héron-Rover adresse la note suivante : « Le 7 mars, vers . ., . . , , , . , , • pachypus o heures du soir, ] ai surpris un de mes hybrides Bomoinator — ^— - tu ïbvttS accouplé à une très jeune femelle de Discoglossus aimtus. Ce fait indique un besoin de reproduction indiscutable et permet de supposer que les hybrides mâles sont féconds. Plusieurs fois déjà, depuis 1886, j'ai pu constater qu'à l'époque du rut mes hybrides , banitonus , arborea , . ,, , maies Hiila 7 et Hiila -. étaient très excites et cher- '' arborea '' barytonus chaient à s'accoupler avec les femelles hybrides de môme origine ; mais celles-ci ont toujours repoussé leurs avances, ce qui laisse supposer que ces hybrides femelles sont improductifs. » M. le D^' L. Faurot donne communication d'un travail sur le Cerianthus membranaceus Gmelin. Renvoi aux Mémoires. Au sujet de la note de M. Blanchard sur les manifestations dermi([ues de la goutte chez une Perruche, M. le D"^ Lecourt écrit qu'il a eu plusieurs fois l'occasion d'observer des tophus uriqnes, XVI. — s 82 SÉANCE DU 10 MARS 1891 la chute des plumes et la cachexie cliez des Perruches élevées en captivité et nourries avec de la viande. D'autres Perruches de même espèce, mais nourries avec du pain beurré et avec des noix, jouis- saient au contraire d'une parfaite santé. M. A. SucHETET adresse un travail intitulé : les Oiseaux hybrides rencontrés à l'état sauvage. — 5*^ partie : les Palmipèdes. Renvoi aux Métnoires. NOTE SIR DEUX INFUSOIRES NOUVEAUX DES ENVIRONS DE PARIS, par A. CERTES, Ancien Président de la Société. Les grands froids exercent-ils une influence sur la faune micros- copique? Tout au moins ne ralentissent-ils pas, d'une manière sensible, le développement des Infusoires? Bien que tous les obser- vateurs aient constaté la richesse de la faune microscopique du nord de l'Europe, la question m'a paru intéressante à étudier au cours de l'hiver rigoureux que nous venons de traverser. Le 31 janvier dernier, je recueillais des feuilles mortes, sous une épaisse couche de glace, dans une petite mare de la forêt de Crécy (Seine-et-Marne). Le soir même, je constatais la présence d'un Rotifère assez rare: VAdineta vaga, et de nombreux Infusoires ciliés appartenant aux genres : Urostyla, Oxytricha, Aspidisca, Frontonia, Spathidium, ConcJioplithirius. Par contre, les Infusoires flagellés et notamment les Flagellés à chlorophylle faisaient presque complètement défaut ; le fait est à noter. Ce n'est qu'après quelques jours de repos, à la température du laboratoire, qu'il s'est produit un développement abondant de Polytoma upella et d'autres Flagellés plus petits. La faune était plus riche à une seconde visite, le 15 février, bien c{ue la couche de glace n'eût pas disparu. Elle s'était complétée par la présence d'Actinophrys, de Peridinium tabnlatum fort abon- dants et d'une petite espèce de Vorticella; mais, chose bizarre, je ne retrouvai, ni alors ni plus tard, le Conclwphthirius dont il me reste à vous parler et qui me paraît être une espèce nouvelle. Ce Concho- phthirius, dont je fais passer les dessins sous vos yeux, a également disparu des cultures depuis que la température s'est radoucie et, malheureusement, il n'a jamais été assez abondant pour me permet- tre une étude complète et approfondie. SÉANCE DU 10 MARS 1891 83 Les Co?i67. 100 SÉANCE DU 14 AVRIL 1891 LA DIMINUTION DES OISEAUX PAR LA DESTRUCTION DE LEURS NIDS, par Xavier RASPAIL. De toutes parts ou siguale la diminution considérable des Oiseaux, jadis si abondants dans nos campagnes, et malheureu- sement c'est sur les Insectivores qu'elle se fait le plus cruellement sentir ; comme conséquence, on constate tous les jours la pullula- tion, dans des proportions inusitées, de parasites qui ravagent nos végétaux utiles et deviennent ainsi une nouvelle cause de ruine pour notre richesse territoriale. Evidemment, ces Insectes, comme tous les parasites phytophages, ne sont pas nouveaux; ils ne sont pas le résultat d'une création spontanée; ils occupaient leur rang dans le monde animé, jouant un rôle dans cette admirable harmonie de la Nature, où ils servaient de pondérateurs pour être })ondérés à leur tour dans leur trop féconde reproduction. Pourquoi cet équilibre est-il rompu ? Comment' tel être dont l'existence ne causait jusqu'alors dans le règne végétal qne des dégâts d'une intime importance, devient-il tout-à-coup m\ fléau redoutable? La rareté de certaines espèces d'Oiseaux insectivores, dont quel ques individus errent encore dans nos plaines et nos bois, leur absence même complète dans beaucoup de contrées, en donnent une éloquente explication. Un naturaliste fervent, M. Pierrat, m'écrivait de Gerbamont : « Dans la région montagneuse des Vosges, la diminution des Oiseaux est très grande, au point que bien des espèces qui étaient communes, il y a quarante ans, ne se montrent plus. » Il ajoutait ce pronostic : « Si les gouvernements européens n'interviennent pas efficacement pour la conservation des Oiseaux, le temps n'est pas éloigné où bien des espèces seront détruites. Venant du Nord de la France, même ci'i d'alarme. Dans une note insérée l'année dernière dans le Bulletin de la Sociélé Zoologiquc, M. Ch. van Kempeu résumait ainsi ses observations : « Depuis dix. ans, eu prenant la généralité des Oiseaux ([ui habitent chez nous en été, je compte certainement une diminution d'un tiers dans chaque espèce. » En 1889, la Société Zoologique de France, sur le rapport de MM. J. Vian, Billaud et Petit, signalait aux Ministres compétents ral)0- SÉANCE DU 14 AVRIL 1891 101 minable destrucliou des Hirondelles oi)érée à leurari'ivée sur nos eûtes méditerranéeiines, les priant de prendre les mesures néces- saires pour protéger ces utiles auxiliaires contre les massacres qui en étaient faits, surtout à l'aide de Télectricité. Les mêmes moyens destructeurs sont employés, paraît-il, sur une large échelle, en Italie; mais qu'au moins, sur la terre française, ces précieux Oiseaux soient accueillis et respectés comme ils méritent de l'être, en attendant que les autres gouvernements comprennent également la nécessité d'édicter à leur égard des lois protectrices. Dans nos villages aussi bien que dans nos villes, les Hirondelles qui, depuis quelques années, se montrent de plus en plus clair- semées, peuvent néanmoins se reproduire en sécurité; leurs nids sont encore généralement respectés. Mais il n'en est pas de même pour les autres Oiseaux qui viennent se reproduire chez nous. C'est en louie liberté qu'on laisse les enfants courir la campagne et les bois, à la recherche des nids. Les œufs leur servent de jouets ; les petits deviennent des martyrs dans leurs mains. Cependant, il existe une loi portant défense de prendre, de tuer les Oiseaux et surtout d'enlever leurs nichées ; les préfets en insè- rent régulièrement le dispositif principal dans leurs arrêtés sur la police de la chasse, mais cette loi n'en reste pas moins à l'état de lettre morte; il n'en est fait aucune application. Les jeudis et dimanches, et même le soir, après la sortie de l'école, les enfants s'en vont par petites bandes, sans qu'on ignore, en les voyant passer, le but de leur excursion, le garde-champêtre moins que tout autre. Les plus jeunes parcourent les champs, les prairies, scrutent les haies, grimpent aux arbres dont ils explorent les branches et jus(]u'aux moindres trous ; et si le nid est placé à l'ex- trémité d'une branche trop llexible pour leur permettre de l'atteindre, il n'est pas sauvé pour cela, il devient une cible qu'une pierre ne tarde pas à jeter bas. Les plus bardis, et parmi ces derniers il n'est pas rare de voir jusqu'à des garçons de quinze à dix-sept ans, s'enfoncent dans l'intérieur des bois, et tous revien- nent après une journée bien remplie par d'inappréciables dépréda- tions. J'ai vu un jour, sur une place de village, des enfants se servir comme projectiles d'œufs de Mésange charbonnière et de Rouge- queue de muraille, et cela sous l'œil paternel du garde communal, qui ne songea même pas à leur faire la moindre remontrance ! En m'appuyant sur mes constatations personnelles, j'estime qu'il faut compter par centaines le nombre de nids ainsi détruits chaque 102 SÉANCE DU J4 AVRIL 1891 année dans notre localité, pays excessivement boisé et où beaucoup d'espèces d'Oiseaux viennent se reproduire en assez grand nombre. Dans une de nos tournées d'exploration sur une côte plantée d'arbres fruitiers, j'ai trouvé sept nids de Mésanges (Parus major L., P. cœni- leus L., Pœcile conimunis Gerbe ex Bold.), un nid de Grimpereau ( Certhia brachydactijla Brehm) et deux nids d'Etourneau (Sturnus vulgaris L.), tous fraîchement enlevés ou bouleversés ; or, des traces très visibles ne laissaient aucun doute sur la culpabilité des enfants. Dans un vieux Pommier, ces enfants, n'ayant pu élargir suffisam- ment le trou pour passer le bras, avaient pris plaisir à écraser les jeunes avec un bâton que je retrouvai abandonné dans le trou môme. Je m'étends sur ces détails pour bien faire comprendre l'énormité des ravages commis ainsi, dont la responsabilité incombe directe- ment à la tolérance coupable des autorités, aussi bien qu'à l'incons- cience du paysan qui se fait le propre artisan de la ruine de ses récoltes, en laissant commettre de tels méfaits sous ses yeux. Michelet était bieu dans la vérité, lorsqu'il écrivait : « Nous détruisons jusqu'aux Oiseaux qui défendent les moissons, nos gardiens, nos bons ouvriers, qui, suivant de près la charrue, sai- sissent le futur destructeur que l'insouciant paysan remue, mais remet dans la teri'e. » Aux enfants viennent s'ajouter tous les destructeurs naturels : l'Ecureuil, le Loir Lérot, le Hérisson, la Pie, le Geai, la Couleuvre, etc., pour ne citer ([ue ceux qui, le plus fréquemment, sont les auteurs de l'enlèvement des œufs et des jeunes des petits Oiseaux les plus intéressants. Le Lérot, qui a surtout la mauvaise réputation d'entamer les plus beaux fruits, est pendant toute la saison des couvées un grand ama- teur d'oeufs. Il les recherche avec avidité; son agilité et sa petite taille lui permettent de les atteindre partout. Dans les bois des environs, où le Merle Grive {Turdus niusicus L.) se reproduit com- munément, toutes les fois que j'en avais découvert un nid et ({ue je le visitais quelques jours après, presqu'invariablement il était occupé par un Lérot qui y avait élu domicile après avoir mangé les œufs. Le Hérisson, contrairement à ce qui a été avancé par les Natura- listes, est essentiellement carnassier ; il s'attaque à tous les ani- maux plus faibles que lui, même au Crapaud, que je lui ai vu dévo- rer. Il mange les œufs et les jeunes dont les nids sont à terre et n'épargne pas la mère s'il parvient à la surprendre. Mais l'ennemi le plus redoutable des couvées, c'est sans contredit SÉANCE DU 14 AVRIL 1891 103 leChat, doutles ravages sont encore imputables à l'Homme, qui en a fait soncommeusul et favorise sa trop grandes multiplication. Dans ma propriété d'une contenance de trois hectares et où, l)ien que récemment boisée, un assez grand nombre d'Oiseaux viennent déjà se reproduire, j'ai pu l'année dernière faire les observations que je consigne dans le tableau suivant : AVRIL-JUILLET 1890 NIDS DE Verdicr ordinaire , Pinson ordinaire Cliardonneret élégant Linotte vulgaire Bruant jaune.. , Pipi des arbres Rossignol ordinaire Rouge-queue de muraille Mouchet chanteur Fauvette tète noire Fauvette des jardins Babiliarde grisette Hypolaïs polyglotte Pouillot fitis Mésange bleue. . , Orite longicaude O Chat Lérot 1 1 » )) 11 2 3 1 néant 1 )) 2 nPiiiil 1 1 7 néant 4 )) 1 néant )) )) 1 1 )) )) 1 néant )) 1 1 néant )) 1 1 néant » )) 4 1 2 )) 1 1 » » 1 néant 1 )) 2 néant )) )) 1 1 » )) 1 1 )) )) 37 8 14 C. DETRUITS PAR Divcr: Pie, 1. )) )) Hérisson, 2; inconnn, I. La niiTe (lispanie aiirèsTéclosion des jeunes. » » rif, I. incuuiiii, I. )) » Hérisson, 1; le second pent-élre par uneCon- leuvre tuée au même endroit. » » Ainsi, sur 37 nids ([ue j'ai surveillés avec la plus minutieuse attention, 8 seulement ont réussi, 29 ont été détruits, dont 14 par le Chat domestique; et cependant tous mes efforts avaient tendu à protéger ces nids contre ces insatiables maraudeurs. Dans une vaste propriété située au centre môme du village, le précédent propriétaire, qui s'attachait à protéger les Oiseaux, pre- nait à des pièges, chaque année, en moyenne, quatre-vingt Chats. Aujourd'hui, cette propriété ayant changé de maître, les jardiniers estiment que l'année dernière, plus de cent nids y ont été détruits, dont les trois quarts par les Chats. Mais en ce qui concerne ces derniers, c'est le tonneau desDanaïdes; ils se renouvellent sans cesse. Dans ce pays si privilégié pour la reproduction des Oiseaux, sur plus de ({uatre cents Chats que possèdent certainement les lOi SÉANCE DU 14 AVRIL 1891 habitants, il y en a au moins la moitié, qui, toutes les nuits, se mettent en chasse dans les jardins, les parcs et les bois souvent très éloignés dans la plaine. Je ne discuterai pas sur l'utilité contestable du Chat au point de vue de la destruction des Souris et du Rat surmulot : il éloigne les premières par son odeur, beaucoup plus qu'il ne parvient à les détruire ; il évite le second plus souvent qu'il ne l'attaque, et les pièges les plus simples vous débarrassent de ces Rongeurs rapide- ment et sans grande peine. Mais, je mets en fait que les services qu'il rend sous ce rapport ne peuvent en aucun cas compenser le mal irréparable qu'il cause, en détruisant non seulement les Oiseaux, mais encore de petits animaux d'une inappréciable utilité, qu'il tue pour le plaisir de tuer, comme les Musaraignes dans les champs et les bois, et les Chauve-Souris quand il peut les sur- prendre dans les combles des greniers. Telles sont les principales causes du dépeuplement de plus en plus inquiétant des Oiseaux, non seulement en France, mais dans une grande partie de l'Europe, où les populations sont agglomérées. Dans cet exposé, je m'appuie sur une expérience acquise par un séjour constant à la campagne et des observations scrupuleusement relevées depuis de longues années. Rien que, clans le Midi de la France, l'absence de gibier entraîne les amateurs de chasse à tuer sans distinction tous les petits Oiseaux, le fusil et les fdets sont loin de produire une dévastation comparable à celle amenée par l'annulation de la i)lus grande partie de la reproduction. Si l'on veut porter remède à cette situation si grave pour les intérêts de l'agriculture et pour la conservation des espèces, il est urgent d'obtenir du gouvernement l'application la plus sévère de la loi pour la protection des Oiseaux insectivores, « nos gardiens, nos bons ouvriers ; » En second lien, d'obtenir la disqualification du Chat comme animal domestique, en le classant parmi les animaux nuisibles dès qu'il a quitté le domicile de son maître et qu'il est trouvé à vaga- bonder dans la campagne ; Enfin, que des primes soient accordées aux forestiers etaux gardes en général pour la destruction de tous les animaux qui font leur proie des œufs et des jeunes au nid. 105 Séance du 28 Avril 1891 PRÉSIDENCE Î)K M. l'Il. DAUTZENBEUG, VICE-PRÉSIDENT M. le Président annonce que S. A. S. le prince Albert 1°'', de iMonaco, a été élu correspondant de l'Académie des sciences, dans la section' de géographie et de navigation. La Société applaudit aux paroles que M. le Président prononce à cette occasion et,surla proposition de M. le Secrétaire général, décide d'adresser au Prince un télégramme de félicitations ainsi conçu : « Prince de Monaco, à Monaco. La Société Zoologiqne de France, réunie en séance, adresse à Votre Allesse ses plus chaleureuses félicitations au sujetde votre élection à l'Institut. — Le Président. » M. le Président annonce en outre que, dans sa séance générale du 17 avril dernier, la Société de géographie de Paris a nommé membres de la Commission centrale deux de nos collègues, le princeRoland Bonaparte et le baron Jules de Guerne. Cette Commis- sion, composée de 36 membres, comprenait déjà MM. de Quatrefages (actuellement président de la Société de Géographie), Milne- Edwards et Schlumrerger. La présence de nos collègues dans cette Commission fortifiera encore, au profit delà zoologie, la bonne entente des voyageurs et des naturalistes. Le second Congrès ornithologique international se réunira à Budapest le 17 mai prochain. Le Comité local a pour président M. le comte A. Bethlen, ministre de l'agriculture ; notre collègue, M. le professeur Géza Entz, est l'un des vice-présidents. Le Comité a organisé une exposition de tous les Oiseaux du royaume de Hongrie; le gouvernement de la Bosnie et de l'Herzé- govine exposera également une collection d'Oiseaux de ces pays; notre collègue, M. le professeui' Brusina, organise enlin une collec- tion d'Oiseaux de Serbie et du Monténégro. A l'occasion du Congrès il sera publié un ouvrage commémoratif donnant la biographie du premier ornithologiste hongrois, J. S. Peténvi, ainsi qu'une monographie de la Cresserelle à pieds rouges (Cerchneis vespertina L.). De plus, M, J. de Frivaldszky, directeur du Musée national hongrois, publiera un catalogue raisonné des Oiseaux de Hongrie. Le Congrès sera divisé en sept sections, dont voici la composition : l.Systétnatique. Rapporteurs : MM, R.-B, Sharpe (Londres) et le 106 SÉANCE DU 28 AVWL 1891 Di" A. Reichenow (Berlin). Commissaire hongrois : M. le D'' J. de Madarasz. II. Biologie. Rapporteur : M. le D^' E. Oustalet (Paris), vice-prési- dent de la Société Zoologique de France. Commissaire hongrois : M. le prof . D^ G. Entz, vice-président du Comité hongrois. III. Anatomie. Rapporteur : M. le D"" M. Fùrbringer (léna). Com- missaire hongrois : M. le prof. D' L. Thanhoffer. IV. Avigéographie. Rapporteur : M. le Di" E.-H. Giglioli (Florence). Commissaire hongrois : M. J. de Frivaldszky, conservateur- directeur. V. Oologie. Commissaire hongrois : M. le D^' Al. Lovassy. VI. Migrations. Rapporteur : M, le prof. J.-A. Palmén (Helsiug- fors). Commissaire hongrois : M. le prof. G. Szikla. VII. Ornithologie économique. Rapporteurs : MM. Ch.-Th. Liebe, conseiller aulique (Géra), Jacobi von Wangelin, maître des forets (Mersebourg) et Is. MÀday, conseiller ministériel (Budapest). Com- missaire hongrois : M. B. de Ghyczy, feld-maréchal en retraite. Une Commission spéciale, dont le rapporteur est notre collègue M. J. Paszlavszky, aura pour but d'élaborer une classification et une nomenclature universelle des Oiseaux (1). M. le prof. R. Collett, de Christiania, fera une conférence sur la vie des Oiseaux dans la Norvège arctique. M. V. von ïschudi- ScHMmHOFFEN cu fera une autre sur la vie des Oiseaux dans les Alpes. Des excursions au lac Balaton, au lac Fertô, à Mezôhegyes et à Drâvafok-Bellye, où se rencontrent de grandes colonies de Palmipèdes et d'Echassiers, auront lieu à partir du 21 mai. Les communications pourront être faites dans « toutes les langues »; toutefois le programme détaillé est écrit en français. M. Barjon, présenté à la dernière séance, est élu membre de la Société. MM. Blanchard et Railliet présentent M. le D^ Charles-W. Stiles, docteur eu philosophie, 5, rue Corneille, à Paris. MM. R. Blanchard et L. Petit présentent un Moineau (Passer ilomesticus) jeune, amputé de la jambe droite, un peu au-dessus de l'articulation tibio-tarsienne; le moignon s'est formé normalement. Du cotégauche, le pouce est normal, si ce n'est que l'ongleest court et épaissi. Les trois autres doigts sont amputés: le premier et le (1) Voir à ce sujet un important U'avail de M. Alpli. Duhois, qui paraîtra dans les Mémoires et qui doit être présenté au Congrès. SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 107 troisième n'ont cliacuii qu'une phalange; le second en a deux entières et est amputé ))rès l'extrémité proxiniale de la troisième. Ainsi impotent, l'Oiseau ne pouvait se percher, mais était capahle de courir assez vite, en s'appuyant du coté di-oit sur sou moignon. La chasse des Insectes ne lui était donc pas impossible, et son bel état de développement, au moment où il fut pris dans un piège, témoignait de la facilité avec laquelle il a pu trouver sa nourriture. Après sa capture, il se tenait le plus souvent couché dans sa cage; il est mort au ])Out de plusieurs mois de captivité. LISTE DES ARACHNIDES RECUEILLIS PAR M. CIL JLMJOT DANS LA SIBÉRIE OCCIDENTALE, EN 1890, par Eug. SIMON, Ancien Président de la Société. Les Arachnides recueillis par M. Ch. Rabot dans son récent voyage d'exploration en Sibérie occidentale appartiennent, sauf •trois {Phalangium Nonknskioldi L. Koch, Titanoeca sibirica L. Koch, Tetrugnatha grocnlandica Thorell), à la faune de l'Europe centrale. L. Koch avait déjà indiqué l'extension de cette faune au delà de l'Oural et presque toutes les espèces observées par M. Ch. Rabot avaient déjà été signalées par cet auteur, même de régions plus orientales de la Sibérie. « La région de la Petchora, m'écrit M. Ch. Rabot, est couverte de forets d'arbres verts et constituée par des sables ; les étés y sont chauds, les hivers froids et longs. « Parmi les espèces citées, les unes habitent d'ordinaire les berges sablonneuses des v'iviëres {Lycosa cinerea Fabr.), d'autres se trouvent dans les forêts de Pins des montagnes de l'Europe septentrionale et centrale {Epeira West ri n g i Th., Lijcosa pinelorum Th., Umjphia phrygiana C. Koch, etc. LISTE DES ESPÈCES. Arachnides recueillis à Mammaly (Mammaly en Syriaue, ouest Paschov, eu russe), sur la Petchora, 62^ Lijcosa cinerea Fabr. Steatoda hipunctala L. 108 SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 Entre Mammaly et Mouilva (eu russe Petchorskoï TnYitzkoé), sur la Petchora, 62° 50'. Ijjcosa cinerea Fabr. Tetra gnatha ejctmsa L. Lycosa cuneata Clerck. Epcira marniorea CL, forma prin- Pardosa palustris L. cipalis. Entre Mouilva et Potcherem, entre 62^50' et 64°. Pardosa palustris L. Epeira mannorea, CL, fonna prin- cipalis. Dans la vallée iuférieure de la Clionyor, jusqu'au conlhieut de la Volokovka (04° de lat. N.) Pardosa fcrruginea L. Koch. Liniiphia plirijgiaim L. Kocli. Epeira patayiata CL Liiujpliia insiynis Blackw. Epeira marmorea CL, forma pria- Titanoeca sibirica L. Kocli. cipalis. Prosthesiina suhterranea C. Koch . Pachygnatha Listeri Simd. Oliyolophns morio Fabr. A Liapiue, sur la Sygra, à 4 kilomètres du point appelé Jurt- Sukker-Ja-Paul [Atlas de Stieler). Epeira marmorea Cl., forma pria- Telragnatha extensa L. cipalis. Philodromus histrio Latr. Epeira patagiata CL Dans la vallée de la Sygra, entre Liapiue et le contluent de la Sosva (Sibérie). Epeira cornnta Cl. Philodromus emarginatus Sclirank. (tongylidium rufipes L. Callietliera scenica Cl. Dans la vallée de la Sosva jusqu'à Bérésov (Sibérie), 64° de lat. N. Epeira marmorea CL, forma prin- Bolyphantes index Thorell. cipalis. ■ Xysticus pini Hahn. Epeira cornnta Cl. Philodromus emarginatus Schiank. Epeira patagiata CL Philodromus aureolus Cl. Epeira Westringi Thorell. Clubiona erratica C. Koch. Tetragnatha groenlandicaThoreW Prothesima rustica L. Koch. Theridion pictum Walck. Ei-gane (Ilasarius) falcata CL Steatoda bipunctata L. Entre Bérésov ((i4oj et Saniarovo, au conlluent de V Obi et de r Irtisch (61") , SÉANCE DU 28 AVIUL ISOI 101) Epeira cornuta Cl. aoiu/i/lldium rufipes L. Tetraiinatliagroi'nlanilifiThovel I l'lialiin(jiiun NordcnskiôliU L. Sicaloda bipunctata L. Koch. Dans l'Oural, entre leconllueol de la Changor et de la Volokovka (Europe) et Liapiue (Sibérie). Pardo.sa ferrwjinea L. Koch. Unyphia phrugiima C. Koch. Lycosa pinctorum Thorell. OUi/olophus inorio Fabr. DESCRIPTIONS DH ori:i.OURS ARACHNIDES DU COSTA-RICA, COMMI NIQl'KS P\R M. A GEÏAZ (DE GENÈVE), par Eug. SIMON, Ancien Président de la Sociélé. 1, Hapalopus ruficeps, sp. nov. 9 long. lo°iin, Ab H. eleiiaïU.' E. Sim., cui atfinis est, dilîert cephalothorace omnino rufo-miniaceo (macula fusca cephalica carente), abdomine nigro-velutino, parce rufulo-hirsuto, macula média late ovata pallide-flava, antice arcu integro et utrinque arcubus aurantiis structe decorato, sterno, partibus oris, coxis trochanteribusque fulvo-rufulis, chelis, pedibus-maxillaribus, pedil)usque omnino nigricanti-olivaceis, tibiis quatuor auticis omnino muticis, meta- tarsis aculeis binis inferioribus, altero paulo ante médium, altero ad apicem sitis, arniatis. Costa-Rica (Getaz). CuPiENNius, nov. gen. A f'tcno differt cephalothorace humiliore, area oculorum mediorum haud longiorequam latiore et antice quam postice multo angustiore, oculis mediis anlicis posticis salteni duplo minoribus, lateralibus anticis parvis a mediis posticis parum remotis et evi- denter infra medios sitis, clypeo oculis mediis anticis rarius duplo latiore, parte labiali evidenter longiore quam latiore, subparallela, apice truncata etdimidium laminarum saltem attingente, pedibus longioribus et, praesertim metatarsis et tarsis, multo gracilioribus, parum dense scopulatis, tibiis metalarsisque anticis aculeis infe- 110 SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 rioribusut in Cteno dispositis et in utroque sexu aculeislateralibus binis longis utrinqne armatis. Ce nouveau genre diffère principalement du genre Ctenus Walck. (sensu stricto) par son bandeau plus étroit, ses yeux médians beaucoup plus inégaux, les antérieurs étant beaucoup plus petits que les postérieurs, sa pièce labiale plus longue, ses tibias anté- rieurs pourvus d'épines latérales dans les deux sexes (dans le genre Ctenus, ces épines manquent chez les femelles). 2. CupiENNius Getazi, sp. nov. $ long. 25"^°^. Céphalothorax pallide fusco-castaneus, admarginem late dilutior et i'ulvus, breviter et dense fulvo-cinei-eo-pubescens, antice sensim albidior, parte cephalica, antice pone oculos, utrinque vitta abbre- viata obscuriore et subglabranotata, facie utrinque lato infuscata et subglabra. Oculi medii antici leviter prominuli, posticis circiter 1/3 minores, Clypeus oculis anticis saltem duplo latior. Linea oculorum secundasat valde procurva. Abdomen auguste oblongum, crebre fulvo-cinereo pubescens, fulvo fuscoque hirsutum, in parte prima vilta longitudinali latissima, in parte altéra maculis seriatis quinque transversis fulvo-cervinis et angustissime fusco-marginatls decoratum, subtusomninofulvum. Sternum coxaeque nigerrima et nigro-velutina. Partes orisnigrae. Chelae nigrae sublaeves, in parte apicali subglabrae, in parte basali llavido-pilosae et extus lineis glabris binis ornatae. Pedes longi et robusli, luridi, pallide fulvo- ciuereo-pubescentes, femoribus inferne crebi-e et minute fusco- punctatis et annulo apicali angusto nigricanti notatis, tibiis annulo apicali simili tantum ornatis, aculeis ordinariis. Plaga vulvae lon- gior quam latior, subparallela, rufula, parte média longitudinali parallela rugosa atque opaca et utrinque parte laterali nitida notata. Costa-Rica (Getaz). Nota. — Nous possédons deux autres espèces du même genre. 3. CUPIENNIUS OCULATUS, Sp. UOV. 9 Long. 26mm, Céphalothorax castaneus, dense et sat longe fulvo-pubescens sed versus marginem sensim albidior. Oculi medii antici prominuli, posticis circiter 1/3 minores. Clypeus oculis anticis non multo latior. Abdomen oblongum fuscum longe cervino-pilosum, in parte prima vitta longitudinali lanceolata dilutiore sed fusco-marginata, in parte altéra utrinque macula flavida rotunda et fusco-limbata laete ornatum, subtus fulvo-aurantiacum, vitta média nigra latis- sima, postice leviter attenuata, uotatum. Sternum coxaeque casta- SÉAiNCE DU 28 AVRIL 1801 111 nea aui'autiaco-i)ubesc(Mitiii. Partes oiis iiigrae. Cljclac iiigrae, iisquc ad apieem pallide tulvo-liirsutae. Podes lougi et robusli, caslanei, fulvo-pubescentes, feinoribus siibtus pallidioribiis, aiiiuilis nigri- cantibus biuis latiset sinuosis amiuloque apicali decoratis, patellis subtus obscuris, tibiis subtus aunulis binis (iiiedio et apicali) ol)Scurioribus, sed paniin expressis notatis, aculeis ordiiiariis. Plaga viilvae loDgior quani latior, fiisca, leviter rugosa, carina média plana, subtiliter striata, aiitice posticeque seusini attenuata, longi- tadinaliter secta. Ouate ma la. Cette espèce nous a été donnée par M. Geo. Peckbam, 4. CUPIENNIUS CELERRIMUS, Sp. UOV. c'' long. 12mm. Cephalothoi-ax fulvo-rufescens, laete flavo-pubescens, uti'inque vitta margiuali latissima recta dilutiore et pallide llavido-pilosano- tatiis. Oculi medii antici posticis saltém 1/3 minores. Clypeus oculis anticis vix latior. Abdomen auguste oblongum, olivaceum, supra llavo-nitido pubescens, iu iaterii)us et subtus pallide tlavido-pilo- suni, vitta ventrali paulo obscuriore et sat angusta subtus nota- tum. Sternum, partes oris, cbelae, pedesque lurida. Pedes longis- simi, longissime aculeati. Pedes-maxillares luridi, longi et graciles, femore, versus basin leviter compresse et attenuato, supra aculeis 1-1-4 armato, patella paulo longiore quam latiore, parallela, aculeo iuteriore tantum armata, tiliia patella saltem dimidio lougiore, tereti sed versus apicem leviter incrassata, prope basin aculeis lon- gissimis triuis armata, extus apopbysi apicali, leviter infra directa brevi, simplici et obtusa ai-mata, tarso parvo, tibia multo breviore et vix latiore, bulbo parvo, tertiam partem apicalem tarsi baud attiugente. 9 long. 15mm. Cepbalotborax ut in mare sed clypeo paulo latiore. Abdomen paulo latius, in parte secunda maculis binis ovatis flavido-opacis et fusco-limbatis ornatum. Pedes paulo breviores, tibiis metatar- sisque auticis aculeis interioribus et lateralibus munitis sed dorsa- libus carentibus. Plaga vulvae nigra, subtiliter rugosa, paulo lon- gior ([uam latior, striis duabus, postice sensim et leviter divaricatis impressa. Brésil : Telle, province de Amazonas. 5. PeUCETIA QUADRILINEATA, Sp. UOV. 9 long. 12mm. Pallide viridis,ceplialothorace punctis nigris parvis et paucis qua- H2 SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 driseriatim ordinatis, clypeo lineis nigris quatuor (mediis a latera- libus quam iuter se vix remotioribus), clielis autice lineis nigris hinis, médium superautibus sed apice haud attiugentibus, uotatis, sterno et parte labiali linea média uigra intégra uotatis, pedum maxillarium pedumque articulis cunctis (tarsis exceptis) grosse nigro-punctatis, subguttulatis, abdomine vittis dorsalibus binis parallelis albidioribus oruato. Plagula vulvae obscure viridis, ovata, lougiorequamlatiore, longitudinaliter sulcata, postice leviter constricta cum angulis nigris minutissime dentatis. Costa-Rica (Getaz). A 7*. thalassina G. Koch et P. Poyel Lucas diiïert clypeo sterno chelisque nigro-lineatis et plagula vulvae longiore quam latiore. A P. .'itriata Karsch (cui valde afïïnis est /'. quddrilineatam et cephalothorace chelisque subsimilem) ditïert sterno nigro-lin:eato et plagula vulvae brevissime cornuta (in P. striata longe coruuta). ENTOMOSTllACÉS, ROTIFERES ET PROTOZOAIRES PROVENANT DES RECOLTES DE M. E. BELLOC DANS LES ÉTANGS DE CAZAU ET DE HOURTINS (GIRONDE), par Jules de GUERNE et Jules RICHARD. Bien que certains d'entre eux ligurent parmi les plus grandes nappes d'eau de la France, les étangs littoraux de la Gironde et des Landes n'ont été l'objet d'aucune recherche zoologique suivie. Concernant les quelques groupes d'animaux dont il s'agit ici, nous n'avons à citer que de courts passages d'une note publiée en 1889 l)ar le professeur Moniezdansle Bulletin di' la Société d' Etudes scien- ti/igues de Paris (i), et une dizaine de ligues servant d'explication aux ligures d'une planche ajoutée par M. Certes au tirage à part d'un tra- vail (2) paru dans les Comptes-rendus de l'Association française pour l'Avancement des Sciences, session de la Rochelle, 1883. Aussi, avons - (1 ) Pêclies (le M. Adrien Dollfus en quelques points de la France et de la Hollande. BuU. Soc. scient. Paris, 12» ann." 1'^ semestre 1889. Celte noie ayant paru dans un recueil très peu connu, nous en avons extrait tout ce qui concerne l'Étang de Cazau. (2) Analyse micrograpltique des eaux, 27 pages. L'auteur a joint au tirage à part deux planclies coloriées el leur explication. C'est dans celle-ci seulement qu'il est SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 113 nous reçu avec une vive satisfaction le produil de plusieurs pêclies faites dans les Etangs de Cazau et d'Hourfins par M. Emile Belloc. Ses recherches ayant eu surtout pour but la récolte des Diatomées, deux pêches pélagiques seulement nous ont fourni des matériaux d'étude. Elles ont été exécutées, la première à Hourtins, à l'est de l'Etang, dans la partie comprise entre les villages d'Hour- tins et de Carcans, le 6 août 1890; la seconde, à quelque distance de la rive occidentale de l'Etang de Cazau, le 6 septembre 1890. Dans les deux cas, le filet était traîné à 1 mètre de profondeur environ(l). Dnns le tableau ci-contre, la pêche d'Hourtins est désignée par le chiffre II, celle de Cazau par le numéro 111. Le chiiïre I correspond à la pêche pélagique faite à Cizau le 27 avril 1888 par M. Adrien Dollfus et que le professeur Moniez a examinée. On remarquera que les espèces observées par notre collègue et par nous sont presque toutes différentes. Ce fait s'explique eu partie par l'écart des dates (avril-septembre) auxquelles les recherches ont été accomplies. Mais il résulte certainement aussi de rinsulhsance de celles-ci. Bien que la liste publiée par le professeur Moniez se trouve aujourd'hui plus que doublée, grâce à M. Belloc, il s'en faut qu'elle puisse être regardée comme complète. De nou- velles explorations l'auguienteraient sans doute dans de très fortes proportions. Quoiqu'il en soit, plusieurs des Crustacés connus dès maintenant dans les étangs de Cazau et d'Hourtins donnent lieu à d'intéres- santes remarques, surtout en ce ({ui concerne la faune française. Diaptomus gracUis n'avait été recueilli eu France que dans le département de la Marne, à Vanault-les-Dames. Cette localité nou- fait mention de TÉtang de Cazau, lequel n'est cité nulle part dans le texte. Les fis. 4 à 8 de \\ Planche I sont relatives à l'eau de rÉtana, prise sans doute à Arcachon où elle est amenée pour ralimentation delà ville. Même observation pour la note de M. Certes que pour relie du professeur Moniez; les planches ajoutées sont très peu répandues. Nous ferons remarquer d'ailleurs que les titres de ces notes n'indiquent aucunement qu'il y soit question de l'Etang de Cazau et qu'elles risquent fort, pour cette raison, d'échapper aux bibliographes les plus consciencieux. (1) La longueur de l'Étang de Cazau est d'environ 12 kilomètres, sa largeur moyenne de 5, son pourtour de 40. Sa surface mesure près de 7UU0 hectares, sa profondeur ne semble pas dépasser 14 mètres. L'Étang d'IIoui'tins a IG kilomètres de longueur sur une largeur moyenne de 4. Sa surface mesure environ 3G0II hectares. Sa profondeur estde 14 mètres au maximum. XVI. - 10 114 SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 velle de la GiroDcle, marque actuellemeut la limite méridionale de cette espèce très répandue dans le nord de l'Europe (1). Holopediuni gibberum. — L'étang de Cazau est le troisième point où l'on trouve en France ce curieux Cladocère précédemment signalé dans les Vosges à Gérard mer (Moniez) et en Auvergne (Richard). Ceriodaplniid rotiinda. — L'existence de cette espèce, découverte par Straus aux environs de Paris, en 1819, et que le professeur Moniez avait seul revue dans le département du Nord, est constatée pour la première fois dans le Sud-Ouest de la France. Bosiiiina corcgoni. — Le professeur Moniez a fait remarquer déjà (loc. cit., p. 4) que la présence de cette espèce, désignée par lui sous le nom de B. rotunda Schœdler, était indiquée pour la pre- mière fois, en France, dans l'étang de Cazau. Nous l'y retrouvons, ainsi qu'à Hourlins, où elle parait être plus abondante. C'est un type très variable, dont beaucoup de formes ont été à tort consi- dérées comme distinctes. Il convient, à l'exemple de Lilljeborg et de Poppe, de les ramener au rang de simples variétés (2). Bosmina longicornis. — La seule localité française de cette espèce en dehors de Cazau, est le lac de Gérardmer, où le professeur Moniez l'a trouvée précisément comme ici, avec Holopedium gibbr- rum. Drepanotkrix dentata. — Type remarquable, connu en quelques points du Nord de l'Europe et en France aux environs de Tulle (Richard) et à Cazau (Moniez). Leptodora Kindti. — Ce beau Cladocère signalé pour la première fois en France dans les lacs d'Annecy et du Bourget, par Imhof, a été trouvé par le professeur Moniez dans un étang littoral du département de la Somme, le Hàble d'Ault et plus récemment par de Kerhervé dans un petit bassin du parc de Versailles. Sa présence à Cazau étend notablement son aire de distribution géographique dans le Sud-Ouest du Continent européen; la localité la plus méri- dionale où nous le connaissions est le lac d'Albano en Italie (Pavesi). (1) Voir de Gi'erne et Richard, Révision des Calanides d'eau douce. Mëm. Soc Zoolog., do Fiance, II, 1889, p. G7 et p. 112, note 2. (2) S. A. Poppe, Notizen zur Fauna der Siissicasser-Becken des nordu-estlisriieii Deulschland, etc. Abhand. Naturw. Ver. Bremen, X, 1889, p. 548. SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 lia Copiîponiis Cijclops viridi!> S, Fischer » sp. ? jeune Diaplomus gracilis G. 0. Sars. OSTRACODE Cypridopsis viduaO.F. MùUer. Cladocères LOCALITES Sida crystallina 0. F. M Ciller Daphnella brachyura Liévin )) hrandtiana S. Fischer — Holopediuin gibberiim Zaddach Ceriodaphnia quadrangula Leydig. . , » • rotunda Straus Bustnina coregoni Baird » cornuta Jurine )) longicornis Schœdler Drepanotlirix dentaUt Eurén Eurycercus laiiiellatus 0. F. Mùller.. . Cainptocercus sp.? Àlona tubercu lata Kurz (V) ChydoriLS sphœrlcus 0. F. MiiUer. . » var : minor' Lilljeljorg.. . . Leptodora Kindti Focke ROTIFÈRES Ànurœa cochlearis Gosse Pterodina sp.'? Protozoaires Peridinium tabulalum Ehrenberp.- Ceratiuin longicorne Perty Traclielonwnas cylindrica Ehrenberg Nebela collaris Leidy Cazau III. ï. M. I. I. m I. I. III, 1 exemplaire 1, 2 ex. III, T. R . IIL T. G. I. I, 3 exemplaires I III, A. R. III. Certes. III, T. R. III, A. C. Certes. Certes. HoURTINS II, T. R. II, A. C. II, C. II, A. C. II, débris. II, carapace vide II, carapace vide II, A. R. II, R. 116 SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 DESCRIPTION D'UNE NOUVELLE ESPECE DE SCALPELLUM DU JAPON, par le Dr P. FISCHER, Ancien Président de la Société. Le genre Scalpellum, si développé dans les dépôts fossilifères crétacés, paraît moins riche en formes tertiaires. Les espèces vivantes étaient considérées jasqu'à ces derniers temps comme peu nombreuses relativement aux espèces fossiles. En elïet, G. Darwin, dans son ouvrage classique sur les Cirrhi- pèdes (l),ne mentionnait en 1851 que 6 espèces actuelles réparties en deux sections : la première, composée des ScalpeUam vahjarc Leacli, S. ornatum Gray, S. rutilum Darwin, est caractérisée par l'absence de la pièce subcarinale et l'existence de 14 pièces au capitule; la seconde, renfermant les S. rostratum Darwin, S. Peroni Gray, G. villosum Leach, est caractérisée par la présence d'une pièce subcarinale, le total des pièces du capitule étant de 15, 13 et 14. Mais les dragages en mer profonde ont fait connaître une quantité d'espèces nouvelles de Scalpel! nm, dont la plus grande partie paraissent cantonnées dans la zone abyssale. Le travail de Hoek (2) montre que sur 43 espèces recueillies durant l'expédition du Challenger, 3 vivent à environ 100 brasses anglaises (3) de profon- deur, 4 de 129 à 130 brasses, une (4) de 83 à 516 brasses, 13 de 300 à 1,000 brasses, 13 de 1,000 à 2,000 brasses, 9 de 2,000 à 2,850 brasses. Ce dernier chitïre, qui correspond à 5,209 mètres, paraît indiquer l'extrême limite de la distribution bathymétrique du genre. Les Cirrhipèdes des expéditions du Talismaii et de l'Hirondelle n'ayant pas été encore publiés, il est possible que leur examen ajoute quelques formes nouvelles ; mais en 1883, d'après le relevé de Hoek, on connîiissait 32 espèces vivantes de Scalpellum, dont les plus grandes provenaient de la zone abyssale. L'espèce nouvelle que nous allons décrire a été recueillie à une faible profondeur sur le littoral du Japon, par notre regretté (1) A Monograph on the sub-class Cirripedia. The Lepadidœ, p. 215 et suiv., 1831. (2) The Voyage of H. M. S. Challenger. Report on the Cirripedia, vol. VIII, 1883. (3) La brasse anglaise vaut l" 828. (4) Cette espèce est le S. Stroemi Sars. SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 117 collègue, l'abbé Culliéret, aumônier de la Hotte. Elle m'a été com- muniquée par mon ami M. Ph. Dautzenberg. A la môme époque, M. de (îuerne m'a confié un autre Cirrliipède pédoncule, provenant aussi des envois de l'abbé Culliéret et obtenu à Tahiti. Je crois (jue ce Cirrhipède, appartenant sans aucun doute au curieux genre /jY/îo^r/ya, doit constituer une nouvelle espèce ; malheureusement le mauvais état de conservation de ses Icrfja ne permet pas, à mon avis, une détermination spécifique rigoureuse. Je me bornerai donc à signaler la présence d'un lAtholrya, assez voisin du L. dorsaUs Sowerby, dans les parages de Tahiti. Scalpellum calcariferum p. Fischer. Capitule (1) de grande taille (longueur 40 2 scuta, 2 terga, 1 carina, 1 rostrum, 2 supéro-latérales, 2 rostro-latérales, 2 infra- jnédio-laté raies, 2 carino-latérales. Pédoncule muni d'écaillés oblongues, transverses, solides et paraissant subim- briquées à létat sec. Scatuni de forme subtrapézoïdale, irré- gulière, à bord Qccludent légèrement con- vexe, à bord latéral concave, à bord basai rectiligne. Surface ornée de costulations parallèles aux bords et de deux carènes décurrentes dirigées vers le bord latéral et partant de Vapex qui n'est pas terminal, mais placé au niveau de l'union des trois- quarts inférieurs, avec le quart supérieur du bord occludent. Tergum subtrigone, aigu au sommet, à bord ventral [occludenl) légèrement arqué et convexe. Surface ornée de côtes obli- ques, espacées, parallèles au bord infé- rieur, et se relevant à angle aigu près du bord carinal ; sommet aigu. Carina Ibngue, coudée, étroite, à som- met (umbo) non terminal, placé vers mm ) composé de 14 pièces; SCALI'KI.HM CALCAHIFKIUM Fischer. Légende. — p, pédoncule; .s, sciUuni ; /, tergum ; c, cai-ina ; si, pièce supéro- lalérale ; ?"/, pièce l'ostro- latérale ; //, pièce infra- niédio-lalénile ; cl, pièce carino - latérale. Grandeur naturelle, d'après un dessin de M. A. Bertrand. (1) Pour la description de cette espèce, nous employons les noms attrilmés par Darwin aux parties solides des Lepadidœ, H 8 SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 l'union dii tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs. De cet umbo assez saillant descendent quatre carènes décurrentes. Surface ornée de costnlations transverses plus prononcées au-dessus qu'au- dessous de y umbo. Rostrum très petit, à peine visible, Hrigone, encastré dans les extrémités umbonales des pièces rostro-latérales. Pièce siipéro-latérale pentagonale, à apex subcentral, d'où partent cinq carènes rayonnantes ; surface ornée de costnlations parallèles à la périphérie. Pièce rostro-latérale épRisse, étroite, trigone, trausverse, à sommet en contact avec celui du côté opposé ; surface munie de deux carènes décurrentes, dirigées du sommet vers le bord externe. . Pièce infra-médio-latérale subquadrangulaire, ornée de cinq carènes décurrentes, partant du sommet qui est situé près du bord inférieur ou pédonculaire. Pièce carino-latérale arquée, unciforme, concave au-dessus, à sommet saillant débordant beaucoup le côté dorsal de la caiina, solide, bianguleuse, munie de deux ou trois saillies décurrentes du sommet. Cette pièce est tout à fait caractéristique par sa saillie au côté dorsal du capitule. Habitat. — Ènoshima (Japon). Nous n'avons vu qu'un seul spécimen qui était fixé sur une coquille univalve {Troclius argenteo- nitem Lischke), draguée à une faible profondeur. Obsercations. — Cette espèce est remarquable par l'épaisseur des pièces rostro-latérales et carino-latérales, ainsi que par la saillie si prononcée et la forme recourbée eu ergot des sommets des pièces carino-latérales. Une disposition analogue, mais très faiblement indiquée, se montre chez les S. vubjare Leach, et S. Stroemi Sars. Aucune des grandes espèces de Scalpelluni représentées dans l'ouvrage de Hoek ne peut être confondue avec notre S. calcariferum. Parmi les Scalpellum fossiles, une espèce du Grag d'Angleterre, le S. magnum Darwin (1), montre de grandes analogies avec le S. caJ- cariferum', par là forme générale de ses pièces et la projection des sommets des carino-latérales, au-delà du bord dorsal du capitule. (1) A monograph on the fossil Lepadidœ. Palœontographical Society, p. 18,pl.I, fig. 1, 1851. SÉANCE DU 28 AVRIL 1891 NOTE SUR LES MKUSA'ITONS DU TAIiNIA GRACIUS KliAiJBK par le D' Raphaël BLANCHARD. M. Thomas Scott, de Leitli (l£cosse), a publié récemment un tra- vail sur les Ostracodes (1), dans lequel il décrit sommairement et figure un parasite qu'il a découvert chez Candona rostrata Brady et Norman. Ce parasite fut soumis à l'examen de M. Norman, qui n'en reconnut point la nature; cependant, M. Andrev^^ Scott, fils de M. Th. Scott, avait émis l'opinion qu'il s'agissait d'une larve de Cestode. Le travail de M. Th. Scott m'étant tombé par hasard entre les mains, je reconnus immédiatement dans sa figure un Cysticercoïde, que je crus même pouvoir rapporter au Taenia gracilis, bien que l'au- teur n'eût décrit et figuré que six crochets, au lieu de huit. J'écrivis alors à M. Scott que le parasite qu'il avait découvert et dont la nature lui semblait douteuse était sûrement une larve de Téniadé et presque sûrement la larve du Taenia gracili.'^, détermination qui pourtant ne pouvait devenir certaine qu'après examen de la prépa- ration. Je le priais donc de m'envoyer celle-ci, ce qu'il s'empressa de faire avec une parfaite courtoisie. M. Scott décrit le parasite comme étant de forme obscurément rhoinboïdale, à base tronquée et profon- dément déprimée et comme possédant six crochets, dont trois incurvés en dedans et trois en dehors. La figure ci- contre, empruntée au travail de M. Scott, représente assez exactement le parasite. La description de celui-ci, quoique brève, est exacte, si ce n'est qu'il possède huit crochets et non pas six : chacun des deux crochets extrêmes recouvre un autre crochet, c[ui devient apparent quand on fait varier la mise au point. La larve appartient donc à une espèce de Téniadé à huit crochets, ce qui est précisément le cas pour le Taenia iji'acilis. Le Cysticercoïde a bien la forme que lui assigne M. Scott : il (1) ïli. Scott, Notes on a small collection of fresh-water Ostracoda (roiii Ihe Edinburgh district. Proceed. o( Ihe R. physical Society o£ Edinburgh., X, p. 3i:j, 1890-1891. 120 SÉANCE DU. 28 AVRIL 1891 mesure 200 y. sur 180 xxix, séance du 22 octobre 1887, SÉANCK DU î) JUIN 18!)1 15^ prendre part à cette cérémonie et. prie M. le Président do les trans- mettre au Comité d'organisation. La Société helvétique des sciences naturelles tiendra sa 74^ session annuelle à Fribourg, les 19,20 et 21 août. La Société suisse de géologie et la Société botanique suisse se réuniront en même temps dans cette môme ville. M, le professeur M. Musy, président du Comité local, invite la Société zoologique de France à se faire représenter à cette réunion solennelle. La Société prie MM. G. Cotteau et P. de LoRiOLde la représenter. M™e M. Chancel, mm. Huber, Labbé et Margonnet, présentés à la dernière séance, sont élus Membres de la Société. M. R. Blanchard annonce que M^^^ Chancel désire être inscrite en qualité de Membre donateur. MM. R. Blanchard et Secques présentent M. le D'' Raymond NoGuÉ, à Argelès de Bigorre (Hautes-Pyrénées). M. Certes, délégué de la Société au Congrès de l'Association pyrénéenne à Bordeaux, rend compte de sa mission. Les deux conférences de M. le professeur Bouchard sur « -Les Basques, » de M. le professeur Jullian sur « Bordeaux à l'époque romame », ont été fort applaudies. Les excursions à Arcachon, en Médoc, à Saint-Emilion, sans parler de l'excursion finale à Dax, à Cambù, à Saint-Sébastien, à Burgos, bien que contrariées par le temps, ont été fort réussies. Partout, aussi bien à Bordeaux qu'aux environs, les congressites ont reçu des municipalités et de leurs confrères girondins l'accueil le plus gracieux. Il serait trop long d'énumérer les quarante-deux communications, fort intéressantes pour la plupart, qui ont été présentées aux sections. Je rappellerai seule- ment que deux de nos confrères MM. Durègne et de Guerne, ont vivement intéressé l'auditoire; le premier, en recherchant la nature et l'origine des « Dunes du Littoral Girondin », le second, en pré- sentant une note « sur la faune de l'Etang de Cazau », dont nous avons eu la primeur (1). Il a été déposé, eu outre, un certain nombre de vœux dont un, au nom de la Société Zoologique, relatif à la destruction des petits Oiseaux. Ce vœu est ainsi conçu: « L'Association pyrénéenne, en présence des faits de destruction en masse des petits Oiseaux qui lui sont signalés de toutes parts, et (1) Biillet. Soc. Zool. de France, XVI, 2S avril 1891. loG SKAXCE DU 9 JL'IX 1891 notamment de la diininutioQ du nombre des Hirondelles, constatée cette année, dans une proportion inquiétante, sur beaucoup de points, émet le vœu : » 1° Que les pouvoirs publics se préoccupent d'un état de choses aussi funeste au point de vue agricole et viticole et fassent observer les dispositions de la loi, éludées ou tombées en désuétude dans beaucoup de départements ; » 2° Que les Conseils généraux soient appelés à délibérer sur le maintien des dispositions des arrêtés préfectoraux sur la chasse, qui autorisent, dans un certain nombre de départements, la capture des Oiseaux dits de passage, par des procédés absolument destructeurs ; » 3" Eu ce qui touche plus particulièremeut les Hirondelles, qui sont surtout détruites à leur arrivée sur les cotes de la Méditer- ranée, émet le vœu que la conservation d'un Oiseau aussi utile à l'agriculture de tous les pays, fasse, au besoin, l'objet de conven- tions internationales. » Ce vœu, que M. Certes avait présenté et appuyé devant la section en rappelant les démarches antérieures de la Société Zoologique de France, les articles parus dans le Bulletin et dans les jour- naux (1), enfin en rendant sommairement compte de l'enquête à laquelle il avait procédé en ce qui touche les Hirondelles, ce vœu a été adopté à l'unanimité en séance générale du Congrès. En terminant, M. Certes propose à la Société de déposer le même vœu au Cougrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, qui se tient cette année à Marseille. C'est précisément sur les côtes de Provence qu'en France les destructions d'Hirondelles sont opérées en masse, sans aucun souci des intérêts généraux de l'agriculture. Présenté et appuyé au Congrès de Marseille, il rece- vrait une publicité qui serait de nature à émouvoir l'opinion, trop indifférente jusqu'à présent à ces bécatombes imprévoyantes et sauvages. (1) Notamment deux articles de Jean de Nivelle parus dans le Soleil. SKANGK DU JUIN 1891 11)7 DEVELOPPEMENT EXPERIMENTAL DU CYSTICERCUS TENUICOLLIS CHEZ LE CHEVREAU, par A. RAILLIET, Professeur à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, PrésidenL de la Société. Un cas d'invasion générale du foie et du poumon par de jeunes Cysticerques, récemment ol»servé chez un Porcelet de deux mois, m'engage à publier le résultat d'une expérieuce que j'ai faite il y a quelques années sur le développement du Custicercus tenuicollis. Le 20 juin 1888, je fais prendre à un Chevreau de six semaines un Tœma marginata entier, recueilli quelques instants auparavant dans l'intestin grêle d'un Chien qui venait d'être abattu. Ce Ténia mesurait 1™30 de long; je n'en avais séparé que la tète, dans le but d'assurer la détermination de l'espèce : elle portait 32 crochets, les plus grands longs de 195 u. et les plus petits de 130 [«.. L'animal ne présente aucun trouble appréciable pendant huit jours, mais le 29 juin, à midi, on le trouve couché et presque saus mouvements, ne prêtant plus aucune attention à ce qui se passe autour de lui. A 4 heures de l'après-midi, il est encore dans la même position, mais fait entendre des plaintes répétées en s'agitaut sur sa litière. Il succombe à 5 heures. L'autopsie pratiquée immédiatement après la mort montre une petite quantité de sang épanché dans la cavité abdominale et mélangea une abondante sérosité. Dans ce liquide nagent quelques vésicules transparentes. Le foie montre les traces évidentes d'une hémorragie peu accusée, à la vérité, mais ayant concouru sans doute à hâter le dénouement fatal. L'organe tout entier est friable et gorgé de sang. Sa surface est comme réticulée par une quantité innombrable de petits sillons longs de 1 à 2 centimètres, d'une teinte rouge plus ou moins foncée, remplis de sang coagulé et ren- fermant chacun une ou plusieurs vésicules transparentes, analogues à celles trouvées en liberté dans la sérosité sanguinolente du péritoine. En pratiquant des coupes dans l'épaisseur du foie, on constate que dans tous les points existent de semblables galeries, gorgées, comme celles de la surface, de sang coagulé et renfermant de même des vésicules. La (|uantité de celles-ci, qu'on fait sourdre par une 138 SÉANCE DU 9 JUIN 1891 simple pression exercée au voisinage de la coupe, est véritablement extraordinaire. Les autres viscères abdominaux n'offrent aucune altération appa- rente, mais en pénétrant dans la cavité thoracique, on reconnaît que le poumon présente lui-même un petit nombre de vésicules situées immédiatement sous le revêtement pleural et entourées d'une aréole rouge ecchymotique. L'examen de ces vésicules, et plus spécialement de celles recueil- lies dans le foie, les montre pour la plupart assez régulièrement ovoïdes, parfois avec un rétrécissement marqué à l'un des pôles. Mais presque toutes offrent déjà, et précisément au pôle le plus étroit, une petite tache opaline en forme de coupe, donnant l'indi- cation très nette de la cavité d'invagination, au niveau de laquelle se développera la tète. Elles atteignent une longueur de 1™°! 5 à Il me parait inutile de discuter la signification de ces vésicules : il est de toute évidence que ce sont les jeunes larves du Tœnia marginata en voie d'effectuer leurs migrations et d'évoluer vers la forme de Cysticerque. Cette expérience ne fait que confirmer, du reste, les résultats obtenus antérieurement par Leisering et par C. Baillet. Leisering avait vu, dans les mêmes conditions, un Agneau succomlier le cinquième jour après l'ingestion du Ténia. Dans les expériences de C. Baillet, la mort n'était survenue qu'au bout de dix et de quinze jours. Mais il convient de noter que Baillet n'avait observé la première indication du rudiment céphalique que dans les vési- cules de quinze jours, et qu'il n'en avait pas vu la moindre trace dans celles de dix jours. Les faits que je viens de relater montrent, cependant, que cette formation peut apparaître déjà au bout de neuf jours. L'observation que j'ai recueillie sur le Porc est manifestement du même ordre que ces faits expérimentaux. Seulement les vésicules étaient déjà plus développées, puisque la plupart mesuraient 3 à 6 millimètres de long sur 1 à 2 millimètres de large ; un grand nombre présentaient sur leur longueur un rétrécissement plus ou moins accusé, et chez toutes on distinguait nettement la cavité d'invagi- nation. Il y a lieu de penser qu'il s'agissait, là aussi, d'une infestation par le Tœnia marij()iatii, et l'on peut faire remonter à quinze jours ou trois semaines environ la date de l'ingestion des œufs. SÉANCE DU 9 JUIN 1891 l.")9 SUR LA DURKK 1)K LA VIE DES CENUUES, par A. RAILLIET, Professeur à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, Président de la Société. En raison de sou siège presque constant dans les centres uerveux, le Cénure cérébral (larve du Tœnii Cœnurus du Chien) détermine des troubles qui eutraîuent rapidement la mort de son hôte, de sorte que la durée de la vie larvaire de cet helminthe se trouve forcément abrégée. Dans les expériences de Baillet, le développement des Cénures n'a paru être complet qu'après deux mois et demi ou trois mois, c'est-à-dire que les têtes de Ténia n'apparaissaient dans cette vésicule qu'à la fin de cette période. Dans les cas d'infestation spontanée, on voit ordinairement les animaux périr quelques semaines après l'apparition des premiers symptômes qui indiquent la présence du parasite; une seule fois, Gierer a vu les troubles persister pendant huit mois. Il est donc à peu près impossible de déterminer la durée de la vie larvaire de ce parasite. Mais il est une autre espèce de Cénure assez commune chez nous, bien qu'elle ne soit connue que depuis une date relativement récente, et qui siège dans le tissu conjonctif ou dans les grandes séreuses. Je veux parler du Cénure sériai (Cœnunis seriaUs P. Gervais), parasite de Léporidés. Lorsque ce Cénure se fixe dans des régions superficielles, par exemple dans le tissu conjonctit sous-cutané, on conçoit qu'il ne porte pas sérieusement atteinte à la santé, et que, par suite, il puisse persister fort longtemps. C'est précisément ce que je viens de constater sur un Lnpin domestique, faisant partie d'un clapier où de nombreux individus avaient été simultanément envahis par ce Ver.^ Cet animal m'avait été expédié le 31 mars 1889 ; à cette époque il possédait déjà, sur la fesse droite, un Cénure du volume d'une noix. Je l'ai conservé intentionnellement jusqu'au commencement de cette année. Il est mort accidentellement le 4 mars dernier, et n'a présenté à l'autopsie, outre le parasite apparent, ([u'uu autre Cénure de la grosseur d'une i»omme, très irrégulièrement bosselé, situé en dessouset eu arrière de l'épaule droite. Celui de la région 160 SÉANCE DU 9 JUIN 1891 fessière, un peu moins développé, avait donné naissance à plusieurs vésicules-filles internes de la grosseur d'un pois à celle d'une châ- taigne et présentant elles-mêmes, à leur surface extérieure, quelques petits bourgeons délicats. L'examen de ces vésicules-filles, pratiqué immédiatement, m'a montré qu'elles étaient parfaitement vivantes : non seulement les bourgeons vésicuiaires, mais les tètes de Ténias manifestaient, à un faible grossissement, des mouvements très nets en divers sens. Comme le Ver, au moment où j'ai examiné le Lapin pour la première fois, avait certainement plusieurs mois d'existence, on peut conclure de ce fait qu'il était âgé de plus de deux ans au moment où son hôte a péri. DE LA PRÉSENCE DU SARCOPTES MIXOR FURSTENBERG CHEZ LE RAT D'EAU (ARVICOLA AMPHIBIUS DESM.), par A. RAILLIET et A. LUCET. Le Sarcopte nain {Sarcoptes minor Fùrst.) n'a été signalé jusqu'à présent, en dehors des cas de contagion accidentelle, que chez deux espèces de Carnivores, le Chat domestique et le Coati {\asua socialis Pr.), et chez deux espèces de Rongeurs, le Lapin domestique et le Surmulot. L'observation faite sur le Coati (G. Colin) est encore unique ; par contre, le parasite en question se rencontre de temps à autre sur le Lapin ; mais il est surtout commun chez le Chat et plus encore chez le Surmulot. Nous l'avons observé, du reste, non seule- ment chez les individus sauvages de cette dernière espèce, mais aussi sur ceux de la variété albinos qu'on entretient habituellement dans les laboratoires. Nous pouvons ajouter aujourd'hui un nouvel hôte à la courte liste ci-dessus : il s'agit du Rat d'eau ou Campagnol amphibie {Ari'icola amplubius Desm.), sur lequel le Sarcoptes minor paraît être extrêmement commun, au moins dans certaines circonstances, puisque dans le courant des mois d'août et de septembre 1889, nous avons trouvé 15 de ces animaux qui eu étaient porteurs sur un total de 19. Tous ces Rongeurs avaient été tués le long de kl Cléry, petite rivière qui baigne la ville de Courtenay (Loiret). Le Sarcopte du Rat d'eau peut se rattacher .à la variété mûris du SÉANCE DU 9 JUIN 1891 161 Sarcoptes minor ; nous lui avons trouvé les dimensions suivantes : Mâle long. 170 a lat. 130 u. Femelle ovigère 300 à 450 u 230 à 400 iJ. Femelle pubère 230 à 2o0 a 190 à 200 -JL Nymphe 150 à 170 !x 120 à 150 a Larve 130 à 150 tax. Ces duplicatures sont d'abord très i)etites, puis augmentent très rapidement, atteignent leur maximum, puis SÉANCE DU 9 JUIN 1891 165 décroissent graduellement pour disparaître dans le tiers postérieur du corps. Dans le mâle que j'ai étudié, on trouve encore deux crochets placés asymétriquement dans la seconde moitié du corps et dorsa- lement par rapport à la ligne latérale, l'un à gauche et plus près de la queue, l'autre à droite et plus près de la tête. Le mâle est long de 10™™ et n'a qu'un spicule. La femelle est longue de 12 à 18™™. 3. — Mermis crassa von Linstow, 1887. J'ai trouvé un assez grand nombre d'individus de cette espèce à Paris, au mois de mai; ils s'échappaient des larves de C/j//'o/io/h ws- plamulosus. La longueur des mâles varie de 19 à 28™™; celle des femelles de 23 à 90™™. Le mâle, à l'inverse de celui des autres espèces de Mermis, ne possède qu'un spicule. (Laboraloii'e deiiibryogénie comparée du Collège de France, juin 1891). NOUVEAU CAS DE TÉNIA NAIN (Hjmenolepis nanaj EN AMÉRIQUE, par le D^ Raphaël BLANCHARD. M.Otto Wernicke(l)a fait connaître récemment au Cercle médical argentin, à Buenos-Aires, une observation de Ténia nain {llijmeno- lepisnana von Siebold). Il s'agissait d'un marin argentin de vingt- huit ans, mort de tuberculose pulmonaire, et à l'autopsie duquel ou trouva dans l'intestin trente à quarante parasites de petite taille. Deux de ceux-ci m'ont été remis de la part de M. Wernicke par l'aimable entremise de M. le D^ Capitan. A première vue, je reconnus en eux des Hytueaolepis nana bien authentiques ; l'exactitude de cette détermination me fut bientôt démontrée par une comparaison attentive avec les exemplaires de cette même espèce qui faisaient déjà partie de ma collection. Les deux Ténias me sont parvenus dans l'alcool. On les y avait (1) 0. Wernicke, Ténia nana. Anales del Circule niédlco argenlino, XIII, p. 349, ISOO. 106 SÉANCE DU 9 JUIN 1891 sans doute plongés, vivants encore, au moment même où ils avaient été recueillis : c'est ainsi, du moins, que je crois pouvoir expliquer leur état de contraction, qui a pour conséquence une taille très réduite. L'un d'eux ne mesure que 5 milliuiètres de longueur avec 110 anneaux et l'autre G millimètres avec 125 anneaux. Les deux ou trois derniers anneaux sont plus longs et moins larges que ceux qui précèdent; le dernier est arrondi en demi-cercle sur les bords latéraux et postérieur. En comptant à partir de l'extrémité posté- rieure, le premier anneau (en réalité le dernier) a 150 [j. de longueur, le second 140 u, le troisième 125 (ji, le quatrième 95 [j. et le cinquième 75 [J.. Ce même anneau a une largeur de 415 ;j., correspondant à la plus grande largeur du Ver. Bien qu'ils soient tout à fait adultes et qu'ils aient leurs derniers anneaux transformés en des sacs remplis d'oeufs, la séparation spontanée des anneaux mûrs ne semble pas encore avoir commencé chez ces deux Ténias, comme le prouve ce fait que le dernier segment de chacun d'eux est étroit et arrondi. Cette particularité donne encore l'explication de la petite taille des deux Vers et du nombre restreint de leurs anneaux. Dans une observation antérieure (1), j'avais eu affaire à des indi- vidus mesurant jusqu'à 12™™, 5 de longueur et présentant jusqu'à 162 anneaux ; leur corps se terminait en arrière par un anneau large et à bord postérieur rectiligne, preuve de la séparation incessante des anneaux mûrs. La tète et le cou ont la structure caractéristique de Vlliimenolepis nana, mais les dimensions sont un peu au-dessous de la moyenne, sans doute par suite de l'action de l'alcool. La tète est large de 215 -x, le cou est large de 180a. Je n'insiste pas sur la structure de ces parties ; j'ai eu l'occasion de la décrire en détail dans ma précédente communication et je me propose d'y revenir prochainement dans un travail plus étendu (2). Je tiens seulement à dire que, cette fois encore, j'ai nettement constaté que le retrait du rostre dans l'intérieur de la tète se fait sans retournement, contrairement à l'opinion de Leuckart. De même, je ne puis que confirmer mes observations antérieures sur la structure de l'anneau mûr et de l'œuf. Celui-ci est arrondi ou elliptique; sa membrane externe ou membrane vitelliue mesure (1) R. Blanchard, Nouvelle observation de TtiMiia nana. C. R. de la Soc. de biologie, (8), III, p. 32G, 188(;. (2) Histoire zoologique et médicale des Téniadés du genre Hynienolepis Weinland. Paris, Société d'éditions scientifiques, 1891 (sous presse). SÉANCK DU 9 JUIN 1891 167 coiHimiuéiiient 30 à 37 a (h; l;ii'ge, mais alteiiil JLiS![u'à 48 , 1890-1891. Sommaire des Mémoires, tome IV, fascicules 1-2. Pages Ed. Chevreux, Voyage de la goélette Melita aux Canaries et au Sénégal, 1889-1890 (PI. I) 5 E. Topsent, Voyage de la goélette Melita aux Canaries et au Sénégal, 1889-1890. Spongiaires {\n.\\) 11 Ph. Dautzenberg, Voyage de la goélette Melifa aux Canaries et au Sénégal, 1889-1890. Mollusques teslacés (PI III) 16 L. Faurot, Sur le Cerianthus membrunaceus (Gmelin) G6 Héron-Royer, Nouveaux faits d'hybridation observés chez les Batraciens anoures 75 Th. Studer, Note préliminaire sur les Alcyonaires provenant des cam- pagnes du yacht /Hirondelle, 1886-1887-1888 86 Alph. Dubois, Revue des derniers systèmes ornithologiques et nouvelle classification proposée pour les Oiseaux 96 A. Suchetet, Les Oiseaux hybrides rencontrés a l'état sauvage. 2' partie : Les Palmipèdes 117 R. Blanchard, Sur les Helminthes des Primates anthropoides. 1™ note : Cestodes 186 Ch. Alluaud, Coléoptères recueillis aux Arores par M. J. dr Gueriie pendant les campagnes du yacht l'Hirondelle f 1887-1888) . . . 197 R.BLAticaxnu, Résultats d'une excursion zoologique en Algérie .... 280 182 EXTRAIT DU PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU CONSEIL du 16 juin 1891 Dans cette séance, le Conseil a pris d'importantes décisions, qui intéressent tous les Membres de la Société et que le Secrétaire général s'empresse de leur faire connaître. CLICHÉS Les clichés appartenant aux auteurs sont tenus à la disposition de ceux-ci pendant un an, à partir du jour de leur publication. Les clichés dont la Société a fait elle-même la dépense sont tenus également à la disposition des auteurs , dans les mêmes conditions que ci-dessus. Passé le délai d'un an, la Société ne s'engage ni à conserver les clichés ni à les restituer aux auteurs. MEMBRES DONATEURS ET MEMBRES A VIE Dans le but de favoriser l'inscription de nouveaux Membres donateurs et de nouveaux Membres à vie, le Conseil décide : Tout Membre à vie, inscrit depuis le l^r janvier 1891, aura droit à 10 volumes du Bulletin, savoir à un exemplaire des tomes VI à XV, 1881-1890. Tout Membre donateur, inscrit depuis le 1er janvier 1891 , aura droit à la collection complète de toutes les publications (Bulletin et Mémoires) de la Société parues avant son admission. Cette décision est temporaire et essentiellement révocable. Les Membres à vie et les Membres donateurs, inscrits eu cette qualité avant le l^f janvier 1891, ont le droit de faire compléter leur collection ■ de volumes dans les limites indiquées ci-dessus, c'est-à-dire qu'un Membre à vie inscrit en 1883, par exemple, a droit aux volumes VI et VII du Bulletin, 181-1882. VENTE DE VOLUMES AUX MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ Le prix des volumes anciens est fixé comme suit : Bulletin, tomes I à XII, 1876-1887 10 fr. le volume Bulletin, tomes XIII, 1888, et suivants. . . 5 » Mémoires 10 » SÉANCE DU CONSEIL DU 16 JUIN 1891 183 Ces conditions exceptionnelles s'adressent exclusivement aux Membres delà Société, sous la réserve expresse que chacun d'eux ne pourra acquérir qu'un seul exemplaire de chacun des volumes publiés antérieurement à son admission. VENTE DE VOLUMES AUX LIBRAIRES OU AU PUBLIC Pour les libraires ou pour les personnes étrangères à la Société, le prix des volumes est fixé comme suit : Bulletin, tomes I à XII 30 fr. le volume. Bulletin, tomes XIII et suivants. 10 » le volume, pris seul. Mémoires 25 » le volume, pris seul. Mémoires et Bulletin d'une même année, pris ensemble 30 fr. Le Secrétaire général insiste sur le caractère transitoire de ces dispositions. Il prie les Membres de la Société qui voudraient profiter des droits qu'elles leur confèrent ou des avantages qu'elles leur offrent, de l'en aviser sans délai. Dans tous les cas visés ci-dessus, les frais d'emballage et de port seront à la charge des Membres. 184 Séance du 23 Juin 1891. PRÉSIDENCE DE M. CHAPER, DOYEN DAGE. M. R. Blanchard s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. S. A. le prince Albert l"^^ de Monaco, M. le prince R. Bonaparte, M. X. Raspail, m. Gruvel et M^^^ Flacelière assistent à la séance. Dans la séance du 13 juin, M. le professeur Railliet a été élu Membre titulaire de la Société de Biologie. MM. CoTTEAU et P. de Loriol font savoir qu'ils acceptent de repré- senter la Société à la réunion de la Société helvétique des sciences naturelles, à Fribourg, M. le Dï'L. Bureau, Secrétaire général de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France, à Nantes, adresse les deux premiers fascicules du Bulletin de cette Société. M. le prince R. Ronaparte. — « J'ai l'honneur d'offrir à la Société les derniers ouvrages que je viens de publier. Ce sont d'abord deux brochures relatives à des observations faites en Suisse, au cours de l'année 1890. » Vient ensuite un volume dans lequel on trouvera la relation d'une de mes nombreuses excursions en Corse. C'est un simple récit, écrit d'après des notes de voyage et complété par des rensei- gnements qu'il m'avait été impossible de trouver sur place. La seconde partie de ce travail est formée par une liste provisoire des principaux ouvrages traitant de la Corse. La zoologie n'y a point été oubliée. » J'espère que cette relation de voyage contribuera à mieux faire connaître la Corse, cette île si profondément française. » M. le Président remercie M. le prince R. Ronaparte, pour les ouvrages dont il continue à enrichir la bibliothèque de la Société. S. A. le prince de Monaco doit quitter l'Angleterre avec son yacht Princesse Alice et arriver à Boulogne vers le 15 juillet. Il invite la Société à se faire représenter à Boulogne pour cette circonstance. La Société de géographie a déjà désigné M. le B^ Hamy, Membre de l'Institut, pour la représenter. La Société délègue MM. R. Rlanchard, Dautzenberg et Slmon. M. NoGuÉ, présenté à la dernière séance, est élu Membre de la Société. SÉANCK DU 23 JUIN 1891 185 MM. J. de Guerne et Th. Barrois présenteut M. Alïonso Graves, à Ponta Delgada, île Sào Miguel (Açores). MM. II. Blanchard, P. Achahne et A. Pilliet présentent M. le D'' Marcel Baudouin, 14, boulevard Saint-Germain, à Paris. MM. U. Blanchard et J. Gazagnaire préseutentM. Albert Léveillé, bibliothécaire de la Société eutomologique de France, 10, rue du Dragon, à Paris. MM. Hérouard et Blanchard présentent M. Gruvel, préparateur à la Faculté des sciences, 2, rue d'Arras, à Paris. M. Dautzenberg communique un travail sur les Mollusques dragués par VHirondclle dans le golfe de Gascogne en 1886. Renvoi aux Mémoires. M. de Guerne présente, au nom de M. Chaves, les photographies d'un Poisson du genre Ceratoptem, pesant plus de 700 kilogrammes et mesurant 4i"44 de longueur. NOTE SUR LE GENRE SYNAGRIS, par le D> H.-E. SAUVAGE, Directeur de la Station aquicole de BouIogne-sur-Mer. M. Gûnther a séparé, sous le nom de Synagris, un certain nombre des espèces placées par Cuvier dans le genre Dentex, mais se dis- tinguant de ceux-ci par trois écailles entre l'œil et l'angle du préopercule, tandis que chez ces derniers, dont le Dentex de la Méditerranée est le type, on compte plus de trois rangées d'écaillés (1). Cette différence entre le nombre des rangées d'écaillés a paru insuffisante à Bleeker pour l'établissement d'un genre distinct, d'autant plus que les Synagris, tels qu'ils sont admis par Gùnther, ne correspondent pas aux Poissons que Klein appelait de ce nom et que toutes les espèces des deux genres Dentex et Synagris se ressemblent tellement par la physionomie, par le nombre des écailles, par la forme et la formule des nageoires, par la coloration, qu'il est difficile de les reconnaître au premier abord. Bien que la présence de trois ou de plus de trois séries d'écaillés sur le préopercule semble avoir peu de valeur zoologique, la (1) Cat. of the fishes of the British Muséum. I, p. 373, 1839, XVI. — 14 186 SÉANCE DU 23 JUIN 1891 structure des écailles de la ligne latérale est cependant tellement différente dans les deux genres, qu'elle permet de placer de suite les espèces, soit dans le genre Deiitcr, soit dans le genre Synagris. Chez les Dentcx proprement dits, les écailles sont toujours per- forées dans la zone spinifère d'un nombre de trous plus ou moins grand, suivant les espèces, trous qui sont les ouvertures de canaux qui se montrent en saillie sur leur face interne ; c'est la disposition que l'on remarque chez les Ménides vrais {Mœna, Smaris), et chez presque tous les Sparoïdes {Sargus, Pagrm, Calamus, Pagellus, Canthariis, Pyiuelepterus, Charax, Crenidem, Bo.r). Chez les Sguagris, et cette disposition s'est trouvée constante pour toutes les espèces étudiées {S. hcrodon, S. marginatus, S. luteus, S. ruher, S. tolu, S. furcosus) , le tube envoie dans la zone spini- fère deux prolongements qui s'ouvrent au bord même de l'écaillé, de sorte que les spinules forment trois amas, ainsi qu'on le voit, par exemple, chez les Scolopsides et chez les Lutjans. Le nombre des écailles de la ligne latérale varie peu avec les espèces ; il est de 40 chez le S. luteus, de 45 à 50 chez la plupart des espèces, de 05 chez le S. Peroni; ces écailles sont arrondies et leur bord antéileur présente un grand lobe placé en face du tube, de chaque coté duquel sont deux ou trois festons peu découpés; le tube est largement ouvert à son extrémité postérieure, près de laquelle se trouvent les orifices, percés latéralement de petits canaux faisant saillie à la face interne de l'écaillé et représentant les canaux qui, chez les Dentex vrais, débouchent dans la zone spinifère. Le nombre des spinules, qui est variable suivant les espèces, 20 chez le .S. lutens et 70 chez le S. furcosus, varie très peu pour une môme espèce; le lobule médian est toujours celui qui porte le plus de spinules, celles-ci pouvant manquer presque totalement sur un des lobules latéraux. Les écailles des flancs sont toujours un peu plus hautes que longues, à bord antérieur droit, découpé par un petit nombre de festons, de 6 à 8 ; le foyer est petit, très reculé ; chez certaines espèces, comme chez le S. luteus, on compte jusqu'à 18 rangées de spinules, tandis que chez d'autres, les spinules sont indistinctes et l'on n'en peut compter que 2 ou 3 rangées. Tandis que les Deiitex habitent la Méditerranée, les cotes de France (D. vulgaris , D. ïnacrophthalmus), et l'Océan Indien, les Synagris sont cantonnés dans l'Océan Indien et dans les mers qui en dépendent. La plupart des espèces se ressemblent tellement par la physionomie, par la forme des nageoires et parla coloration, qu'il est très difficile de les reconnaître au premier abord ; on peut SÉANCE DU 23 JUIN 1891 187 toutefois trouver de bons caractères dans la dentition, dans la forme du sous-orbitaire, dans la largeur relative du limbe préor- bitaire, dans la force des épines dorsales, etc ; les détails de la coloration pourraient également aider pour la détermination des espèces, s'ils ne disparaissent rapidement chez les animaux con- servés dans la liqueur. Le corps est, en effet, d'un rose vif, orné souvent de bandes violacées, jaunâtres ou nacrées du plus brillant éclat. LE SYNGNATHE A NACxEOIRE PECTORALE COURTE (SYXGNATHUS MICROCHIRUS, N. SP), par le D^ Emile MOREAU. Le Secrétaire général de notre Société, le D^' R. Blanchard, a eu la gracieuseté de me remettre des spécimens d'un Syngnathe d'eau douce recueilli dans l'étang de Pinetto, près Bastia, par notre collègue M. L. Petit. Les Syngnathes d'eau douce sont excessivement rares; une espèce a été signalée dans le Nord de l'Afrique, en Algérie; quelques autres ont été prises dans certains cours d'eau se jetant dans l'Océan Indien, venant de la côte orientale d'Afrique et surtout des îles de la Malaisie ; une nouvelle espèce a été trouvée dernière- ment en Europe, c'est celle que je me propose d'examiner. Le Syngnathe de Corse présente quelques points de ressem- blance avec le Syngnathe découvert dans la province d'Alger par le colonel Playfair, S. algeriensis, que je connais seulement par la description fort incomplète qu'eu a donnée M. Gûnther (1). Comme le S. algeriensis, le Syngnathe de Corse est de fort petite dimension, et même de taille encore plus exiguë que son congénère d'Afrique. Parmi les sujets, que j'ai à ma disposition, sujets adultes, soit des mâles ayant leur poche incubatrice remplie d'oeufs contenant des embryons fort développés, soit des femelles en état de gestation, portant des œufs à l'état de maturité et sur le point d'être pondus, j'ai choisi deux sujets de sexe différent, et les plus grands, pour en relever les proportions. Le mâle atteint à une lon- (1) GuNTHER, Catalogue of the Fishes in the British Muséum, London, Vllf, p. 164, 1870. 188 SÉANCE DU 23 JUIN 1891 gueur totale de 0™,076; la femelle a quelques millimètres de plus, 0°ï,080. Les spécimens de S. algeriensis, d'après Giinther, mesurent : le mâle 0°i,080 et la femelle 0™,115. Chez le Syngnathe de Corse, le nombre des anneaux, de l'anneau scapulaireà l'anneau de la nageoire caudale, varie de 49 à 52, dont 15 et le plus généralement 16 appartieiinent au tronc. La longueur du tronc fait un peu plus du quart de la longueur totale; elle est à peu près six fois plus grande que la hauteur. La ligne des flancs, au moins chez les individus que j'ai pu examiner, se continue directement avec le bord supérieur de la queue. La queue a une longueur faisant le double de celle du tronc, parfois un peu plus, parfois un peu moins; elle est plus développée que celle du S. algeriensis. La poche incubatrice a une longueur sensiblement égale à celle du tronc ; elle est placée sous 16 anneaux. La tête est un peu plus haute que large; sa longueur est contenue huit fois à huit fois et demie dans la longueur totale. Le museau est relativement moins développé que chez le S. alge- riensis ; il ne fait pas la moitié de la longueur de la tète; il est égal à l'espace postorbitaire; il porte une crête peu saillante. Le dia- mètre de l'œil mesure environ le neuvième de la longueur de la tête ; il est égal à l'espace interorbitaire. La nageoire dorsale est d'un quart environ plus courte que la tête ; elle commence généralement sur le dernier anneau du tronc et s'étend sur les six premiers anneaux de la queue ; parfois elle est un peu plus en arrière, placée sur les sept anneaux antérieurs de la queue; elle est soutenue par des rayons très fragiles, au nombre de 27 à 30. La nageoire caudale est arrondie en éventail, avec dix rayons. La nageoire anale existe-t-elle? J'en doute; malgré des recherches minutieuses, je n'ai pas réussi à en découvrir nettement les rayons, nichez des animaux adultes, ni chez des fœtus très développés ; j'ai bien vu chez une femelle quelques fdaments déliés en avant de l'anus, mais représentent-ils les vestiges de la nageoire? Je n'ose l'affirmer. Quant à la nageoire pectorale, elle est excessivement courte, assez difficile à distinguer; elle compte une dizaine de rayons; sa longueur est à peine supérieure à celle du diamètre de l'œil. Pour rappeler ce dernier caractère, je pense qu'il est à propos de donner à ce Syngnathe le nom spécifique de microchirus, Syngnathe à pectorale courte. D. 27 à 30; A.?; C. 10; P. 10. — Ann.,15 ou 16+ 34 à 36 = 49 à 52. SÉANCE DU 23 JUIN 1891 189 Je regretto que le mauvais état de ces animaux, qui out séjourné plusieurs années dans la liqueur, ne me permette pas de donuer certains détails anatomiques ([u'il serait intéressant de connaître. Quant au système de coloration, il a dû se modifier. Aujourd'hui, la teinte est jaunâtre chez les jeunes; elle est grisâtre, chez les adultes, avec des points ou des traits hlanchâtres sur la queue ; elle est plus foncée sur le tronc avec des bandes verticales blanchâtres. Le nombre des spécimens que j'ai reçus est de 22, dont 8 mâles seulement. D'où provient ce petit nombre de mâles et cette difEé- rence numérique entre les deux sexes? A quelle cause l'attribuer? Un effet du hasard? Ce n'est probablement pas une proportion normale. Habitat. — Ce Syngnathe a été découvert, par M. L. Petit, en mars 1887, dans l'étang de Pinetto, près de Bastia. Proportions. — Mâle : Longueur totale 0™,076. Tronc, longueur 0^,020. hauteur 0m,003. ' Nageoire dorsale, longueur 0^,007. Poche incubatrice, longueur 0™,021. Tête, longueur 0,009. Museau, longueur 0^,004. hauteur 0'«,0012. Œil, diamètre 0'^,0011. Espace interorbitaire 0'",0012. Espace postorbitaire 0™,0039. Distance du museau à la nageoire dorsale 0^,0255. l'anus 0^,0250. Femelle Longueur totale 0™,080. Tronc, longueur 0™,022. ■ hauteur 0"i,004. Nageoire dorsale, longueur 0°i,008. Tête, longueur 0^ 010. Museau, longueur 0^,004. hauteur, 0^,0012. Œil, diamètre 0m,0012. Espace interorbitaire, 0^,0012. Espace postorbitaire, 0m,004. Distance du museau à la nageoire dorsale 0^.031 l'anus, 0^,032. 190 SÉANCE DU 23 JUIN 1891 M. L. Petit a bien voulu nous fournir sur l'étang de Pinetto les renseignements qui suivent : Ce vaste étang, désigné aussi sous le nom d'étang de Biguglia, est au sud de Bastia. 11 se déverse au nord dans la mer : l'eau est saumâtre à l'embouchure, mais douce dans tout le reste de son étendue, et notamment à deux lieues au sud, à l'endroit où ont été recueillis les Syngnathes et des Palaemonetes varians au sujet desquels M. R. Blanchard se propose de publier prochainement une notice. Un barrage construit à quelque distance de l'embouchure empêche d'ailleurs l'eau de mer d'envahir cet étang. Ces conditions spéciales étaient utiles à connaître, car la plupart des Syngnathes, signalés comme vivant dans les eaux douces, semblent n'y pas séjourner constamment ; ce sont plutôt des hôtes de passage que des habitants à demeure permanente; ils remontent à quelque distance de l'embouchure des cours d'eau, sans être même de véritables anadromes. Ainsi le Syngnathus flutiatilis Peters, qui a cependant un nom spécifique bien significatif, ne se trouve pas seulement dans les eaux douces, mais encore dans les eaux saumàtres; dans quelles eaux se reproduit-il? Je l'ignore et ne veux risquer aucune hypothèse. Pour le Syngnathe de Corse, il n'existe aucun doute à ce sujet. LES CHROMIDÉS DES EAUX DOUCES DE MADAGASCAR, par le D-- H.-E. SAUVAGE, Directeur de la Station aquicolc de Boulogne- sur-Mer. I. Une des particularités les plus intéressantes de la faune ichthyo- logique des eaux douces de Madagascar est la présence de Chromidés, coïncidant avec l'absence absolue des Cyprins, des Characins, bien que ces deux groupes se trouvent en Afrique, et la grande pauvreté des Silures, de telle sorte que les Chromidés sont, pour ainsi dire, les seuls Poissons des eaux douces de la grande île. A l'époque actuelle, les Chromidés sont surtout de l'Amérique du Sud et de la partie qui confine à l'Amérique du Nord, 230 espèces sur 260 ayant été décrites de cette région. SÉANCE DU 23 JUIN 1891 191 Connus il y a quelques années encore par une seule espèce que l'on rapporlall à l'une des formes la plus répandue en Afrique, le Cliromis nibticus, les Ghromidés sont aujourd'hui représentés à Madagascar par 9 espèces, appartenant à 4 genres, dont les aifinités sont les suivantes : Les Parctroplus se distinguent des Hcmichromis, qui sont d'Afrique et d'Asie Mineure, par le plus grand nombre d'épines anales ; les Parctroplus ajjpartiennent à un type africain. Si les Paralihipia ont certaines aifinités avec les Hemichromis, les affinités sont plus grandes avec les Acara dont ils ne se distinguent guère que par les dentelures des appendices osseux de l'arc bran- chial externe; or, les Acara sont des parties tropicales de l'Amé- rique du Sud. Les Paracara ont également de grandes affinités avec les Acara. Quant aux Ptychochromis, Steindachner a montré qu'ils s'éloignent des Chromis par la présence d'un appendice lamelliforme et comprimé à la partie supérieure du premier arc branchial; ce caractère se retrouve dans le genre Geophagus, de l'Amérique du Sud. Les genres de Ghromidés spéciaux à l'Amérique du Sud ont les écailles cténoïdes, tandis que les écailles sont cycloïdes chez les genres d'Afrique et de l'Ouest de l'Asie. Parmi les Ghromidés de Madagascar, les Parctroplus, venons-nous de dire, appartiennent à un type africain, aussi ont-ils les écailles cycloïdes; tous les autres Ghromidés de Madagascar ont les écailles cténoïdes. On voit que les Ghromidés de Madagascar ont des affinités plus grandes avec les espèces qui vivent dans les eaux douces des parties tropicales de l'Amérique du Sud qu'avec les espèces africaines. De l'étude de la faune herpétologique et de la faune ichthyologique des eaux douces de Madagascar, il ressort que cette île, l'Afrique australe et l'Amérique du Sud ont dû, à l'époque prétertiaire, faire partie d'un ensemble de terre ayant eu une faune de même origine et de môme caractère; tandis que l'Amérique du Sud et l'Afrique ont reçu depuis l'époque pliocène une invasion d'animaux d'une autre création, Madagascar n'a eu, au contraire, aucune connexion, depuis cette époque, avec aucune autre terre, et nous présente aujourd'hui la même faune ichlhyologique des eaux douces qu'à l'époque tertiaire moyenne, sans aucun mélange autre que celui des Carassins tout nouvellement introduits. La rupture entre Mada- gascar et l'Afrique Australe a dû se produire avant le commence- ment de l'époque miocène, car on ne trouve ni Gyprins, ni Gharacins à Madagascar ; la communication a dû durer pe;Hlaut plus long- 192 SÉANCE DU 23 JUIN 1891 temps entre l'Amérique du Sud et l'Afrique, qui, vers l'époque pliocène, a dû recevoir un apport de Characins, tandis que les Cyprins, introduits en Afrique, soit du continent européen, soit plulùl du continent sud-asiatique, n'ont pu pénétrer dans l'Amé- rique du sud. IL Genre Paracara Bleeker. Dents coniques, aiguës, disposées suivant plusieurs séries; celles delà série externe plus fortes. Joues et opercules écailleux; préopercule non denticulé. Écailles de la tète et de la partie antérieure du tronc cycloïdes, écailles de la partie moyenne et postérieure du tronc cténoïdes. Processus du premier arc branchial denticulé en avant. Anale et dorsales nues. Rayons branchiostèges au nombre de cinq. Trois épines à l'anale, douze à la dorsale. Paracara typus Bleeker. Bleeker, Verslag Kon. Ak., Amsterdam, XH, p. 193, pi. III, fig. 3, 1878. D. Xn-9: A. III, 8; L. lat. 30. Hauteur du corps comprise trois fois; longueur de la tète trois fois et deux cinquièmes dans la longueur totale ; dents disposées suivant trois ou quatre séries. Corps de couleur verdâtre, plus pâle en dessous; une tache noire entre la tête et le tronc; des bandes verticales peu marquées sur le corps, l'antérieure située derrière la tête; nageoires piquées de points noirs, base de la caudale rembrunie. Rivière de Mananara, à l'entrée de la baie d'Antongil. Genre Ptychochromis Steindachner. Dents tronquées, échancrées; écailles de la tête cycloïdes, celles du corps cténoïdes; trois épines à l'anale; un appendice lamelli- forme et comprimé à la partie supérieure du premier arc bran- chial, comme dans le genre Geopliagus. 1. Ptychochromis oligacanthus Bleeker sp. Tilapia oligacanthus Bleeker, Versl. Kon. Ak. Vel., II, p. 309, 1868. -Bleeker, Poiss. de Madagascar, p. 11, pi. IV, fig. 1, 1875. Ptychochromis oligacanthus SlciadachaeVl Akad. Wiss. Wien, p. 249, pi. I, 1880. D. Xlil-XIV, 11-12; A. III, 8-9; L. lat. 30 à 32. Hauteur du corps contenue trois fois, longueur de la tête près de SÉANCE DU 23 JUIN 1891 193 quatre fois clans la longueur totale. Profil de la tète oblir[ue, un peu concave; museau un peu plus long- que l'œil, dont le diamètre est compris près de deux fois dans la longueur de la tète. Dents compri- mées, tronquées et échancrées, celles de la série externe plus grandes. Écailles des joues disposées sur quatre rangées, ne recou- vrant pas le limbe préoperculaire. Dorsale un peu en pointe, ventrales atteignant l'anale. Corps d'un violet olivcàtre; dessus de la tête violacé et dessous d'un violet noirâtre; cinq bandes d'un violet noirâtre sur les flancs, la première derrière l'opercule, la suivante vers le tiers de la dorsale épineuse, la troisième près de la terminaison de cette même nageoire, la quatrième sous la dorsale molle, la dernière au pédicule caudal; base de la caudale noire, avec des taches d'un blanc jaunâtre sur les rayons; dorsales d'un rouge lie de vin avec la base et le sommet plus foncés. Longueur, 0^150. Les types de l'espèce, conservés au Musée de Leyde, viennent de la rivière Sambirano, sur la côte Nord-Ouest de Madagascar et du lac d'Ampombilava, dans l'île de Nossi-Bé. Le musée de Vienne possède. un individu qui provient de la rivière Foizona, côte Nord-Est, au fond de la baie d'Antongil. Il existe, à la côte orientale, une race chez laquelle les bandes verticales du tronc disparaissent presque complètement; on ne voit plus que deux taches arrondies, plus ou moins marquées, l'une au- dessous de la ligne latérale, l'autre à l'origine de la seconde partie de cettte ligne ; on voit encore des traces de bandes verticales. Cette race, dont les types se trouvent au British Muséum, a été prise à Tamatave par M. Deans Cowan. 2. Ptychochromis GRAXomiERi Sauvage. E. Sauvage, Bull. Soc. Philomathique, p. 174, 1882. D. XIII-XIV ; 10 ; A. III. 7 ; L. lat. 35. Hauteur du corps contenue deux fois et deux tiers, longueur de la tête trois fois et demie dans la longueur totale. Profil de la tête arqué, un peu excavé en devant des yeux; museau plus long que l'œil, dont le diamètre est contenu trois fois et demie dans la longueur de la tète; dents comprimées, tronquées et échancrées, celles de la mâchoire supérieure plus fortes que celles delà mandi- bule. Ecailles des joues disposées sur cinq rangées, ne recouvrant pas le limbe préoperculaire. Dorsale et anale en pointe, arrivant au 194 SÉANCE DU 23 JUIN 1891 milieu de la caudale; ventrale atteignant l'anale; caudale sub- tronquée. Brunâtre, une tache bleue sur chaque écaille; bord des ventrales, partie antérieure de l'anale de couleur violacée; des taches nuageuses aux dorsales. Longueur totale, 0^160; longueur de la tète, 0™04o ; hauteur du corps, 0^060. Cette espèce, qui est bien distincte du P. oligacanthus, a été recueillie par MM. Lautz et Humblot dans les cours d'eau qui tra- versent les forêts du versant oriental de Madagascar. 3. Ptychochromis madagascariensis Sauvage. D. XIII, 10; A. III, 7; L. lat. 33. Hauteur du corps contenue deux fois dans la longueur, sans la caudale, deux fois trois quarts avec cette nageoire; longueur de la tète trois fois trois quarts dans la longueur totale. Profil de la tête très déclive; museau plus long que l'œil, dont le diamètre est contenu un peu plus de trois fois dans la longueur de la tête. Écailles des joues ne recouvrant pas le limbe préoperculaire, disposées suivant quatre rangées. Dorsale molle et anale en pointe, arrivant au milieu de la longueur de la caudale; épines anales grêles ; épines dorsales longues; pectorales et ventrales dépassant le niveau de l'anale ; caudale subtronquée. Coloration uniforme. Très voisine du P. Grandidieri , cette espèce en diffère par le profil de la tête plus déclive, par les pectorales et les ventrales plus longues, les écailles, au nombre de 4 au lieu de 6 au-dessus de la ligne latérale, de 12 au lieu de 14 en dessous de cette ligne. Les types de l'espèce, qui se trouvent au Muséum de Paris, ont été péchés dans le lac Itasy, au centre de Madagascar, dans l'Est d'Antananarivo; l'espèce est y connue sous le nom de Trondro. Genre Paratilapia Bleeker. Corps allongé, comprimé; écailles du corps cténoïdes ; des écailles en plusieurs séries sur les joues et sur l'opercule; dents coniques, aiguës, deuticulées, beaucoup plus forles à la série externe; pro- cessus de Tare branchial externe dentelé; trois épines à l'anale. SÉANCE DU 23 JUIN 1891 19o 1. PARAT1LA.PIA PoLLENi Bleeker. Bleeker, Versl. Kon. Ak. Wet.? Il, p. 308, 1868. — Bleeker, Poissons de Mada- gascar, p. 10, pi. V, flg. 2, 1875. — Steindachner, Sitz. Ak. Wiss. Wien, p. 247, 1880. D. XII, 10; A. III, 9; L. lat. 30. Hauteur du corps contenue deux fois et trois quarts, longueur de la tète trois fois dans la longueur totale. Profil de la tète oblique ; museau un peu plus long que l'œil, dont le diamètre est compris près de quatre fois dans la longueur de la tète. Ecailles disposées suivant sept rangées sur les joues, suivant quatre sur l'opercule. Dorsale molle et anale allongées, arrivant au milieu de la caudale; ventrales atteignant l'anale; caudale tronquée. Une tache noire à la base des deux dernières épines de la dorsale et des deux premiers rayons de la dorsale molle; des taches arron- dies et de couleur bleue sur le corps et sur les nageoires verticales. Longueur, 0^140; longueur de la tète, 0°i038; hauteur du corps, O'^OoO. MM. Pollen et Van Dam ont trouvé cette espèce dans la rivière Ambazoana, dans le Nord-Est de Madagascar; ladiagnose que nous donnons est faite d'après le type qui nous a été communiqué par le Musée de Leyde et d'après des individus de grande taille qui ont été recueillis par M. Grandidier dans les fleuves de la côte Ouest ; l'espèce habite aussi les rivières de la côte Est; M. Audibert en a rapporté un individu péché dans la rivière de Marianara, à l'entrée de la baie d'Antongil ; M. Steindachner en a reçu un qui avait été capturé dans la rivière de Foizona, au fond de la même baie. 2. Paratilapia Bleekeri Sauvage. E. Sauvage, Bull. Société Philomatique, p. 174, 1882 D. XII à XIII, 10; A. III, 9; L. lat, 28. Hauteur du corps contenue deux fois et demie, longueur de la tête trois fois dans la longueur totale. Profil de la tête excavé au-devant des yeux; museau un peu plus long que l'œil, dont le diamètre est contenu quatre fois et demie dans la longueur de la tête. Écailles des joues disposées suivant sept rangées, celles de l'opercule sur trois. Dorsale molle et anale arrivant à l'origine de la caudale ; ventrales n'atteignant pas l'anale ; caudale courte, arrondie. Brunâtre, avec le centre de chaque écaille d'un beau bleu; quelques taches bleues sous l'œil ; des taches bleues allongées à la base de chaque épine dorsale et anale ; des taches de même couleur 196 SÉANCE DU 23 JUIN 1891 sur l'anale, la dorsale molle, la caudale. Sur certains individus , il n'y a des taches que sur l'anale. Longueur totale, 0^,110 ; hauteur du corps, 0°',040; longueur de la tête, 0^035. Cette espèce, qui a été trouvée dans les marais et dans les rivières del'Imerina, près d'Antananorivo, par M. Grandidier, se distingue facilement du P. PoUcni, non seulement par la coloration, mais encore par la caudale beaucoup plus courte et plus arrondie, par les nageoires impaires moins allongées. Les Hovas donnent à ce Poisson le nom de Trondro Marakcly ou de Marekely; le fretin s'appelle Ampirina; dans rAntsihanaka, on l'appelle Tony. Genre Paretroplus Bleeker. Dents des mâchoires peu nombreuses, coniques, obtuses, non lobées, disposées suivant une seule rangée, processus de l'arc branchial externe courts et coniques. Corps oblong, revêtu d'écaillés cycloïdes; des écailles sur les joues et sur les opercules; base des nageoires dorsales et anale garnies d'écaillés. Neuf épines à l'anale. 1. Paretroplus Damii Bleeker. Bleeker, Chrom. Mad. Versl. Kon. Ak. Wet.? II, p. 313, 1868.- Bleeker, Poissons de Madagascar, p. 13. pi. IV, fig. 3, 1875. D. XVIII, 14; A. IX, II; L. lat. 27. Hauteur du corps contenue deux fois, longueur de la tête trois fois dans la longueur, caudale non comprise. Profil de la tête obli- que ; museau de même longueur que l'œil, dont le diamètre est compris trois fois dans la longueur de la tête. Quatre canines à la mâchoire supéri-eure. Écailles des joues disposées sur quatre rangées et celles de l'opercule sur cinq. Ventrales aussi longues que les pectorales, arrivant à l'anale. Brunâtre; une tâche noire arrondie au-dessus de la base de la pectorale ; un mince liseré noirâtre à la base de l'anale et de la dorsale. Longueur, 0°i,075 ; longueur de la tête, 0^,020; hauteur du corps, 0°i,029. Le type de l'espèce, conservé au Musée de Leyde, a été recueilli dans le lac d'Ampombilava, à Nosibé. SÉANCE DU 23 JUIN 1891 197 2. Paretroplus polyactis Bleeker. Chroiiiis iitadagascariensis (îuichenot. Foiss. de Madagascar. Môm. Soc. liist. nat. Cherbourg, 18()(), sans description. — Cliromis niloticus Playfair, Vi-oc. zool. Soc, p. 12, 1868. — Paretroplus polyactis Bleeker, Vei'sl. Ali. Amsterdam, XII, p. 195, pi. 111, fi!^-. 1,1878. —Paretroplus Damii Steindacliner, Sitz. Ak, Wiss. Wien, p. 247. 1880. D. XVI-XVIII, 15-19; A. VIIMX, 12-16; L. lai. 28 à .30. Hauteur du corps contenue près de cinq fois et demie, longueur de la tête un peu plus de quatre fois dans la longueur totale ; prolil de la tète incliné; diamètre de l'œil contenu quatre fois dans la longueur de la tète; cinq rangées d'écaillés sur l'opercule ; quatre rangées, plus deux petites écailles hors séries, sur les joues. Dents de la partie médiane de la mâchoire supérieure plus lougues que les autres. Anale et dorsale molle en pointe; ventrales arrivant à l'anale. Partie supérieure du corps olivâtre, partie inférieure verdàtre ou rosée; tronc orné, chez les jeunes, de sept bandes verticales, les deux postérieures peu marquées, l'antérieure commençant à l'ori- gine de la dorsale épineuse, la quatrième à l'origine de la dorsale molle. Longueur, 0^^178 ; longueur de la tête, 0^047 ; hauteur du corps, O^iOSO. Il y a des individus qui atteignent une taille de 0^230 et plus. Le type décrit par Bleeker a été rapporté, par M. Audebert, de la rivière de Manenara, à l'entrée sud de la baie d'Antongil ; M. Gran- didier a péché ce Poisson en abondance en face de l'île Sainte- Marie, dans la rivière de SoamianiDa. Le Paretroplus est, du reste, très commun dans tous les cours d'eau et dans toutes les lagunes de la côte orientale, où il est connu sous les noms de Ilenalahy (dans le Nord, à la pointe de Larrée), et de Masavoa-toaka (dans le Sud, à Mahela). L'exemplaire qui se trouve au Musée de Vienne a été capturé dans la rivière Foizona, sur la côte Nord-Est, au fond de la baie d'Antongil. 198 SÉANCE DU 23 JUIN 1891 DESCRIPTION DE DEUX ESPECES NOUVELLES D'ARACHNIDES RECUEILLIES DANS LE SAHARA PAR LE D-^ R. BLANCHARD, par Eugène SIMON, Ancien Président de la Société. Cercidia DECORA, sp. nov. 9 long. 4°^m. — Céphalothorax niger, nitidus, setis longis albis parce hirsutus, parte cephalica angusta, elevata. Oculi postici subœquales, lineara subrectam levissime recurvam formantes. Oculi antici inter se fere aequidistantes, medii reliquis paulo mi- nores, liueam leviter procurvam formantes. Clypeus area oculorum tota paulo latior, sub oculis leviter depressus. Abdomen ovatum, nigrum, parce et longe albo-setosum, albo-maculatum : antice maculis ovatis maximis et obliquis, prope médium maculis binis subi'otundis,postice maculis multo miaoribusbiseriatis(2-'2vel3-3) et prope apicem macula média parva. Venter niger, antice utrinque ad angulum epigasteris minute testaceo-notatus. Sternum nigrum subheve. Chelae et partes oris nigrœ. Pedes fulvo-rufescentes vel coccineijCOxis femoribus patellisque 1^ paris omnino nigris, femo- ribus 2i paris apice uigricantibus, aculeis longis et gracilibus armati, metatarsis cunctis prope médium biaculeatis. Tuberculum vulvaB humile, nigrum, laeve et transversum, antice in medio levis- sime emarginatum. Cette espèce a été trouvée à Biskra par le D^" R. Blanchard. Nous l'avions reçue antérieurement de Teniet-el-Haad (L. Bedel) et nous l'avions observée à Biskra, à Bou-Saada, sur le territoire des Ouled Auteurs près Boghari, aux sources du Bou-Merzoïig et à Hammam- Meskhoutin, dans le département de Coustautine. Galeodes Blanchardi, sp. nov, cT $ long. 28-3o°i™. — Lurido-testaceus, abdomine immaculato, pedum-maxillarium tibia metatarsoque, apice excepto, uigri- cantibus, chelis supra liueis binis obscurioribus parum expressis notatis, unguibus rufescentibus apice nigris. — Pars cephalica latior quam longior, nec striata nec impressa, antice fere recte secta, setis validis inaequalibus conspersa. Tuber oculorum utrinque nigrum, canaliculatum, spatio inter oculos diametrum ocukim circiter œquante. Chehe parce et longe crinita^, ungue superiore arcuato, haud sinuoso, stipa breviore, série dentium in femina ex SÉANCE DU 23 JUIN 1891 199 deiitibus uovcm composila : denlibiis 3o et 5" reli(juis majoribus, dente 9"miuore, reliquis iuter se suba;qualibus, iu mare deiilibus 1° 2» et 3° iuter se eoalitis et cariuam siiiuosam formantibus, iingue iuferiore (ino])ili) trideutato, deule 1" mediocri, 2" minore, 3" reli- quis multo majore. Pedum-maxillarium fémur, et subtus et intus, uumerosissime et longissime aculeatum, tibia metatarsusque subtus aculeis longissimis sed ina^qualibus, séries duas, basin articulorum attingentes, formantibus, instrucla. (Metatarsus 10-10 tibia saltem 8 8 aculeata), tarsi 4' paris spinis sex armati (articulo 1° sp. 4, art. 2° sp. 2). Abdominis segmenta ventralia 2"'" et 3""^ ad mar- ginem posticum cariua crebre et regulariter serrata muuita. — cf Chelarum flagellum simplex, gracile et acutissimum, in parte apicali anguste lanceolatum. Tarsorum 4i paris articuli 1"= et 2''s setis depressis, leviter fusiformibus, elongatis et acutis, subtus crebre vestiti. Cette espèce a été trouvée par M. le D^' R. Blancbard, à Kef-el- Dor, sur la rive nord-ouest du chott Melrir; elle avait été déjà observée dans la même localité par M. le D'" Cli. Martin. Elle s'y trouve eu même temps que Galcodes Olivieri E. Sim., Sulpuga flmescens C. Koch, S. aciculata E. Sim., et Gluvia kabiliana E. Sim. Galeodes Blancliardi diffère des G. barbarus Lucas, occidentalis E. Sim. et venator E. Sim., par les longues épines du métatarse de sa patte-màclioire, l'absence de bande noire à l'abdomen et, chez le mâle, l'absence d'épines baciliformes au o^ segment ventral. Il difïère des G. araneoides Pallas et grœcus C. Koch par la présence de six épines (au lieu de huit) aux tarses de la quatrième paire, et de G. Olicieri E. Sim. par ses pattes-màchoires à tibia et métatarse rembrunis et ses tarses postérieurs garnis en dessous, chez le mâle, de soies lancéolées-aiguës nullement squammilormes. 200 SÉANCE DU 23 JUIN 1891 OUVRAGES REÇUS LE 23 JUIN 1891. 1. Prince R. Bonaparte, Assemblées démocratiques en Suisse. Paris, in-18 carré de 26 p , 1890. Article paru dans le Figaro du 28 mai 1890. 2. Id., Démocratie Suisse. Paris, in-18 carré de 27 p., 1890. ArLicle paru dans VEvénement du 5 juin 1890. 3. Id., Une excursion en Suisse. Paris, in-d" carré de 275 p., avec pliotogravures dans le texte. Imprimé pour Fauteur chez Chamerot, 1891. 1. HÉRON-RoYER, Le Discoglosse du nord de l'Afrique (Discoglossus auritus H.-R.) et son acclimatation en France. Revue des se. nat. appliquées, n° 7, 1891. 2. Id , Notices sur les mœurs des Batraciens, 3' fascicule. Bull, de la Soc. d'études scientif. d'Angers, 1890. 3. Id., Nouveaux faits d'hybridation observés chez les Batraciens anoures. Mém. Soc. Zool. de France, IV, p. 7o, 1891. FORMULES ET PROCÉDÉS TECHNIQUES Pour répondre à un désir qui lui a été exprimé maintes fois , le Secrétaire général a l'intention de publier, sous cette rubrique, une série de formules analogues à celle qui parait aujourd'hui; il n'en garantit nullement les bons résultats. Il prie instamment les Membres de la Société de lui communiquer des recettes, formules et tours de main qui pourraient intéresser la majorité des zoologistes. 1. CONSERVATION DE LA COULEUR DES ANIMAUX EN COLLECTION M. Richard Thoma, de Dorpat, croit avoir découvert un liquide capable de conserver aux échantillons zoologiques leur couleur naturelle. Après lavage, on immerge les parties à conserver dans une solution comprenant : Sulfate de soude 100 grammes Chlorure de sodium 100 — Chlorate de potasse 100 — Nitrate de potasse 10 — Eau 1 litre. On laisse les pièces séjourner dans ce liquide de 18 à 24 heures , après quoi on les garde dans de l'alcool qu'on change une ou deux fois. Les animaux conserveraient leur couleur, en prenant une teinte un peu plus foncée. {Revue scientifique, 27 juin 1891). 01 JîcleDcef 201 Séance du 7 Juillet 1891. PRÉSIDENCE DE M. DAUTZENBERG, VICE-PHÉSIDENT. M. NoGuÉ, élu membre de la Société à la dernière séance, remercie de sou admission. M. R. Blanchard communique la lettre suivante, qu'il a reçue personnellement de M. Alpli. de Candolle et qu'il croit de nature à intéresser la Société : « La question de la nomenclature des hybrides est plus com- pliquée pour les animaux que pour les plantes, parce que nous avons bien rarement (en botanique) des hybrides entre espèces de genres différents, et encore ce sont seulement des hybrides de genres par trop voisins, obtenus artificiellement. , , Anser canadensis L. ^ , , » La lorme—r ~, — y^— Rabe est très claire, mais elle Anser cy (inouïes L. prend plus de place dans l'impression que Anser canadensis L. X A. cijijnokles L. » Vous adoptez, comme le Congrès botanique, l'usage allemand de mettre le premier (ou en numérateur) le mâle et ensuite la femelle. Lorsque j'ai rédigé le projet de nos Lois de nomenclature, j'avais proposé l'inverse, conformément à l'usage de beaucoup de botanistes français à cette époque, mais la Commission, composée de savants de divers pays, en particulier d'Allemands, m'a fait changer. Je me suis soumis à leur opinion, pour éviter une scission sur un objet aussi peu important, mais je suis resté convaincu qu'il vaudrait mieux mettre le nom de la femelle en évidence. » Elle a plus d'importauce que le mâle : 1° parce que, si elle engendre, comme celui-ci, elle engendre et de plus nourrit; 2° elle peut, dans certaines espèces, produire seule plusieurs générations ; 3° les mâles ont souvent une durée éphémère. Enfin, dans les hybrides supposés, la seule chose certaine est la femelle. 11 faut oublier un peu notre vanité masculine ». MM. le Dr Baudouin, Chaves, Gruvel et Léveillé, présentés à la dernière séance, sont élus Membres de la Société. M. C. ScHLUMBERGER dounc Iccturc d'un travail intitulé : décision des Biloculines des grands fonds. Renvoi aux Mémoires. XVI. — lu 202 SÉANCE DU 7 JUILLET 1891 ERREUR DES SENS CHEZ DES INSECTES DE LA FAMILLE DES DYTISCIDES, par Xavier RASPAIL. A plusieurs reprises, mon jardinier m'avait signalé sur les châssis vitrés de ses couches, la chute d'Insectes très vifs qui repre- naient leur vol presqu'aussitôt. Une fois, il en avait vu tomber un assez gros pour que le choc sur le verre lui ait fait croire, au premier abord, que c'était un caillou qui y avait été jeté. 11 m'assu- rait que ces Insectes étaient semblaldes à ceux qu'il avait déjà vus dans les mares et les rivières. Je voulus constater le fait moi-même et le 21 avril, j'entendis un bruit sec sur le verre annonçant la chute d'un corps dur, mais je ne pus arriver à temps pour en découvrir la cause. Quelques instants après, je fus assez heureux pour voir tomber devant moi et saisir un Hydaticus cinereus. Il n'y avait plus de doute à avoir, c'étaient bien, en effet, desDytiscides qui venaient se jeter sur ces vitres, qu'ils prenaient pour la surface d'une eau tranquille. Le lendemain, je récoltai deux autres Hydaticus cinereus, mais je ne pus m'emparer de plusieurs individus de petite taille dont l'un rappelait exactement la forme, la coloration et la vivacité d'un Gyrinus; les autres étaient si petits qu'ils devaient faire partie du genre Hydroporus. Le 12 mai, presque toute la journée, je constatai la chute de VAciliussulcatus $, reconnaissable à ses élytres marquées de larges sillons couverts de poils. Je ne trouvai pas.un seul mâle. Tous ces Insectes paraissaient venir du Sud, se dirigeant vers le Nord; en suivant cette direction, les châssis se présentaient à leur vue faisant un angle de 12° environ avec la ligne du sol. Or, pendant ces trois jours d'observation, le vent était au N et au NNE, la température assez élevée, le ciel nuageux et, le 12 mai, il faisait en outre un temps lourd et orageux. De plus, il n'est pas sans intérêt de noter la distance que ces Insectes devaient franchir pour accomplir leur déplacement. L'endroit où ils venaient se jeter étourdiment sur les vitrages se trouve aux distances suivantes des différents cours d'eau ou étangs les plus rapprochés de la contrée. Au Sud, à trois kilomètres et séparée par toute la largeur de la forêt du Lys, coule la Thève, petite rivière qui sort des étangs de Comelle situés plus à l'Est à six kilomètres et va se jeter dans SÉANCE DU 7 JUILLET 1891 203 l'Oise qui passe à l'Ouest, à 2 500 mètres; enfin, àl 500 mètres, la Nonette courant au Nord pour se jeter également dans l'Oise. Il existe bien au Sud-Est, à un kilomètre, une petite mare, mais (uicaissée dans une vallée bordée de hauteurs boisées. Je le répète, la direction suivie par ces Dytiscides m'a paru nettement indiquée du Sud au Nord. x\insi. l'espace qu'ils avaient à franchir pour se rendre d'un cours d'eau à un autre était d'environ cinq kilomètres qu'ils devaient faire d'un seul vol, sauf ceux qu'une erreur de sens faisait s'arrêter un instant à moitié route. Les sens de l'odorat et de la vue chez les Insectes sont cependant développés d'une façon extraordinaire; mais, c'est du premier dont il est le plus facile de reconnaître l'étonnante finesse ou pour mieux dire la faculté de percevoir les odeurs diluées dans l'espace aérien d'une façon infinitésimale. Il existe des exceptions. M. leD'' R. Blanchard (1) a relaté récem- ment le fait intéressant d'un Sphinx voletant dans une chambre où il se montrait fort occupé à inspecter des fleurs peintes au ])la- fond, allant la trompe en avant à chacune d'elles, ni plus ni moins qu'il ne l'aurait fait s'il avait été eu présence d'une corbeille de fleurs naturelles. Dans tous les cas, il serait facile de multiplier liis exemples de la •puissance de l'odorat chez les Insectes. Parmi les faits dont j'ai été témoin, je mécontenterai de citer deux observations qui concernent justement un Lépidoptère et un Coléoptère : les deux ordres d'Insectes mentionnés ici. Il y a quelques années, au mois de juillet, je trouvai une femelle du Bombyx qucrcm à l'instant même de son éclosion ; cet état de fraîcheur me la fit recueillir. Une fois rentré chez le garde où je devais déjeuner, je la piquai sur un liège que j'abritai, en attendant mon départ et pour éviter tout accident, sous un globe placé sur la cheminée au fond de la pièce. Par la fenêtre grande ouverte, je ne tardai pas à remarquer des Boiiibjix (lucicus cf passant et repassant avec rapidité, décrivant tout à coup un brus(|ue crochet vers la fenêtre où ils venaient papillonner avec insistance. Il en arriva ainsi plus d'une quinzaine, au grand étonnemeut de nos hôtes qui n'avaient jamais vu pareil spectacle. Deux de ces Bombyx, plus entraînés par la passion, n'hésitèrent pas, malgré la transition du grand jour avec le clair-obscur du fond de la pièce, à (1) H. Blancuahii, llrri'ur ilcs scn^ chez nii I.rpidojilh'c. IJiill. l'.c !ii Soc. Zn .l.ile France, XVI, p. 23, KSUI. 204 SÉANCE DU 7 JUILLET 189J passer au milieu de nous pour venir s'attacher au socle même du globe où ils continuèrent à battre bruyamment des ailes. Ce fait a déjà été observé. E. Berce, entre autres, dit à ce sujet : « le mâle (du Bombyx quercus) recherche la femelle avec une grande ardeur, car si l'on a chez soi une femelle récemment éclose, on les voit accourir en grand nombre et se précipiter dans l'apparte- ment « (1). C'est pour le même motif que VAglia tau, VEndromi.'i verskolor, le Liparis dispar, les espèces du genre Orgi/a dont les femelles presque toutes aptères, se tiennent cachées dans l'herbe ou l'épaisseur des buissons, et tant d'autres volent en pleine ardeur du soleil et trouvent, malgré la rapidité de leur course, le i\\ con- ducteur qui doit les conduire auprès de la femelle immobile dans le fourré. Malgré ces exemples, on ne peut comprendre comment ces mâles de Bombyx quercus^ passant dans la campagne au hasard de leur vol rapide, pouvaient reconnaître la présence d'une femelle enfermée sous un globe et séparée de l'air extérieur par toute la largeur d'une chambre dont l'atmosphère était chargée des odeurs les plus variées d'un repas. Cette année, j'ai vu un Necrophorus VcspiUo arriver a vqirès d'une Taupe quelques heures après qu'elle avait été tuée, c'est-à-dire alors qu'elle était à peine refroidie. Cet Insecte avait senti la mort de cet animal et il accourait, peut-être de très loin, commencer son œuvre colossale de fossoyeur. Comment expliquer un odorat aussi puissant chez un si petit Etre des classes dites inférieures? Peut-être pourrait-on se demander si, dans ce cas, la vue n'avait pas joué le principal rôle. Je procédai à une expérience qui devait me convaincre éloquemment du contraire. Je laissai le Nécrophore prendre position ; il fit le tour de la Taupe, parut examiner et reconnaître son terrain, puis il disparut sous le corps. Lorsque je jugeai à certains mouvements imprimés au cadavre que l'Insecte se mettait à l'œuvre, j'enlevai brusquement la Taupe : le Nécro- phore, mis à découvert, se pelotonna et ne bougea plus. J'allai ydacer à une quinzaine de mètres l'animal mort derrière le tronc d'un arbre. Pendant ce temps, le Nécrophore s'était remis de son émoi; il parcourait avec activité l'emplacement qu'avait occupé le corps de la Taupe et, lorsqu'il parut convaincu de sa disparition, il s'arrêta, se tint immobile un instant pendant qu'il balançait ses antennes, puis il ouvrit brusquement ses élytres et prit son vol. Après avoir exécuté plusieurs circuits en tous sens et comme il cherchait à s'orienter, il prit tout à coup la direction (|ue j'avais (1) Faune entomologiqiie française, IJpidop tires, p. 192.- SÉANCE DU 7 JUILLET 1891 205 suivie et alla tout droit s'abattre auprès de la Taupe que luasquiit à la vue le troue de l'arbre. Ces exemples prouvent qu'eu géuéral le seus de l'odorat est le plus développé chez les Insectes et qu'il leur est, dans bien des cas, plus utile que la vue; mais ils mettent d'autant plus en relief les erreurs de ces mêmes sens dont certains individus donnent la preuve, comme parmi les Lépidoptères le Sphinx étudié par M. le D'' R. Blanchard et parmi les Coléoptères plusieurs ganres de la famille des Dytiscides. En ce qui concerne ces derniers, il est évident qu'eu se dirigeant vers des cours d'eau dont le vent, venant du Nord, leur apportait les émanations, ils ont subi, en apercevant le miroitement des châssis, l'etîet d'une sorte de mirage qui leur faisait prendre cette surface vitrée pour une nappe d'eau. Dans ce cas, il ne s'est produit chez eux, en réalité, qu'une erreur du sens de la vue, contre laquelle la rapidité de leur vol ne leur permettait pas de se prémunir. Attirés par ce qu'ils croyaient être leur clément naturel, il y a eu là de leur part un premier mouve- ment irréfléchi, qu'ils ne devaient par tarder à regretter en venant prendre brutalement contact avec le verre. M. R. Blanchard. — A propos de l'intéressante observation de M. X. Raspail, je demande à la Société la permission de lui com- muniquer un nouveau passage de la lettre de M. Alph. de Candolle citée déjà plus haut. Voici ce que m'écrit mon savant corres- pondant : « J'ai remarqué souvent des Papillons Sphinx qui se précipi- taient sur les fleurs d'un papier-tenture. Quant aux Abeilles, ou les voit rechercher tantôt des fleurs brillantes et tantôt des fleurs verdàtres, petites, sans odeur bien sensible. Il semble qu'elles se dirigent en raison d'expériences faites par hasard et dont elles se souviennent. » M. HÉRON-RoYER. — Il est bon de remarquer que la femelle des Lépidoptères n'attire le mâle que lorsqu'elle est encore vierge. Dès qu'elle s'est accouplée, elle perd cette singulière faculté d'at- traction. 206 SÉANCE DU 7 JUILLET 1891 LES PONTES MULTIPLES SONT NORMALES CHEZ LES BATRACIENS ANOURES A VERTÈBRES OPISTHOCŒLES, par HÉRON-ROYER. Pour répondre aux questions qui me sont souvent adressées et pour me rappeler au souvenir de quelques auteurs qui semblent ignorer mes publications, je viens exposer en peu de mots l'abrégé de mes dernières rechercbes. Tous les Batraciens sont susceptibles de varier l'époque de leur ponte, suivant les circonstances ; il n'y a jamais de date fixe dans l'accomplissement de cet acte. Il suffit d'un printemps hâtif pour déterminer les différentes espèces à pondre plus tôt, tout comme il sutlira d'un hiver prolongé pour les retarder beaucoup. Eu dehors de ces circonstances, il y a des cas particuliers, souvent peu faciles à définir et qui tiennent, soit à l'âge de l'individu, soit à son état pathologique, etc. Donc, en dehors des époques connues, on sera parfois surpris de rencontrer à l'eau et occupés à satisfaire le besoin de la reproduction, des individus appartenant à une espèce qui, depuis deux ou trois mois déjà, a frayé en bandes nombreuses. De là, les auteurs inexpérimentés ont signalé une deuxième ponte chez des Anoures à vertèbres procœliennes : du coup, voilà des Batraciens qui pondent deux fois l'an (dans les livres). D'autres au contraire, ont voulu démontrer que l'Alyte accoucheur ne fait qu'une ponte chaque année ! Ces erreurs, que le devoir m'engage à relever, prouvent combien il faut être minutieux, lorsqu'on veut écrire sur le développement et les mœurs des Batraciens. Ce n'est pas trop de refaire chaque année les mêmes recherches et de répéter les mêmes expériences ; une étude prolongée peut seule conduire à la vérité. Pour être précis dans mes communications, je me suis toujours attaché à étudier l'animal dans sa vie sauvage, puis à voir se renou- veler chez moi ce que j'avais observé au dehors. C'est donc encore en l'appliquant sur de nombreuses recherches que je présente ce petit mémoire. On sait déjà que l'étude du développement des Batraciens anoures nous a conduit vers une nouvelle classification : la forme embryon- naire étant venue coïncider avec la forme vertébrale de l'adulte, par diflerents détails de structure. Nous allons voir encore aujour- d'hui que la ponte simple chez les uns, multiple chez les autres. SÉANCE DU 7 JUILLET 1891 207 servira d'appoint à la Ihèse que nous avons exposée dans ce Bulle- tin (i), comme à la classilication proposée par le D^R. Blanchard (2), Les Ranidés, les Hylidés, les Bul'onidés et les Pélobatidés possè- dent des vertèbres procœliennes, sans rudiments costaux; leurs larves ont toutes un spiraculum simple et sinistro-latéral. Dans cette section, l'adulte ne fait qu'une seule ponte chaque année. Les Discoglossidés, les Bombinatoridés et les Alytidés ont des côtes rudimentaires et des vertèbres opisthocœliennes ; leurs larves ont toutes un spiraculum à double conduit, dont l'orifice est infé- rieur et médian. Dans cette deuxième section, l'adulte pond au moins deux fois l'an, quatre fois au plus. Les époques du frai sont suflisamment connues pour les espèces comprises dans la première section; d'autre part, nous avons attiré l'attention sur chacune d'elles dans divers mémoires insérés dans ce Bvlletin et notamment dans nos Notices sur les waiirs des Batra- ciens, publiées par la Société d'études scientifiques d'Angers. Mais il n'en est pas exactement de même pour les pontes des espèces de la deuxième seclion : la multiplicité des rapprochements sexuels étant restée ignorée ou méconnue, je vais combler cette lacune et compléter ainsi mes recherches sur les mœurs des Anoures. Bombinatoridés. — Deux pontes ont lieu annuellement : la pre- mière en avril ou mai, la seconde huit à neuf semaines plus tard, alors que les jeunes n'ont pas encore achevé leur métamorphose ou commencent à peine à sortir de l'eau, soit à la fin de mai, eu juin ou en juillet, Alytidés, Discoglossidés. — Deux pontes, quatre au plus dans le cours de l'année. Chez les Alytes, la première commence en février ou mars, sui- vant l'aptitude des adultes (les sujets âgés étant souvent en avance sur les jeunes). La deuxième ponte a lieu environ six à sept semaines après la première. Puis il s'établit un repos et la ponte reprend en juin ou juillet. La quatrième suit cinq à six semaines plus tard, en juillet, août ou même septembre, ce qui est moins fréquent. Chez les Discoglosses, les choses se passent à ])eu près de même; seulement, les époques de rut varient suivant le climat. En Algérie, la première ponte commence en janvier, tandis qu'en Espagne, en Sicile, en Sardaigne et en Corse elle est retardée de quelques semaines ou même de quelques mois, suivant la localité. L'espace de temps qui sépare la première ponte de la seconde reste -à peu (1) Bulletin de la Soc. Zool. de Fiance, X, p. 578. (2) Bulletin de la Soc. Zool. de France, X, p. 584. i08 SÉANCE DU 7 JUILLET 1891 près le même : s'il est plus court, cela tient généralement au bien- être de l'animal; s'il est plus long, cela dépend souvent de l'état plus froid de l'atmosphère ou peut-être d'une alimentation insuffi- sante. Quelquefois, par des circonstances peu faciles à préciser, la qua- trième ponte ou même les deux dernières n'ont pas lieu. C'est qu'alors les œufs ne sont pas arrivés à maturité complète; dans ce cas, on est presque certain, l'année suivante, de voir la femelle faire ses quatre pontes. Cela se présente aussi bien chez les Alytes que chez les Discoglosses. Ces nouvelles observations me parmettent d'affirmer, une fois de plus, que les larves des dernières pontes (août-septembre), sous le climat tempéré de la France, passent généralement l'hiver, pour ne se transformer qu'en avril, mai, juin ou juillet de l'année suivante ; taudis que les têtards des premières pontes laissés dans le milieu choisi par leurs parents, n'emploieront que soixante à cent jours à la même besogne. OUVRAGES REÇUS LE 28 JUILLET 1891. D' M. Ba.l:i)ouin, Les sœurs Rosa-Josepha Blazek. Lepygopage du théâtre de la Galle. La Semaine médicale, XI, n» 34, 1891. Pii. D.vL'TZENBERG, Voyagc de la goélette Melita auv Canaries et au Sénégal, JSS!)-IS90. Mollusques testacés. Mém. de la Soc. Zool. de France, IV, p. 16 avec une planche, 1891. 1. HÉRON-RoYER, Nouveaux faits d'hybridation observés che:: les Batraciens anoures. Ibidem, p. 75, 1891. 2. Id., Le Discoglosse du nord de l'Afrique (Discoglossus auritus II.-R.) et son acclimatalion en France. Revue des se. nal. appliquées, n° 7, 1891. 3. Id., Notice sur les mœurs des Batraciens, 5° fascicule. Bull, de la Soc. d'études scientif. d'Angers, p. 199, 1891. .1. FoREST, Elevage des Autruches en Algérie. Pai-is, grand in-S" de 12 p. avec une carie, 1891. 1. D"^ A. B. Meyer, Die Hirschgeweih-Sammlung iin kuniglichen Schlosse zu Moritzburg bel Dresden, neue Fnlge. Dresden, in-folio, 30 pL, 1887. 2. Id., Neu-Guinea. Reiseskizze. Ausland, n»' 49-30, 1873. 3. Id., Index zu L. Reichenbach's ornithologischen Werken. Berlin, grand in-S» de 150 p., 1879. 4. Id., Ueber die Fàrbung des Nestjungen von Eclectus (Wagl.). Z. l. w. Z., XXXVII, p. 146, 1882. 0. FiNscH und A. B. .Mever, V'ùgel von Neu-Guinea gesammelt von Karl Hunstein. Zeitschr. f. d. ges. Ornithologie, in-8° de 29 p. avec 6 pi. en couleur, 1886. D'' F. R.\BÉ, Observations sur les passages d'Oiseaux dans le département de l'Yonne pendant l'année ISao. Bull, de la Soc. des sciences de l'Yonne, !"■ semestre 1891. 209 Séance du 28 Juillet 1891 PHÉSIDENCE DE M, RAILLIET, PRÉSIDENT M. le Président adresse les félicitations de la Société à MM. Tli. Barrois et g. Ferré, nommés Ofïlciers d'Académie à l'occasion de la Fête nationale. M. le D"" Baudouin, élu membre de la Société à la précédente séance, remercie de son admission et adresse un exemplaire de sa photocjraphie pour l'album. M. le Di" A. B. Meyer, directeur du Musée zoologique de Dresde, envoie la collection des Abhandlungen de ce Musée, ainsi qu'une série de brochures. M. Jules de Guerne donne quelques détails sur un laboratoire récemment fondé à Tor, presqu'île du Sinaï, par M. Alfred Kaiser. Les naturalistes sont assurés d'y trouver un gîte, des moyens de recherche et d'étude, voire môme une petite bibliothèque scienti- fique. On trouvera des renseignements complets sur le laboratoire de M, Kaiser, les ressources qu'il offre aux travailleurs et le prix qu'y coûte le séjour, dnns leslr/'^s* de la Société helvétique des Sciences naturelles, 73« session, Davos 1890 (1891). M. Dautzenberg, délégué de la Société à la réception faite à S. A. S. le prince de Monaco, par les Sociétés scientifiques de Boulogne-sur-Mer, rend compte de sa mission, dont il s'est acquitté en exprimant au prince les souhaits et les vœux de la Société Zoologique de France pour l'avenir scientifique du yacht Princesse Alice. M. Dautzenberg a visité en outre, à Boulogne, le Musée d'histoire naturelle et la station aquicole, dirigée par M. le D^" Sauvage, et au Portel le laboratoire maritime de zoologie, dirigé par M. le pro- fesseur Hallez, de la Faculté des sciences de Lille. Partout le délégué de la Société Zoologique a reçu le plus aimable accueil. La Société exprime à M. Dautzenberg ses plus vifs remerciements pour le zèle avec lequel il s'est ac(fuitté de la mission ([ui lui avait été confiée, ainsi qu'à MM. Blanchard et Simon, mais que ceux-ci n'ont pu remplir à cause de circonstances imprévues. MM. R. Blanchard et A. Railliet sont désignés pour représenter la Société au Congrès international d'hygiène, qui doit se réunir à 210 SÉANCE DU 28 JUILLET 1891 Londres, du 10 au 18 août prochain. A la troisième section de ce Congrès, M. Blanchard présentera un rapport sur les végétaux parasites non microbiens, transmissibles des animaux à l'Homme; M. Railliet présentera, d'autre part, un rapport sur les animaux parasites, transmissibles des animaux à l'Homme. De Maligny, 22 juillet, M. le D^ Rabé adresse la lettre suivante : « Le dernier fascicule du Bidirfin m'a procuré une grande satis- faction, en me donnant la preuve que notre Société prenait en main la protection des Oiseaux utiles à l'agriculture. )) Eu octobre 1890, j'ai eu l'honneur de lui faire hommage d'un rapport que j'avais présenté en juillet 18S9, au Congrès international d'agriculture. » J'y émettais l'idée qu'une Société de protection des Oiseaux pourrait rendre de grands services. Dès les preuiiers mois de 1890, le département de l'Yonne voyait cette Société se former et se constituer virilement, sous le titre de Société protpctrici' des Oiseaux. Dans le mois d'août de la même année, cette Société avait la satis- faction de pouvoir récompenser des agents qui avaient verbalisé contre des destructeurs d'Oiseaux. » Que chaque département fasse de même, et nos Oiseaux insec- tivores reviendront en phalanges serrées. » Je vous adresse un exemplaire de nos statuts. .. . » Parmi les articles des statuts de la Société susdite, nous relevons les suivants : Article premier. — Il est formé, dans toute l'étendue du dépar- tement de l'Yonne, une Société ayant pour ])ut de protéger, par tous les moyens en son pouvoir, les Oiseaux utiles à l'agriculture, et de favoriser leur reproduction. Art. 5. — Chaque membre titulaire paie une cotisation annuelle minimum de 1 franc. Art. 6. — Tout membre peut racheter sa cotisation annuelle, en versant une somme de 20 fraucs, une fois payée. ' Art. 10. — La Société tient chaque année une séance solennelle et publique. Elle y décerne des récompenses aux personnes qui, par leurs actes directs ou leur propagande, ont contribué à la protection, à la conservation des Oiseaux. — (Tels sont les auteurs d'œuvres scientifiques, les instituteurs ou institutrices, les élèves des écoles primaires, les bergers, gardes, etc.). Ces récompenses consistent en médailles, diplômes, primes en SÉANCE DU 28 JUILLET 1891 211 argeut, livrets de caisse d'épargne, livres, objets d'histoire natu- relle, etc. Au sujet de la question visée dans la lettre de M. Rabé, M. L. Petit rapitelle qu'il a déjà eu l'occasion d'entretenir la Société des procédés employés pour délruiie les Hirondelles. La destructiou de ces Oiseaux s'opère en grand sur les côtes d'Algérie et de Tunisie et en divers points de la France, notamment à Arles et Pau. Puisqu'on connaît d'une façon assez précise l'époque ovi les Hirondelles émigrent, M. le Ministre de l'Intérieur ne pourrait-il pas donner à cette époque des instructions précises et formelles pour qu'une étroite surveillance fût exercée dans les principales localités par où passent ces Oiseaux et où ils se reposent avant de rei)rendre leur vol? D'autre part, il sutFit d'aller au Marché aux Oiseaux, le dimanche, à Paris, pour juger des quantités énormes d'Oiseaux français, jeunes et adultes, qui y sont mis en vente, sans distinction d'âge ni d'espèce. Les Oiseaux insectivores ne sont pas les moins nombreux : les Fauvettes s'y vendent fr. 75 et 1 franc, les Gros-becs fr. 25 et plus; les Pics épeiches, les Pics verls, les Merles, etc., y coûtent 2 et 3 francs. Quelle destruction coupable et inconsidérée et com- bien de nichées sont ainsi détruites chaque semaine ! Il est attris- tant de voir avec quelle indifférence les pouvoirs publics laissent s'accomplir cette amvre de destruction, qui aura pour conséquence prochaine la ruine de notre agriculture, et qu'une surveillance rigoureuse exercée aux environs de Paris, notamment le vendredi et le samedi, jours de capture, devrait empêcher à tout prix. NOTE SUR UN NOUVEL ORGANE DES SENS ET SUR LES RAQUETTES COXALES DES GALÉODES, par P. GAUBERT. A l'extrémité des palpes et de la première paire de pattes du Galeodes barbarus se trouve un organe qui n'a pas encore été décrit et qui présente la constitution suivante : De nombreux tubes chitineux ayant la grosseur d'un poil, ouverts aux deux bouts, partent des téguments etpénètient dans l'intérieur des tissus. L'extrémité (|ui plonge dans ces derniers est suivie d'une sphère d'un diamètre double de celui du tube, elle est creuse 212 SÉANCE DU 28 JUILLET 1891 et est elle-même suivie d'un cylindre court, surmonté d'un tronc de cône. L'ensemble a la forme d'un battant de cloche et est enve- loppé par une couche mince d'hypoderme. Les tubes sont au nombre d'une trentaine environ. A l'extrémité de l'article et en face des renflements arrive un nerf. De celui-ci partent des fibres, qui se rendent dans l'orifice de l'entonnoir et sur le trajet desquelles se trouve une cellule, pourvue d'un noyau. 11 est inconstestable qu'on a là un organe des sens. Cet organe se trouve sur les palpes et sur la première paire de pattes, dont plusieurs auteurs font une deuxième paire de palpes. La présence d'un organe identique sur les deux paires d'appendices est une nouvelle preuve en faveur de cette manière de voir. Mais, je ferai remarquer que les auteurs qui ont assimilé la première paire de pattes à des palpes ont appuyé leur hypothèse sur l'absence de griffes sur ces membres. Or, j'ai constaté qu'ils portaient à leur extré- mité deux petites griffes mobiles; les muscles qui agissent sur elles par de longs tendons se trouvent dans les deux articles précédents. Les raquettes coxales (Dufour) sont formées de la palette, qui a la forme d'un secteur, et d'un pédoncule. Elles sont portées par la dernière paire de pattes. On en trouve deux sur le premier article, deux sur le second et une sur le troisième. Le pédoncule est par- couru par un nerf qui le remplit presque en entier. Arrivé à la palette, il se divise en branches se rendant au bord libre et don- nant à l'ensemble des ramifications l'aspect d'un éventail. Les fibres de chaque nerf, avant d'arriver à l'extrémité, présentent une cellule fusiforme avec un noyau et se terminent au-dessous d'une éminence conique. Le bord libre de la palette, au lieu d'être en i)iseau comme le décrit Dufour, présente une gouttière, et c'est au fond de cette dernière que se trouvent les éminences. On se demande comment les sensations tactiles, car il esf probable que les raquettes coxales sont surtout des organes tactiles, peuvent être perçues par suite delà position des éminences coniques. Je suppose que l'animal a le pouvoir de faire dévagiuer la gouttière, par l'action de la turgescence. La gouttière se formerait de nouveau d'elle-même quand l'action précédente aurait cessé d'agir. J'ai montré l'influence que pouvait avoir, chez les Arachnides, l'action de la turgescence. Si ou traite par la potasse une raquette coxale, afin de détruire les tissus qui, étant durcis par l'alcool, empêcheraient l'expérience de réussir, et qu'on injecte un liquide dans l'intérieur, on fait déva- giner la gouttière; quand on cesse l'injection, la gouttière se reforme. Ces observations ont été faites sur le Galeodes barbants, dont j'ai pu avoir plusieurs exemplaires, grâce à l'extrême obligeance de M. le D'' Filhol et de M. le général Derrécagaix. SÉANCE DU 28 JUILLET 1891 213 SYNONYMIE ET DISTIUBUTION GEOGRAPHIQUE DE DIAPTOMUS ALLUAUDI, par Jules de GUERNE et Jules RICHARD. Les travaux de Rémsion analogues à celui que nous avons publié surles Calanides d'eau ^/oMfe(l)(l)exigentde très longues recherches, beaucoup de méthode, de critique et une patience à toute épreuve. Encore les méconnaît-on souvent. C'est donc pour les auteurs une réelle satisfaction que de voir leur œuvre mise à profit par des hommes compétents qui la prennent, suivant leur déclaration même (2), comme point de départ et comme base d'études nou- velles. Toutefois, une certaine hâte est à éviter. Car une Révision, aus^i bien faite soit-elle, ne reste pas longtemps complète, et malgré toute la facilité que donne un travail de cette nature pour distin- guer rapidement les types nouveaux, il ne s'ensuit pas néces- sairement qu'une espèce soit inédite, parce qu'elle ne figure pas dans la Révision. C'est ce que les D^^^ Théodore Barrois (de Lille) et Daday (de Buda- Pest) viennent de démontrer à quelques semaines d'intervalle pour Diaplomns Alhiaudi. Cette espèce fort bien caractérisée, et dont nous avons donné une diaguose très complète (3j, a été décrite quelques mois plus tard et presque simultanément par Th. Barrois sous le nom de D. Lorteti (4) (3) et par Daday sous celui de D. unguiculatus (2). Les trois descriptions se ressemblent singulièrement et il est curieux de voir combien les Zoologistes peuvent arriver, sans entente préalable, à définir un type nouveau dans des termes presque identiques. Voici par exemple, placés en regard, les passages consacrés par Barrois et par nous à l'étude de l'abdomen du mâle. (1) Les chiffres gras placés entre parenthèses se rapportent à l'Index bibliogra- phique placé à la fin de cette notice. (2) « Neuerer Zeit, nach dem Erscheinen des werthwoUen Werkes von de Gnerne und Richard : Révision (les Calanides d'eau douce, untersuchte ich mein frijlier gesammeltes Material noclimals und machte in einigen Gegenden Ungarns Excursionen behufs neuer Samnilungen » (Daday, 2, p. 177). (3) On remarquera que Th. Barrois avait connaissanee de notre travail quand il a publié le sien. Il cite en effet (4, p. 230, note 4), comme propre à l'Afrique, notre Viaptomus Lovent, dont la diagnose se trouve dans le même numéro du Bulletin de la Société Zoologique que la description de D. Alluaudi. XVI. — IG "214 SÉANCE DU 28 JUILLET 1891 D. Alluaudi de Guerne et Richard (3, p. 199). Abdominis maris segmentum Imuni brève, utrinquo dilatatum (dextrà vero plus quam sinistrâ) et nnicrone parvo armatiiin. Segmenta 3 sequentia sépa- ra ti m Imo loDgiora, in ter se subfequa- lia, Segmentum 2'ium et 3''u'n utrinque, finem versus, mucrone parvo et setuloso (dextru sinistro validiore) ornatuni. Segnientuai 4""" lœve; 5'"™ l'o paulo brevius, peculiare. Etenim liujus pars dextra extus in processum distinclum, margine rotundatum exit, mucrone brevi armatuni, suprà paulnlum, sed infra plane rugosum. Ramis caudali- bus quam apud feminani aliquanto longioribus, setis gi'aoilioriljus. Rainus caudalis dexler, paululum ad latus dextruni vergens, processus instar segmenli ÎJ'i rugosus est. D. Lorteti Tu. Barrois (4, p. 278). Chez le mâle l'abdomen est non moins caractéristique; le premier article est légèrement renflé à sa partie posté- rieure; les trois suivants, presque régu- lièrement cylindriques, suivent une progression décroissante, mais très peu marquée, comme largeur et comme hauteur. Le cinquième segment est très remarquable dans sa moitié droite, pourvue en arrière d'un reiitlement accentué, tout recouvert de petits tuber- cules réfringejits. La rame caudale droite est plus longue que la gauche ; elle est ornée, dans sa moitié externe, de ces ])etits tubercules réfringents, qui se retrouvent également sur la plus externe des cinq soies, plus courte, mais aussi beaucoup plus large que les autres. Les articles 1, 2, 3 et 5 de Tabdomen portent tous sur leur bord externe une épine, bien développée à droite, grêle et dilïi- cile à voir à gauche; le quatrième segment m'a toujours semblé dépourvu de tout appendice de ce genre. Les extraits ci-après, relatifs à l'antenue droite du mâle et aux pattes de la cinquième paire de la. femelle montrent peut-être mieux encore la concordan